10 albums Pop Rock pour votre été 2022

Comme on n’a pas pu évoquer tout ce que l’on a aimé au cours des six derniers mois. On profite de la pause estivale pour revenir sur 10 albums “coup de cœur” en matière de Pop-Rock sortis entre janvier et juillet 2022.

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Au programme : Mauvais Sang, Trance Farmers, Astrel K, Early Spring Horses, Sam Cohen, Nasty S And The Ghost Chasers, Porridge Radio, Irnini Mons, Metro Verlaine, Avi Kaplan.

Mauvais Sang – Des corps dans le décor

Mauvais sang : derrière ce nom qui nous ramène au premier film de Leos Carax, on découvre un quintette de jeunes musiciens dont le premier album ne peut pas laisser insensible. Un disque de rock entre calme et tempête avec un univers très personnel dans lequel le groupe délivre des textes à haute teneur poétique soutenus par des musiques d’une densité incroyable. On peut y entendre des guitares par moment noise côtoyer une harpe ou des sonorités électroniques. Nul doute que Des corps dans le décor constitue d’ores et déjà une entrée remarquable dans le paysage rock français de la part de cette formation qui s’inscrit dans le sillage de Noir Désir ou de Diabologum.
(December Square/Kuroneko) – 8 avril 2022 – écouter

Trance Farmers – Queen Of Nowhere

Trance Farmers - Queen of Nowhere

Sorti sur la label français IIKKI qui, rappelons-le, associe des albums avec des collections de photos, propose Queen Of Nowhere, soit la rencontre entre les travaux photographiques de Kourtney Roy et les musiques de Dayve Samek qui office ici sous le nom de Trance Farmers. Ce dernier présente sur ce nouvel album des morceaux faits de collages, de samples venus de divers horizons, assemblés dans des chansons lo-fi, bricolées avec talent et pas mal d’imagination. Un disque plein de charme qui nous ramène de par ses sonorités aux années 60, avec par moment des petits airs de Timber Timbre.
(IIKKI) – 19 mai 2022 – écouter

Astrel K – Flickering I

Astrel K - Flickering I

Avant de lancer son projet perso sous le nom de Astrel K, Rhys Edward a connu un certain succès avec son groupe  Ulrika Spacek. Désormais installé à Stockholm, le chanteur et musicien a imaginé ce premier album solo dans un registre quelque peu différent de celui de sa formation d’origine. Sur Flickering I il propose des chansons pas forcément immédiates mais qui feront leur chemin au fil des écoutes. Dans un style assez sophistiqué, loin des schémas classiques de la pop, Astrel K semble ici plutôt inspiré par le krautrock ou des groupes comme Stereolab avec des petites touches expérimentales ici et là.
(Duophonic Super 45t) – 29 avril 2022 – écouter

Early Spring Horses – Freediver

Retour de Vincent Stockholm avec son groupe Early Spring Horses. Accompagné d’Arthur Wilmotte et Ingrid Obled, le chanteur et musicien né en Suède signe une nouvelle pépite dans laquelle on retrouve toute la sensibilisé d’un artiste que l’on avait découvert avec le délicat What The Wood Whispers To Itself en 2016. Avec des sonorités pop folk agrémentées de touches Modern Classical qui évoquent bien souvent Mark Hollis, ces huit titres aux arrangements majestueux font de ce Freediver un disque extrêmement touchant, pétri d’intimité. Le genre d’œuvre auquel il faudra accorder du temps pour en apprécier toute les nuances et les subtilité.
(Victorialand Records) – 10 juin 2022 – écouter

Sam Cohen – Slow Fawn

Sam Cohen - Slow Fawn

Voici un disque très cool à côté duquel il serait dommage de passer surtout si vous aimez les chanson pop d’artistes comme Kevin Morby, Sam Evian ou Chris Cohen. Producteur basé à Brooklyn, collaborateur de Kevin Morby, Danger Mouse ou Karen O, Sam Cohen propose ici une nouvelle déclinaison de son talent avec un album très varié qui fait la part belle aux claviers, dans un esprit teinté par moment soft-rock 70’s aux couleurs californiennes. Au total 9 titres, 9 ballades délicates, avec des clins d’oeil à Terry Riley ou Steve Reich (sur Night Beam), ou encore à Todd Rundgren et Moondog. imparable !
(autoproduit) – 3 juin 2022 – écouter

Nasty S And The Ghost Chasers – Waiting for the Last Gasp of my Generation

Nasty S And The Ghost Chasers « Waiting for the Last Gasp of my Generation

Avec sa pochette qui évoque celles de bons vieux groupes indie rock US des années 80/90, Waiting for the Last Gasp of my Generation est une compilation de reprises signée Nasty Samy, vétéran de la scène rock underground. Pour cet album, il nous propose des covers de Gun Club, Supersuckers, Dramarama, Morrissey, Lemonheads, Hard-Ons, Samhain, Agent Orange, Tumbleweed, Pegboy, Jawbreaker, The House of Love, Dag Nasty, Therapy?,  Joy Division. Ca envoie du bois durant 48 minutes avec un son punk-rock 90’s bien lourd et un chant incisif. Un exercice de style réussi pour ce musicien qui s’est entouré de pas mal de comparses pour réaliser toutes ces reprises. A noter que le CD est accompagné une copieux livret.
(Twenty Something) – 31 mai 2022 – écouter

