The horrors – Primary Colours

horrors.jpgPourquoi s’attarder sur the Horrors, plus que sur un autre des groupes qui se piquent de faire revivre l’esprit défunt de Ian Curtis et agité comme un ballon baudruche, à  tout bout de champs.

Peut être en fait parce que la formation réussit la gageure de saisir l’esprit de Joy Division, et un soupçon de l’inquiétude née de pornography des Cure , mais sans se laisser emprisonner dans la mimique, ou la duplication du même. Sans tomber dans la redondance ou la caricature. Et fait de ce second album est réussi.

Faris Badwan, est chanteur. Il dépose enfin une voix qui criait plus qu’elle ne chantait sur le premier opus du quintette londonien. Le bassiste se nomme Tomethy Furse, le guitariste Joshua Von Grimm, le batteur Coffin Joe, et le clavier Spider Webb. Voilà  pour les présentations /pseudos et qui posent les cinq types d’instruments repérés dans ce disque mené tambour battant. Le second album n’était d’ailleurs pas encore tout à  fait dans la boîte qu’il jouissait déjà  du bruissement du landerneau, pour ce qu’il comportait la patte de Geoff Barrow (du déjà  culte groupe Portishead). Ce genre de pré-bonne nouvelle n’est pas toujours récompensée auprès de l’auditeur et il est plus d’un pétard annoncé qui fit pfffffuit. Ici non

The Horrors mélange le son noir et suicidaire du post punk de new order, avec le revival psyché qui sévissait jusqu’il y a peu dans la pop américaine d’avant les ecstazyés MGMT et consorts. Et fouette ses références, à  l’ancienne, avec un côté bruitiste presque sadique, quelque part enre Valmont /Merteuil et l’esprit de Slowdive ou My bloody valentine (un peu trop souvent appelé à  la rescousse de mes chroniques en ce moment). Ce genre de rock psyché/shoegazze malmené par ses auteurs, qui se satisfaisait des envolées, mais se contrefout d’avoir les pieds dans le sable et la planche de surf plantée dans la plage. Ce genre de rock qui transformerait la joie du surf en terreur de la vague de riffs bas du front… un peu à  la manière d’un Ride, le format resserré en plus, Mais déferlant avec le même tsunami sonore à  l’attaque de nos réticences.

Puis il y a sur le second album de The Horrors, quelque chose qu’on a jamais trouvé chez Interpol, ni même d’ailleurs chez Joy Division. Une putain de puissance vitale, une sur-puissance passionnelle. Une énergie communicative, quasi vitale autant que destructrice; un sentiment mitigé qui emporte tout sur son passage et maintient cette déferlante de rock brut comme on les aime.

En fait, si on avait parfois envie de se taillader les veines à  l’écoute des post punk Joy Division, on enverrait bien valdinguer son bureau par la fenêtre à  l’écoute de The Horrors quitte à  ce que cet acte jouissif nous propulse au suicide, puisque justement on utilisait ce bureau comme réhausseur à  la corde qu’on avait prévu pour se pendre. Un acte rock, un bon gros doigt d’honneur, un acte de loose magnifique, quitte à  ce qu’on juisse une dernière fois, comme un condamné pendu et qu’on suffoque avant d’avoir eu le temps de regretter ce geste inconsidéré.

Il y a de cette puissance primaire à  l’écoute d’un album éruptif qui débouche les conduits et vous l’aurez compris sous les métaphores douteuses,fait un bien fou par où il passe. On en sort lessivé, en sueur, mais persuadé d’avoir passé un bon moment. Il y a ici contenus tous les ferments du pogo honni des soirées du siècle nouveau. Il y a le côté mal dégrossi et le côté fausse brute. La pop de follasse chevelue et la couille de roadie moustachu comme un camionneur.

On retourne à  la métaphore. l’album provoque un de ces moments sales, qui mènent à  la pendaison inconsidérée évoquée quelques lignes plus haut. Ou, si on est moins morbide, un de ces moments qui sentent la bière renversée sur le t-shirt Motörhead collector par une blonde ébaubie qui sautille dans la fosse. Un de ces moments où on aimerait l’engueuler, mais où on est arrêté dans l’élan parce qu’on se rend compte qu’elle a un super cul (morceau de chronique machiste et testostéronée. Que celui qui n’a jamais eu ce genre de pensée impure me jette la première pierre). Un de ces moments qui sentent la cigarette cancérigène désormais proscrite de nos salles de concerts. Un de ces moments jouissifs où ladite blonde se retourne et où on la galoche à  perdre notre haleine de Pall Mall roulée et de Jupiler même pas coupée à  l’eau. Un de ces moments où elle en redemande, en plus, la gourgandine, tant est si bien qu’on ose une main gauche posée sur son sein droit, en dessous son t shirt des Stranglers s’humidifiant sous le houblon de Motörhead.

Juste parce que c’est comme ça une magie de moment wok and woll dans nos souvenirs d’antan. Et que ça vaut bien une métaphore. Enfin tout ça quoi. Sérieux. Alors cette chronique qui brûle de passion et de mort, qui sent le stupre et la cyprine, elle ne vous donne pas envie d’écouter le deuxième album de The Horrors?

Denis Verloes

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Tracklist
01. Mirror’s Image
02. Three Decades
03. Who Can Say
04. Do You Remember
05. New Ice Age
06. Scarlet Fields
07. I Only Think of You
08. I Can’t Control Myself
09. Primary Colours
10. Sea Within a Sea

Date de sortie: 4 mai 2009
Label: XL recordings / Beggars / Naîve

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L’album à  écouter sur Spotify

La vidéo de Sea within a sea via Youtube

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