[Interview] Monolithe Noir : un groupe avec trois batteurs

Antoine Pasqualini et son Monolithe Noir viennent de sortir Rin, un nouvel album taillé pour la scène. Au moment ou démâte la tournée du groupe, le batteur nous parle de la conception de cet album…

Monolithe_Noir
© Victor Pattyn

Quelles sont les personnes impliquées dans ce nouvel album ?

Monolithe Noir, c’est d’abord Antoine (Pasqualini). Yannick (Dupont) participe à l’ensemble des compositions de l’album. Nous y jouons à deux et nous avons fait l’enregistrement de l’album à deux. Sur scène, Christophe (Claeys) complétera l’équipe. Nous sommes ainsi trois batteurs dans le groupe. Nous performerons sur scène le 23 septembre à Bruxelles.

Comment cette nouvelle configuration s’est-elle décidée ?

Après les confinements, le besoin de collaboration, d’échange et de partage était tel qu’il était évident que l’album se composerait à plusieurs. Antoine était ouvert aux compromis pour de nouvelles orientations. De plus, partager les batteries et la basse rend le travail d’enregistrement plus agréable et plus facile. Des compositions existaient déjà un peu avant le confinement et nous avions chacun d’ailleurs quelques projets annexes, tels que le ciné-concert avec Nicole Le Garrec.

Un nom breton par excellence ! On lit parfois qu’il y a une influence bretonne dans votre musique. Pouvez-vous nous en dire plus sur la musique présente Rin qui adopte réellement une identité différente des 2 premiers albums ?

C’est vrai que sur « Le Son Grave » (2017) et pour « Moïra » (2020), l’électronique et la programmation de séquences ont eu une place dominante. Sur « Rin », nos compositions sont interprétées presqu’en live sur des instruments acoustiques et électriques qui donnent une dominante plus chaude à l’ensemble.

Comme la vielle à roue ?

Réinterpréter la musique bretonne n’était certainement pas notre intention. D’ailleurs nous ne sommes pas convaincus de la pertinence d’un tel objectif ! Pour autant, restituer des atmosphères et des éléments caractéristiques comme le bourdon parcourant l’ensemble de la musique traditionnelle nous intéressait beaucoup. Durant toute la genèse du projet, le magnifique album d’Emmanuelle Parrenin, « Maison Rose » (1976) tournait en boucle et a probablement infusé et inconsciemment influencé certaines de nos compositions. Mais c’est davantage le côté communion collective du public avec la musique que nous recherchions là encore, l’après confinement a certainement joué un rôle important.
On aime bien aussi une certaine comparaison avec Beak>, le groupe de Geoff Barrow (Portishead) qui a la particularité d’enregistrer et mixer l’ensemble des titres en live. Même si cela n’a pas été le cas pour nous, la spontanéité recherchée est là, et on espère transmettre cette authenticité lors de nos concerts.

Monolithe Noir – Rin : un album riche de nuances organiques

Un titre de l’album particulièrement réussi s’identifie immédiatement. C’est « Barra Bouge ». Qu’est-ce que ce morceau ? Et qui sont Jawhar et Mirabelle Gilis, présents au chant et au violon ?

Jawhar existe en tant que groupe dans lequel Yannick joue de la basse. Il chante en arabe tunisien un texte d’ailleurs lourd de connotations sexuelles. Le titre dénote aussi beaucoup de ce que Jawhar peut faire en groupe notamment dans une atmosphère beaucoup plus folk, sombre mais toujours conduite avec une très belle voix. Barra bouge, se placerait peut-être plus aisément du côté du projet Yallah Bye, actuellement en stand-by ! Mirabelle Gilis est une super violoniste qui accompagne Christophe Miossec et a également joué avec Rachid Taha et son binôme Hakim Hamadouche.

Le résultat est une respiration brute, un souffle nu dans l’album. Une vraie réussite ! Mais ce n’est pas le seul : le tout dernier titre « Viellism » est une bombe énergétique. L’album est disponible sur les plateformes mais aussi (et surtout) en format physique et donc en vinyle. Avez-vous rencontré des difficultés lors de l’édition de l’album ?

