Super Spy, de Matt Kindt

superspy.gifLoin de l’imagerie populaire et glamour des espions cinématographiques type 007, l’Américain Matt Kindt met en scène dans »Super Spy » le côté obscur du métier avec ici un regard très réaliste de ce que pouvait être la vie au quotidien des gens du renseignement (comme vous et moi) durant la Seconde Guerre mondiale à  travers l’Europe.

Dans ce très beau livre (saluons la qualité du papier, la mise en page soignée de l’ouvrage dans globalité) de 336 pages Matt Kindt décrit, décortique avec précisons et un sens du détail très particulier les faits et gestes de petits fonctionnaires de l’espionnage dans les années 40. Des mères de famille héroîques, au petit bonhomme sans envergure, tous ont comme point commun de manier l’art du mensonge avec une grande efficacité mais aussi le fait d’être des gens sans signe particulier, noyés dans la masse, mais portant le fardeau de leur secret et de leur solitude, conscients aussi de porter une part de responsabilité dans la réussite ou dans l’échec de leur pays en lutte pour la victoire.

Mais là  où le livre se fait encore plus original et se démarque véritablement des histoires d’espionnage habituelles, c’est dans le mode narratif et graphique employé par Matt Kindt qui surprend et déconcerte aussi un peu au début. A la manière de certains grands auteurs de comics américains, celui-ci n’hésite pas à  brouiller les pistes en présentant ses courtes histories sans vraiment de logique ni de chronologie particulière, et en utilisant des formes graphiques (couleurs, trait) différentes, une mise en page changeante, selon les récits »un peu comme s’il s’agissait d’une recueil de mémoires d’espions, sortes de journaux intimes compilés, rassemblés dans une anthologie de l’espionnage.

Vous l’aurez compris, on a affaire là  à  une oeuvre vraiment unique, à  un travail extrêmement minutieux qui confère à  ce livre une dimension toute particulière et qui devrait convaincre plus d’un lecteur amateur de ce type de récit.

Benoît Richard

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Super spy (one shot)
de Matt Kindt
Éditeur : Futuropolis
145 x 210 mm
336 pages – 23 €¬
Parution : 25/08/2008

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