Porridge Radio – Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky

Porridge Radio Waterslide

Ces crescendos émotionnels qui bouleversent, cette voix où semble se mêler toute la douleur et toute la combativité d’une jeunesse rebelle, ces répétitions obsédantes de phrases définitives (“I don’t wanna be loved, I don’t wanna be loved“, adlib)… Oui, c’est la magie de Porridge Radio qui nous revient en pleine face dans ce Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky, troisième album d’un groupe qui a l’air d’avoir manqué l’opportunité du succès promis à la sortie de Every Bad. Et, en effet, ce beau disque est injustement passé inaperçu à sa sortie en mai dernier. Acceptons, nous qui aimons tellement fort Dana Margolin, la plus belle écorchée vive de la scène rock contemporaine, que cette musique qui nous paraît sublime, en irrite certains, réticents à ces tourbillons d’énergie négative. Pourtant, Porridge Radio a nettement évolué, du moins formellement, avec ce Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky, en baissant d’un ton les guitares saturées, agressives, et en privilégiant claviers et mélodies accueillantes. On remarque même une surprenante tentative d’orchestration consensuelle, presque « mode » pour The Rip : mais c’est peine perdue, même en se voulant plus aimable, Dana Margolin est trop pétrie de douleur brute pour que la musique de Porridge Radio puisse devenir anodine.
(Secretly Canadian) – 20 mai 2022 – écouter

Irnini Mons – Irnini Mons

Sabrinia, Fanny, Valentin et Guillaume viennent de Lyon, mais ils pourraient tout aussi bien venir de Vénus, la planète où trône le volcan Irnini Mons. Maison découvre que Irnini Mons serait aussi une déesse de l’époque assyro-babylonienne, ce qui ne nous aide pas beaucoup à décrire la musique du groupe, mais suggère tout un lot de choses inhabituelles, voire franchement en dehors de notre monde et de notre époque. Et un état d’esprit très ludique qui imprègne les six chansons de ce premier mini-album (27 minutes, à 3 minutes près, c’est un VRAI album), toutes inclassables, combinant des parties vocales parfois baroques, des textes – en français, s’il vous plaît – qui font sourire sans trop forcer sur la fantaisie, et des poussées de guitares bruitistes, voire franchement furieuses. Irnini Mons ne ressemblent pas à grand-chose d’autres, mais pourrait être nés à Brooklyn en 2030. Et sur scène, ils sont encore plus ébouriffants !
(Le Seum) – 22 avril 2022écouter

Metro Verlaine – Funeral Party

On a failli attendre ! Non, on a attendu quatre ans entre Cut Up, le remarquable premier effort du duo normand Metro Verlaine, et ce second album qui devrait être celui de la consécration. Funeral Party, écrit et composé pendant le confinement, ne marque pas de changement de style, puisqu’on reste dans une tradition cold wave anglaise millésimée eighties. Le passage du français à l’anglais pour la majorité des titres de l’album ne correspond pas à une « normalisation » de la musique de Raphaëlle et Axel, mais au souhait d’aller vers des tonalités plus dures, plus violentes, auxquelles la langue de Shakespeare correspond mieux, et le duo pousse clairement ici les curseurs vers plus de noirceur, plus de colère (You Tear Me Up). Mais c’est malgré tout le romantisme noir et solennel du groupe (Teenage Dreams) qui marque le plus, et ce d’autant que la voix de Raphaëlle, riche et puissante, porte la musique de Metro Verlaine vers l’excellence.
(Metro Verlaine) – 27 mai 2022 – écouter

Avi Kaplan – Floating on a Dream

Avi Kaplan - Floating on a Dream

Issu d’un groupe inconnu au bataillon chez nous (Pentatonix) mais qui a cartonné au Texas et ailleurs avec des reprises a capella, Avi Kaplan office désormais en solo. Arès quelques singles et EPs, il sort un premier album essentiel dans un registre country folk tendance “chanson de cow-boy”. Avec sa voix profonde et chaude (comme celle d’un Lee Hazlewood) mais qui offre une palette de nuances très variées, le crooner californien livre là un disque de toute beauté, rempli de chansons habitées, avec par moment un certains lyrisme qui vous emporte vers les déserts et les canyons de Californie. Arrangé autour d’un piano, de guitare, pedal steel et de chœurs amples, Floating on a Dream touche au cœur, à l’âme au corps. Une pure merveille !
(Fantasy records) – 20 mai 2022 – écouter