LUX the band – Gravity : la bande son d’un voyage entre différents genres musicaux

Le second album de LUX the band confirme la qualité du premier, Super 8. Du rock, du vrai, suffisamment sûr de lui pour regarder autour de lui. LUX the band fait une musique tantôt délicate, tantôt forte, harmonieuse et mélodique et sombre aussi. Puissante, en tout cas.

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© Jehsong Baak

Il y a des albums dans lesquels on se sent bien, et c’est le cas de ce Gravity de Lux the band. Ne cherchez pas à comprendre, c’est une histoire de dopamine, de chimie. D’accord. Mais dire ça ou rien… parce que, la dopamine manque de poésie. Elle ne raconte pas d’histoires. C’est ce que font les textes d’Angela Randall, la chanteuse et parolière du groupe, histoires d’amour, histoires de mort et de meurtre, de rêves et de fin du monde. C’est noir, quelques fois, mais on aime bien balader dans le monde, dans notre monde au gré des mots et de la musique. Justement, d’ailleurs, la dopamine ne joue pas de musique non plus. Elles ne jouent pas de guitare, de basse ou de batterie. Elles ne chantent pas, quoique, peut-être, on ne sait jamais. La dopamine ne sait pas faire ce que font la guitare de Sylvain Laforgue (qui a en particulier joué avec les Rita Mitsouko), et donc la voix d’Angela Randall, accompagnés ici de la batterie d’Amaury Blanchard (qui a joué avec Renaud, de Palmas…), et de la basse de Julien Boisseau (qu’on retrouve avec Jesus Volt, Kaz Hawkins…). Il y a des albums dans lesquels on se sent bien parce que ce sont de bons albums, et la dopamine n’a qu’à bien se tenir. Et Gravity est un bon album.

Gravity est le second album de Lux the band, et Lux the band est un groupe de rock. Un rock qu’on n’a pas besoin de qualifier pour lui donner du corps et de la substance. Un rock qui n’a pas besoin préfixe pour exister. Attention, ce n’est (évidemment) pas du gros rock qui tâche. On s’en était parfaitement rendu compte sur leur premier album Super 8 (2017). Gravity le confirme. Lux the band joue une musique soignée, riffs de guitare solides et solos tranchants, batterie subtile, basse présente et discrète et une voix précieuse. La voix d’Angela Randall est un beau cadeau. Elle s’insinue entre les instruments, dialogue avec eux, tricote ses mélodies avec habilité, illuminant les morceaux, leur donnant force et tenue. Mais Lux the band n’est pas qu’un groupe de rock. Ou plutôt, c’est un groupe qui sait jouer un rock intelligent, qui n’a pas d’œillères, qui sait regarder autour de lui, qui puise à plusieurs sources, qui s’enrichit d’influences différentes. La musique de Gravity est riche et variée.

Il y a évidemment ces morceaux puissants, pleins de guitares et de solos électriques, comme l’inaugural A son of Sam, Chemical Love ou Score. Et puis Gravity nous donne aussi à entendre de la pop, The Ballad of John, une pop plutôt eighties presque légère, malgré un côté sombre (la mort de John Lennon). On a aussi droit à du folk. Around the Sun, une ballade lumineuse et poétique qui raconte une histoire de meurtre, ou l’acoustique Jailor, remarquable, un des meilleurs de l‘album, Americana lumineuse et l’encore plus superbe Did You Hear They’re Talking About The End Of The World Again, qui clôture l’album – une autre ballade qu’on écoute la larme à l’oeil, balançant doucement, un briquet allumé, emporté par l’émotion que charrie le morceau. Et puis il y a même un moment psychédélique parfaitement maîtrisé, avec Gravity, un moment de rêve chanté à deux, pour parler de vie et de communication avec les morts. D’où le titre du morceau. À la fois grave et lumineux, comme tout l’album ! Un album dans lequel on se sent décidément bien. Sacrée dopamine.

Alain Marciano

Lux the band – Gravity
Laughing Sky Productions
Parution : 9 Décembre 2022