La correspondante, de Virginia Evans est un premier roman sous forme épistolaire qui cueille le lecteur dès les premières pages. Au gré des courriers reçus et envoyés, on découvre avec jubilation et émotion les aventures de Sybil Van Antwerp, femme de soixante-dix et quelques années, à la plume parfois acerbe, parfois tendre, mais toujours franche.

La correspondante est un bonheur de lecture. Ce postulat étant annoncé, il vous faut désormais vous procurer ce petit bijou qui comptera au nombre des belles découvertes de ce début d’année 2026. Non seulement La correspondante est un roman émouvant, réjouissant et bouleversant, mais en plus, le livre est une grande réussite de la part des éditions de la Table ronde, qui ont apporté un soin tout particulier à la couverture.
Sous forme de lettres classiques, d’emails et de pages d’un journal intime, Virginia Evans dévoile la vie de Sybil Van Antwerp. Le pari est osé en ces temps modernes où le courrier classique est en voie d’extinction. C’est d’ailleurs bien dommage, La correspondante donne envie d’acquérir de nouveau un beau papier à lettres, de jolis timbres et de prendre le temps d’écrire à la main. Les emails envoyés par l’héroïne sont également savoureux, tant ils peuvent évoquer ceux de certaines de nos connaissances qui ont découvert l’informatique sur le tard.
Sybil Van Antwerp vit dans le Maryland, est divorcée, a mené une belle carrière de juriste à une époque où les femmes ne pouvaient prétendre à des fonctions trop élevées. Adepte des échanges épistolaires, Sybil Van Antwerp n’a jamais cessé d’écrire à sa famille, ses amis et aussi à des auteurs dont elle a lu les livres. C’est d’ailleurs une autre des forces de La correspondante. Le roman est ancré dans une réalité qui nous est familière, en évoquant des auteurs contemporains dont nous avons également lu les écrits, comme Ann Patchett, Joan Didion, ou encore Larry McMurty.
« Je me suis mise à écrire des lettres, et c’est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j’en écrivais une, j’en recevais une en retour. Cela surprend, mais j’ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l’avais adressée à P.L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins. »
Au fil des courriers échangés, Sybil Van Antwerp, qui semble si sûre d’elle et sans faille, se dévoile peu à peu. Elle devient un personnage très attachant, s’accrochant à ses certitudes pour ne pas flancher. Des scènes émouvantes succèdent à des scènes cocasses. Virginia Evans a écrit un roman à la fois léger et profond, qui fait du bien et qui donne espoir.
En ce début d’année 2026, si vous avez envie de passer un délicieux moment de lecture, La correspondante est pour vous.
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Caroline Martin
