Catchy Peril déboule avec Catchy, un premier album autoproduit qui mêle glam, énergie brute et refrains contagieux. Huit titres nerveux et colorés qui révèlent un groupe aussi spontané qu’efficace.

C’est dans un décorum glam que les Marseillais de Catchy Peril ont posé leurs balises, lesquelles émettent une mosaïque chatoyante de fréquences protéiformes, une musique inscrite dans une démarche spontanée. Les intentions du groupe sont restées intactes, une invulnérabilité que la consistance du précédent EP Disco Sucks avait consolidée, avec le titre d’ouverture Dancing fédérant un public large et hétéroclite. En s’écartant de l’académisme, le quatuor propulse une énergie, une ondulation tourbillonnante, évitant les puérilités folles, loin des gesticulations d’un orchestre de foire.

L’auto-production supplante l’industrie de masse par sa rareté, son originalité, son indépendance et ses nombreuses qualités. Justement, pourquoi reprocher à certains artistes que leur musique soit écoutée, appréciée et qu’elle interroge secrètement sur le sens du monde ? En huit titres, Catchy Peril ne ressemble qu’à lui-même. Il faut avouer qu’il est triste de se voir cloné : le groupe passe désirs et émotions au crible, en témoigne le titre Lemon Eyes qui inaugure l’album Catchy, lancé tel un bolide arrachant à pleines dents le macadam. Faisant suite au deuxième single Astro Orbiter, on peut aisément imaginer que I Like It Hard soit le titre central de l’album, par son côté contagieux et captivant. Nul doute que le gang ait glissé dans ce premier album un concentré de son potentiel scénique.
Cette adjonction explosive se répercute tout au long du démentiel Electricity, qui diffuse une onde radioactive (idéale pour le format radiophonique) et qui ne tombera pas dans les épaisseurs de l’oubli. Au contraire, le titre fera vriller les circuits. Sur fond de claviers déglingués, une avalanche sonore s’abat sur les tympans dans une cavalcade démesurée. Drugs vient à point nommé, en bout de ligne, jusqu’au souffle ultime qui permet de reprendre sa respiration.
Petit bonus uniquement sur CD ou vinyle, Et Puis Rien est chanté en français, clôturant ce Catchy, épicurien à souhait.
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Franck Irle
