“Cendres” de Anne Duvivier : Les joies de la famille

Quand on enterre la génération précédente, on fait souvent voler de la poussière poussée sournoisement sous les tapis, dans cette histoire signée Anne Duvivier, Hélène, Lila et Violette en font l’expérience amère mais aussi heureuse.

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Lila et sa petite sœur Violette reçoivent une lettre de leur cousine Hélène qui les informe que son père, leur oncle Robert, a demandé a être incinéré et que ses cendres soient dispersées, en leur présence, au large de la petite île italienne d’Ischia. Surprises par cette requête, les deux sœurs acceptent cette invitation en forme de convocation testamentaire. Elles ne peuvent refuser une telle mission surtout que leur oncle a été très présent dans leur vie quand leur père a disparu dans l’incendie d’un grand magasin bruxellois, il a alors joué le rôle du père et Lila et Violette lui en sont fort reconnaissantes. En contrepartie, elles, surtout Violette, aiment moins la cousine Hélène qui a très mal accepté que ses cousines empiètent sur son terrain où auparavant elle était seule et très choyée.

cendresLes trois filles décident de remplir leur devoir de fille et nièces, elles pensent que ce sera l’occasion de renouer des liens familiaux plus chaleureux entre cousines et, au pire, de passer une belle semaine de vacances sur cette île méditerranéenne à quelques encablures de Capri. Le séjour se déroule bien, les filles apprécient le soleil, la mer, la cuisine et les personnes qu’elles rencontrent jusqu’à ce qu’Alessandro fasse son apparition et révèle des informations sidérantes qu’elles ne connaissaient pas, des informations qui changent profondément la vision et l’opinion qu’elles avaient jusques là de leur famille et surtout de leurs parents.

Avec ce court roman, Anne Duvivier évoque les difficultés qui trop souvent perturbent la vie familiale et la bonne entente au sein des fratries ou sororités. Dans son histoire, les couples sont peu stables, se font et se défont, les pères ne sont pas toujours ceux que les autres pourraient penser. Un plaidoyer pour la vie familiale calme ou paisible ou plutôt un réquisitoire contre la famille qui n’est que prétexte à mensonges, tromperies et autres vilenies. Chacun lira ce livre à sa façon mais tous le liront avec intérêt et plaisir… sans doute.

Pour ma part, je suis convaincu que toute la poussière qu’on pousse sournoisement sous le tapis finit, un jour, par ressortir en enrhumant beaucoup de monde et en générant bien des douleurs et des rancœurs.

Denis Billamboz

Cendres
Roman de de Anne Duvivier
Éditeur ‏ : ‎ M.e.o
104 pages – 14€ / 8,99€
28 août 2021

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