The war on drugs – Wagonwheel blues

warondrugs.jpgOn a été séduit par cet album en provenance d’un groupe de Philadelphie. Séduit, mais pas retourné -différence ténue mais différence quand même – par un album sans autre ambition que celle de bien faire et de creuser un sillon personnel, avec des matériaux pourtant maintes fois usités. Un album qui à  force de bien le faire, fait passer un bon moment de musique bruitiste.

Sérieusement, cela faisait très longtemps, à  l’heure des MP3 et des albums sur lecteur numérique, qu’on ne s’était plus arrêté sur un disque inconnu de nos services, simplement parce que nous trouvions la pochette jolie et le nom aguicheur. Pas aguicheur comme un bonbon dur servi par l’âgée Madonna ou comme une princesse RNB alanguie sur la pochette d’un opus. Non juste aguicheur comme les pochettes qu’on imaginait apanage du label ibère Acuarela et un nom comme seul sait en promouvoir Differ-ant pour la France.

Créé par un couple de fan de Bob Dylan : Adam Granduciel et Kurt Vile, il serait mentir que de ne pas voir une certaine filiation vocale un brin forcée dans le nasillement. Le line up se fige autour de la paire Vile / Granduciel respectivement vocalistes et guitaristes (plus’ clavier pour le second) accompagnés d’un organiste batteur (Charlie Hall), d’un bassiste (Dave Hartley) et d’un second batteur percussionniste (Kyle Lloyd). Soit une formation rock plutôt standard, élognant un peu les compères initiaux du seul tribute folk à  Dylan, et les emmenant sur les terres du rock ou la voix fait de loin, songer aux Levellers.

Musicalement, on sent l’amour de la folk et la révérence au Zim en des titres qui accrochent l’oreille et se voudraient tubes si elles en avaient la carrure immédiate. l’intelligence de The War on drugs est finalement de ne pas chercher à  copier tout à  fait ou de ratisser en recherchant la mélodie imparable. Bien plutôt, il s’agit ici de partir d’une composition évidente – mais pas toujours imparable – puis de l’orner d’oripaux divers chipés au mur du son d’un My bloody valentines ou du premier The Verve pour lui donner une présence plus imposante, et une carrure à  sa mesure. Esthétiquement très abouti, soniquement très massif -on se dit que Dylan venu à  la musique dans les années 2000 aurait sans doute produit ce type d’albums, en y instillant cette petite touche de maestria qui fait encore défaut à  The War on drugs pourtant très appliqué.

On cherche à  savoir si le groupe assurera sa pérennité avec ce premier véritable album à  la pochette attirante et à  la musique efficace. On sera, parce qu’on a apprécié, parmi ceux qui écouteront avec plaisir, la suite de leurs aventures musicales, espérant qu’ils arrivent à  monter d’un cran, leurs ambitions, sans pour autant sacrifier ni leur âme, ni éteindre la chandelle de saint Bob D.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Arms Like Boulders
02. Taking the Farm
03. Coast Reprise
04. Buenos Aires Beach
05. There Is No Urgency
06. Needle in Your Eye #16
07. Reverse the Charges
08. Show Me the Coast
09. Barrel of Batteries

Label: Secretly canadian / Differ-ant
Date de sortie: juin 2008

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La vidéo de Needle in your eye #16

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