Grand Prix : Benjamin Biolay accélère le tempo et signe un de ses meilleurs albums

Jusqu’alors chantre d’une pop soignée et romantique, Benjamin Biolay sort les guitares funky et la boule à facettes pour nous offrir avec Grand Prix un album très addictif… pour danser léger léger tout l’été.

benjamin biolay 2020

Benjamin Biolay quitte l’Argentine et les influences hispanique de Volver (2017) et Palermo Hollywood (2016) pour se projeter sur le bitume d’un circuit de Formule 1, pour ce qui ne sera pas un dernier tour de piste mais bien une arrivée tonitruante dans le registre de la musique Pop-Rock.
L’occasion pour lui de mettre un grand coup d’accélérateur dans un style qui jusqu’alors se complaisait dans des rythmes mid-tempo suaves et parfois un peu trop pépères à mon goût… même si l’on n’oubliera jamais qu’il est le co-auteur d’une des plus belles chansons du patrimoine national : Jardin d’hiver.

un album aux tonalités musicales très “Sea Sex and Sun”

benjamin-biolay-grand-prixIci le tempo n’est pas bossa nova mais plutôt orienté Disco / Pop / Rock dans des chansons plus dansantes les unes que les autres des influences d’hier et d’aujourd’hui que l’on n’avaient jamais perçues dans ses albums précédents.
L’album s’ouvre avec Comment est ta peine ?, un single Disco Pop très Funky qui nous ramène directement au Random Access Memories de Daft Punk, ou au meilleur de Metronomy. Un titre qui donne le tempo à un album aux tonalités musicales très “Sea Sex and Sun” et aux ambiances Californiennes 70’s avec un paquet de titres taillés pour danser tout l’été.

Parmi les morceaux de choix dans cet ensemble à la fois très cohérent et ramassé, on citera Grand Prix et Visage pâle, deux gourmandises aux gimmicks imparables genre Daft Punk vs The Strokes, Souviens-toi l’été dernier, Mini B.O. pour Croisière qui s’amuse follement, ou encore Idéogrammes, un rock avec voix éraillée et riff de guitare Nirvanesque. Plus loin Comme une voiture volée et Papillon Noir s’annoncent comme des singles sous influence Brit-pop en puissance, pour taper des mains et faire wo oh, oh oh oh ooooh dans le stade.

Rester crooner tout en étant rocker

Mais Biolay n’en oublie pas pour autant les beaux arrangements et les chansons mélancoliques qui servent depuis si longtemps de fil rouge à sa discographie comme on pourra le vérifier avec Ma route, La roue tourne et Vendredi 12, une chanson Gainsbourgienne bouleversante dont il faut visionner l’adorable clip 70’avec Monica Vitti.
Côté textes, il sera question d’amour, de regrets, de mélancolie bien sûr, mais aussi de Formule 1 et toute la mythologique qui l’accompagne… sport favori de Biolay avec le foot et le basket US.

Mais c’est avant tout le rythme qui prédomine dans cet album très immédiat dans lequel on entre comme dans une eau à 30 degrés, et où on se laisse porter par les guitares funky parfaites de Pierre Jaconelli.
Si les arrangements sont moins visibles qu’à l’accoutumée, ils n’en sont pas moins présents, mais utilisées différemment, au service de morceaux carrés et des mélodies d’abord faciles et incroyablement efficaces.

Grand Prix est sans aucun doute l’album qui manquait dans la discographie de Benjamin Biolay pour apporter cette nuance Pop Funky ce côté festif, direct et cool qui lui va finalement comme un gant. Car avec cet album il montre que l’on peut rester crooner tout en étant rocker.

Benoit RICHARD

Benjamin Biolay – Grand Prix
Label : Polydor
Date de sortie  : 26 juin 2020