[Interview] Daniel Mark Williams (Inflatable Dead Horse) : un Gallois dans le Sud-Ouest

Love Songs, le premier album de Inflatable Dead Horse, le groupe de Daniel Mark Williams, est l’un de ceux qui a le plus tourné sur notre platine au cours des dernières semaines. Du coup, on avait très envie d’en savoir un peu plus sur ce mystérieux musicien gallois égaré dans le Sud-Ouest de la France…

Inflatable Dead Horse
D.R.

Benzine : Mais que fait donc un jeune Gallois à jouer du Rock en France ?

Dan (dans un français parfait…) : Oui, ça fait un peu plus que 10 ans que je vis en France, mais tu remarqueras que je n’ai pas encore l’accent du Sud-Ouest ! (rire) En fait, je ne suis pas venu en France pour la musique, je suis juste venu en voyage pour 3 mois, mais j’ai eu la chance de tomber sur des gens qui avaient le même intérêt pour la musique que moi. Du coup, je me suis installé dans le Lot, à Cajarc, où j’ai vécu pendant 10 ans, et maintenant j’habite à Toulouse…

Benzine : Revenons un peu en arrière, quelles ont été tes origines musicales ?

Dan : Au Pays de Galles, d’où je viens, tout le monde à l’époque écoutait Stereophonics et aimait le Rugby… moi c’était Nirvana et Mark Lanegan ! Depuis le début, j’avais la tête aux USA, d’abord dans la musique des années 80 et 90, Pixies, Butthole Surfers… Puis j’ai découvert la musique plus… « ancienne » : Television, ensuite les Stooges… D’ailleurs Fun House était le disque que j’écoutais le plus quand j’ai débarqué en France.

Une fois arrivé en France, j’ai fait des démos avec ma guitare acoustique à la maison, je suis allé naturellement vers le folk. On était quatre au début, mais on avait des influences différentes. Mais j’étais déjà bien dans le folk, j’écoutais Cohen, Dylan, Bill Callahan de Smog. Après les groupes punks, c’était « frais » ! (rire)

Marier Fun House et Songs of Leonard Cohen, c’était un peu près ça l’idée. En fait, on a commencé folk, mais on en a eu marre au bout d’un moment de jouer des apéros concerts (rire). On a rencontré Philou, le batteur, et on est allés plus vers le rock, ça a été une évolution naturelle.

Benzine : Finalement, Inflatable Dead Horse, c’est un projet personnel ou bien un vrai groupe ?

Dan : Au début, c’était mon projet personnel, avec mes démos, et une idée : faire une compilation de groupes qui n’existaient pas. Parmi les noms de groupes imaginaires que j’avais trouvés, Inflatable Dead Horse était le moins ridicule, alors pour le premier concert qu’on a donné, on l’a pris, pour ne pas se compliquer la vie. Je ne voulais pas jouer sous mon propre nom (Daniel Williams) qui est assez « générique ». Ce nom d’Inflatable Dead Horse, c’est aussi pour ne pas se prendre trop au sérieux. Il y a des groupes, surtout en Grande-Bretagne, qui ont leur nom, leur logo, leur look et leurs photos avant d’avoir composé la moindre musique, nous c’était le contraire. Et puis c’est un nom qui fait que le public ne sait pas trop à quoi s’attendre…

Benzine : Love Songs a été composé voilà plus de 2 ans, non ? Qu’est-ce que vous avez fait depuis ?

En fait, on était tout prêts à enregistrer le second album, avant « la fin du monde »… Du coup on a repoussé l’enregistrer en hiver. On le fera dans les mêmes conditions que le premier, qui avait été fait à la maison, avec chacun d’entre nous dans une pièce… Bon, on est six maintenant, il faut qu’on soit tous disponibles au même moment !

On évolue musicalement, on a ajouté une violoncelliste, Hannah, qui joue aussi dans d’autres groupes, comme Mostly Noise. On avait fait quelques dates en trio avec un batteur (Jason Toth de The Handsome Family), elle nous a rejoints juste avant le confinement. Les nouvelles chansons se prêtent bien au violoncelle, on aussi des chansons plus lentes, dans le style de In your Backyard… Dans le prochain album, les chansons folk seront plus folk, les morceaux rock seront plus rock. Le challenge sera de finir quand même avec un album cohérent !

Benzine : est-ce que le fait qu’on commence à parler, enfin, de Love Songs, change quelque chose ?

Dan : Dans le climat général, tout est difficile, mais oui, au moins, on parle de Love Songs… Au début ce n’était que des amis à nous et des amis de nos amis qui nous connaissaient, au moins maintenant c’est plus large : le disque nous échappe…

Benzine : et les concerts ? Quand est-ce qu’on vous verra à Paris ?

Dan : C’est difficile de jouer en ce moment, on a joué dans un festival de cinéma en plein air, on va jouer dans un lieu magique dans le Lot. On avait prévu une tournée fin octobre, mais on ne sait pas ce qui va se passer…

J’ai joué une fois à Paris, j’avais rencontré Solveig Anspach, la cinéaste, je lui avais fait écouter mes démos, elle m’avait demandé de faire de la musique pour ses films… J’ai donc joué à l’époque dans un bar à Paris : personne ne m’a écouté ! J’étais un peu timide, il faut bien dire… (rire)

Aujourd’hui, Inflatable Dead Horse est composé de Dan (guitare, chant), Bruno Almosnino (piano / claviers), Loïc Trumeau (guitare), Loïc Malavelle (basse), Philippe Caray (batterie) et Hannah El-Kharusy (violoncelle).

Le premier album studio de Inflatable Dead Horse, Love Songs, a été réédité en août par We Are Unique! Records

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