Gonzaï et Born Bad Records ressuscitent Bernard Estardy en 2018

Quasiment au moment, deux labels français rendent hommage au producteur, arrangeur et musicien de génie qu’était Bernard Estardy, à travers deux anthologies rassemblant des titres rares ou inédits.

Bernard Estardy

Comme quelques producteurs-arrangeurs-musiciens oubliés des années 60 et 70, Bernard Estardy a connu un retour en grâce il y a quelques années par l’intermédiaire des samples qu’ont pu utiliser les groupes de rap ou d’electro, par l’intérêt suscité par la Library music mais aussi et surtout grâce à la perspicacité de quelques passionnés et collectionneurs de vinyles. Parmi ces producteurs ressortis des cartons, le français Bernard Estardy occupe un place de choix, aux côtés des Janko Nilovic et autre David Axelrod, avec une carrière plus que bien remplie qui l’a vu travailler à la fois comme producteur et arrangeur pour les autres, mais également comme compositeur de Library music pour le label Télé Music, composant au kilomètre, dans des sessions improvisées, des musiques d’illustration sonore, des spots de publicité ou des jingles pour les radios périphériques. Les plus anciens se souviendront peut-être du Sifflet du baron, un titre qui servit de générique, à la fin des années 70, à un émission de Jean-Pierre Foucault sur RMC.

Bernard Estardy a travaillé dans l’ombre des vedettes de la chanson des années 60, 70 et 80 (Claude François, Johnny, Françoise Hardy, Sheila, Joe Dassin, Dalida, Pascal Danel, Nino Ferrer, mais aussi Carlos, Thierry Hazrad, Sardou, Manset ou encore Lee Hazlewood). Des artistes qui ont tous défilé dans son célèbre studio CBE de la rue Championnet à Paris, créé avec son ami Georges Chatelain.
Ce géant des studios (il mesurait plus de 2 mètres) sortira en 1969 un premier album de pop psychédélique : La formule du baron.Une œuvre encore aujourd’hui étonnante d’inventivité et de liberté, entre jerks électroniques, jazz et pop orchestrale, devenue culte au fil des rééditons qui sont succédé depuis sa parution… dont celle de Feu Vadim Music en 2011.

En 2018, deux labels décident de rendre hommage au producteur musicien de génie décédé en 2006 : Gonzai et Born Bad Records.

Born Bad Records d’abord avec un nouveau volet de la série Space Odidites dans lequel Alexis Le-Tan et Jess ont rassemblé 16 raretés et inédits. Gonzaï ensuite avec Fragments d’une empreinte magnétique et avec là encore du matériel rare ou inédit, dans un 33 tours dont la pochette a été réalisée par Rémy Poncet, aka Chevalrex.

A noter également la parution en septembre d’une biographie (Le Géant), rédigée par la fille de Bernard, Julie Estardy qui a contribué également à la parution de ces deux anthologies.

12 ans après sa mort, celui que l’on surnommait « Le Baron de Mehouilles » est donc plus que jamais d’actualité, d’abord pour se souvenir qu’il a été – de par son talent de bidouilleur avide d’expériences sonores – l’un des premiers à faire du studio d’enregistrement un véritable instrument à part entière ; mais aussi parce qu’il a accompagné la variété française durant prés de 40 ans et qu’il a énormément composé pour la télé des années 70 et 80. Il reste à ce jour un compositeur toujours aussi passionnant, proche dans l’esprit d’autres grands noms de la musique : François De Roubaix d’abord, mais aussi Michel Magne, Michel Colombier ou Jean-Claude Vannier.
Un Bernard Estardy que l’on aurait rêvé de voir travailler un jour avec Serge Gainsbourg !

Bernard estardy et Lee Hazlewood
Bernard Estardy et Lee Hazlewood

Fragments d’une empreinte magnétique  – Sortie le 25 mai en vinyle chez Gonzaï Records
Space Oddities Volume 3 – Bernard Estardy  – Sortie en Vinyle et digital le 30 mars 2018 chez Born Bad Records

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