Tout s’est fait avec beaucoup d’anticipation et avec conscience des difficultés de pressage des disques, mais finalement l’ensemble du processus s’est déroulé sans encombre et nous aurons donc les disques lors de nos concerts. Pour le titre « Viellism » qui apparaît en dernier volontairement, la motivation était de donner envie de poursuivre l’écoute et plus exactement de la reprendre au début de l’album. La succession des titres de l’album est un art en soi, lorsqu’il convient de nouveau de prendre en compte la durée des faces A et B du support vinyle.

Monolithe Noir fait partie de la scène bruxelloise. Vous êtes édités chez Humpty Dumpty Records et Capitane Records, 2 labels dynamiques made in Brussels. Y-a-t-il une spécificité belge, ou même bruxelloise ?

Ces deux labels sont très prolifiques et parce qu’ils sont « petits » leur accès est simplifié. Yannick avec son groupe Yokaï est déjà chez Humpy Dumpty, il a également participé à des titres de Turner Cody qui sortiront chez Capitane. Monolithe Noir est identifié à Bruxelles, cela facilite les contacts. De plus, malgré le fait qu’une seule personne soit derrière Humpty Dumpty Records, et que Capitane Records ait été fondé par Nicolas Michaux, ces 2 labels se sont forgé une identité assez ouverte tout en étant cohérents dans la sélection d’artistes produits. Parce que la plupart des artistes sont francophones mais que certains artistes vivent ailleurs (finalement peu leur importe d’où ils viennent !) et que les connexions avec l’étranger sont légion, on peut dire que ce sont des labels bruxellois !

Que se passera-t-il dans les prochains mois pour Monolithe Noir ?

Le lancement de l’album aura lieu au Botanique le 23 septembre. S’en suivra une véritable tournée européenne où nous jouerons en France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg, jusqu’en 2023. Un travail de recherche de lieux et de dates important qui vise à jouer beaucoup. L’ambition est vraiment d’aller au-delà des frontières de la francophonie mais aussi d’aller à la rencontre du public après ces 2 années tellement difficiles pour le milieu artistique…. et pour les amateurs de musique privés de concerts.

Interview réalisée par Nicolas DUQUENNE

Dates de concerts 2022 :

Sept 10 ➳ Saint-Cadou (FR) ✺ Ciné-concert,
Sept 15 ➳ Düsseldorf (DE) ✺ Kulturbanausen
Sept 16 ➳ Nancy (FR) ✺ Festival Bon Moment
Sept 23 ➳ Bruxelles (BE) ✺ Le Botanique, Release Party
Sept 30 ➳ Courtrai (BE) ✺ Wilde Westen
22 Oct ➳ Huy (BE) ✺ Atelier Rock
3 Nov ➳ Eeklo (BE) ✺ N9
4 Nov ➳ Hillion (FR) ✺ Ciné-concert, Mairie d’Hillion
5 Nov ➳ Angers (FR) ✺ Le Garage
6 Nov ➳ Nantes (FR) ✺ Lune Froide
19 Nov ➳ Bruxelles (BE) ✺ Magasin 4
23 Nov ➳ Biel (CH) ✺ Atomic Café
24 Nov ➳ Clermont-Ferrand (FR) ✺ Fotomat
25 Nov ➳ Strasbourg (FR) ✺ Péniche Mécanique
26 Nov ➳ Luxembourg (LU) ✺ De Gudde Wellen
30 Nov ➳ Frankfurt am Main (DE) ✺ The Cave
1 Dec ➳ Chemnitz (DE) ✺ Aaltra
2 Dec ➳ Leipzig (DE) ✺ Noch Besser Leben
3 Dec ➳ Berlin (DE) ✺ 8mm
6 Dec ➳ Hanover (DE) ✺ Cafe Glocksee
7 Dec ➳ Arnhem (NL) ✺ ASA
8 Dec ➳ Oldenburg (DE) ✺ Polyester Club
9 Dec ➳ Kussel (DE) ✺ Kino
10 Dec ➳ Bruxelles (BE) ✺ Ciné-concert TBA

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