[YouTube] Planet of the Humans, le documentaire Michael Moore à voir jusqu’au 22 mai 2020

Tout est quand même maîtrisé et calculé, l’effet ébranle un peu pour la forme : plus de 3 millions de vues au compteur pour le documentaire Planet of the Humans. Rendez-vous sur la chaîne YouTube de Michael Moore – jusqu’au 22 mai 2020 – ceci n’est pas une course, quoi que. La grosse machine du film-documentaire est lancée.

planet of humans

Diffusion sur les réseaux sociaux, mise en ligne sur le site internet dédié : la sortie du film documentaire Planet of the Humans était prévue plus tard, pourtant Michael Moore et Jeff Gibbs ont déclaré qu’ils avaient décidé de le diffuser maintenant, au milieu de la pandémie de COVID-19, dans l’espoir d’amener les gens à réfléchir sur « le rôle des humains et leur comportement  joué dans notre écosystème fragile ».

planet of humans afficheSur la Chaîne YouTube de Michael Moore, on peut lire ceci : « (…) Ce film est l’éveil de la réalité à laquelle nous avons peur de faire face : au milieu d’un événement d’extinction causé par l’homme, la réponse du mouvement environnemental est de faire pression pour des correctifs techniques et des pansements. C’est trop peu, trop tard… Est-ce que nous, écologistes, sommes tombés dans des illusions, des illusions «vertes», qui sont tout sauf vertes, parce que nous avons peur que ce soit la fin – et nous avons mis tous nos espoirs dans la biomasse, les éoliennes et les voitures électriques?… Ce film urgent et incontournable, une attaque frontale contre nos vaches sacrées, est garanti de générer de la colère, du débat et, espérons-le, une volonté de voir notre survie d’une manière nouvelle – avant qu’il ne soit trop tard. »

A la fin du documentaire sont listées les conséquences qu’ont déjà pu observer les auteurs sur la diffusion d’avants-premières (projection pour la première fois au Festival du film de Traverse City en août dernier).

The Gardian, Rolling Stone Magazine, de nombreux articles américains de la presse qui s’est emparée de Evènement – et depuis l’avant première – font la liste de ce que l’enquête a constaté au fil de ses investigations.

Les premières images de Planet of the Humans – Planète des Humains – s’attardent sur  les coulisses d’un festival de musique, lieu où se rend souvent Jeff Gibbs. Déclarant utiliser 100% d’énergie renouvelable, il lui suffit seulement de s’approcher et d’interviewer un technicien pour constater que les panneaux solaires derrière la tente ne pourraient alimenter qu’une seule guitare. Le reste de l’énergie est produite en se connectant au réseau électrique, fourni par des combustibles fossiles. Le réalisateur analyse que nous nous dirigeons vers une apocalypse humaine totale et que le Green New Deal ne va pas nous sauver mais nous tuer plus vite. « Le problème ultime est qu’il y a trop de gens qui consomment trop… Quel est le mot pour une seule espèce qui a envahi une planète entière et qui cause le chaos dans toutes les directions? Même si nous ne sauvons pas la planète, je préférerais savoir la vérité sur le temps que nous vivons. »

Rachel Carson est citée dans le documentaire et son engagement résonne au constat de Jeff Gibbs. On parle peu de son livre Printemps silencieux publié en 1962 – au sujet du DDT – qui a largement impacté la renaissance d’une conscience environnementaliste et fut reconnu comme point de départ du mouvement écologiste ayant pour objectif de protéger le milieu naturel grâce à une gestion durable des ressources. : « Je me sentais liée par l’obligation solennelle de faire ce qui était en mon pouvoir. Et je peux croire maintenant que j’ai au moins pesé un peu. »

Le troisième, Ozzie Zehner, n’est pas en reste. Il a publié Green Illusions: The Dirty Secrets of Clean Energy and the Future of EnvironmentalismLes illusions vertes : les vilains secrets de l’éner­gie propre et le futur de l’environnementalisme – en 2012.

Le trio a donc indéniablement une vision en commun. Il est question d’énergies vertes – propres ou encore renouvelables – de ce qui se cache derrière le concept de biomasse, de déforestation, de ressources, d’éolien, d’énergie solaire, de voitures électriques avec des constructeurs biens obligés d’avouer que charbon, gaz ou matières organiques issues du vivant sous toutes ses formes sont utilisés au-delà de la raison… Des solutions insoutenables, déplacées sous couvert de nouveaux termes, des demandes toujours plus effrénées, de surpopulation, de surconsommation.  Du lien entre affaires et philanthropie, mythe lucratif pour certains. Des personnalités bien ancrées dans le domaine apparaissent à l’image.

On peut aussi voir Vandana Shiva rapidement lors d’une interview. Celle qui dès 1991 écrivait The Violence of the Green Revolution et plus tard parlait du suicide des paysans indiens – accusations  reprises par diverses organisations dans un rapport datant de 2011. En France, rien de bien différent quant aux suicides comptabilisés dans le domaine- parlant de souveraineté alimentaire, du contrôle des semences, de brevetage du vivant, de pratique intensive, de surexploitation.
Les images de fin sont choquantes mais c’est un moindre mal – et une réalité lointaine mal cachée – en comparaison de ce que le cerveau humain est capable de créer et supporter.

Audrey Rousselle

Planet of the Humans
Film-documentaire américain de Michael Moore, Ozzie Zehner et Jeff Gibs
100 minutes
Premirèe diffsion sur Youtube le 22 avril 2020