[Interview] Dynamite Shakers : les héritiers…

En première partie des vénérés Fleshtones, au Petit Bain, en novembre dernier, les très jeunes Vendéens de Dynamite Shakers nous ont littéralement scotchés, aussi bien par leur fougue que par leur maîtrise stupéfiante de l’héritage Rock’n’Roll / Garage. Il nous fallait donc absolument entamer le dialogue avec eux, et avec Elouan Davy, leur chanteur guitariste.

DYNAMITE SHAKERS

L’une des sensations les plus satisfaisante que l’on puisse ressentir au cours d’un concert, c’est sans doute celle de découvrir un nouvel artiste, un nouveau groupe, jusque-là inconnu, et qui nous fait prendre immédiatement conscience de son talent. Et, lorsqu’on a de la chance, de son potentiel. Nous avons voulu revenir très vite vers les Vendéens de Dynamite Shakers, qui perpétuent magnifiquement la tradition d’un rock’n’roll garage d’une classe folle…

Benzine : Vous avez tous l’air très, très jeunes, alors cette histoire de Dynamite Shakers, ça ne date pas de très longtemps, si ?

Elouan : Bah si, quand même, le groupe s’est formé en mars 2019, en format trio, avec François à la batterie, Valentin à la basse, qui est parti depuis et a été remplacé il y a un an et demi par Lila, et moi à la guitare. A l’époque, on jouait du pur rock’n’roll, on reprenait Gene Vincent, Eddie Cochrane, ce genre de classiques. Et puis, on a peu à peu rajouté à notre répertoire des titres « garage », en particulier des Sonics. Après on a eu aussi une période où on a repris des trucs des Arctic Monkeys, de Miles Kane, mais c’était trop pop pour nous… Quand Calvin, qui avait un groupe de hard rock, nous a rejoint, il a amené un nouveau son de guitare, avec beaucoup de distorsion.

Benzine : C’est tellement rare aujourd’hui de rencontrer des jeunes gens qui ont d’aussi belles références des fifties au seventies ! ça vous vient d’où, cette culture ?

Elouan : Personnellement, j’ai été influencé par mon père, un vrai passionné de Rock, et en particulier de Garage. Calvin et Lila, de leur côté, leurs influences, c’était plus Beatles et Rolling Stones. Quant à François, c’était plus funk, voire des trucs moins avouables, comme Toto !

Benzine : Tu parles de l’influence de ton père, et c’est vrai qu’on est maintenant en plein dans la génération des « enfants du Rock », voire même des « petits-enfants du Rock » !

Elouan : Oui, mon père a toujours écouté du Rock, il était new wave, cold wave, dans les années 80, il écoutait Joy Division… Quand j’étais petit, je me souviens, dans la voiture il mettait les Arctic Monkeys, les Libertines, ça ne plaisait pas, j’aurais préféré écouter les choses qui passaient à la radio… Et puis il a monté une salle de concerts, on a commencé à en discuter, et j’en suis arrivé là, à tout ce que j’aime aujourd’hui. Ceci dit, même s’il m’a apporté des choses, mais ma découverte du Rock, je l’ai faite tout seul : le premier groupe, pour moi, ça a été Nirvana. Kurt Cobain me fascinait… Et Eddie Cochrane et les Stray Cats en même temps : j’adorais le look des années 50, il y avait quelque chose de mythique, de mystérieux, là derrière…

Benzine : Au-delà des Dogs, une référence évidente puisque vous reprenez sur scène leur classique Too Much Class for the Neighborhood, avec d’ailleurs une efficacité sonique que les Dogs n’avaient pas à leur époque, on peut vous le dire, on a eu une révélation en vous écoutant, la référence au style des Flamin’ Groovies…

Elouan : C’est exactement ça, bien vu ! Des Flamin’ Groovies, on reprend régulièrement sur scène Slow Death et Teenage Head ! On essaie de ne pas avoir un gros son, on essaie de simplifier notre musique, et aussi on ajoute beaucoup de breaks…

Benzine : Vous êtes donc originaire de St Hilaire de Riez, sur la côte vendéenne, une belle région qui n’a pas pour autant la réputation d’être très rock’n’roll ! Vous arrivez à donner des concerts régulièrement ?

Elouan : Jusqu’à présent, on jouait principalement l’été, dans des campings et dans des bars ! Mais depuis fin 2021, on fait plus de concerts, on commence à jouer dans des vraies salles : à Paris, on a pu jouer au Petit Bain et au Point FMR. Sur Rennes, on a joué dans les bars concerts, on a commencé à avoir des articles élogieux, on a quelques propositions., on doit réfléchir à comment avancer. Ce n’est pas simple, tout le monde dans le groupe fait des études, donc on répète et ont fait nos concerts le week-end…

Benzine : Vous vous êtes donc mis à composer vos propres chansons. Vous en êtes où du point de vue enregistrements ?

Elouan : On a un premier album enregistré en mars dernier, avec 6 compositions à nous et 6 reprises, mais depuis, le groupe a beaucoup évolué, donc il n’est plus très représentatif. Il existe aussi un vinyle avec nos mêmes 6 compositions, ainsi que 3 singles, chacun avec 2 reprises, dont justement Too Much Class et Slow Death. Tout cela est totalement home made, et est disponible à l’achat lors de nos concerts.

Pour le futur, eh bien, on a prévu d’enregistrer cet été pour une sortie l’année prochaine. Et sinon, pour les concerts, on est très excités, on devrait jouer en Angleterre pendant l’été !

Benzine : Et ce lien avec les Fleshtones, qui peut surprendre pour un groupe français débutant, il est venu comment ?

Elouan : Les Fleshtones, c’est à travers mon père : il donc monté cette salle de concert dans notre salle de répétition, et, comme il était fan, il a contacté le tourneur des Fleshtones. Ils sont venus jouer pour la première fois en 2018, et moi, je ne me rendais pas compte de qui ils étaient ! Ils sont revenus trois fois, et du coup on a discuté. Et avec Dynamite Shakers, on a fait leur première partie, et petit à petit on a continué. Les Fleshtones, ce sont des mecs hyper humbles, très accessibles. D’ailleurs, Keith Streng nous a proposé d’enregistrer avec lui un 2 titres.

Benzine : En tous cas, c’est un magnifique passage de relais entre générations, bravo !

Propos recueillis par Eric Debarnot

De nouveaux titres de Dynamite Shakers sont disponibles sur Spotify dès le 3 février.

[Live Report] The Fleshtones & Dynamite Shakers à Petit Bain : passage de témoin !