Kula Shaker – Pilgrim s progress

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Un petit coup de DeLorean. Pim nous revoici 15 ans en arrière. Le foie tenait mieux l’alcool. Le corps les nuits blanches, et l’esprit se foutait comme de sa dernière chemise d’être saoul un soir sur 3 dans une salle universitaire où on pataugeait dans 10 cm de subtil mélange de bière, de désinfectant et de vomi. Britop powa sur la sono du DJ. A moins que ce n’était pas réellement un DJ mais un président de cercle. Difficile de me rappeler. Entrée en salle avec 3 litres de Jupiler dans le corps. Warm up.,  Suede, Blur, Oasis, New order, Stone Roses, Pulp dans la sono en parallèle de -déjà – vieilles scies Body Count, Nirvana, U2, Babyloon Zoo etc.,  Soudain, entre deux bières sans mousse »Govinda par Kula Shaker. Crispian Mills beau gosse à  mèche de son état, caresse de sa voix charmeuse Govinda jaya jaya jaya dans un trip façon Katmandou que n’aurait pas renié le gourou des Beatles.

J.’ai acheté l’album quelques heures plus tôt en version digipack chez Caroline Music rue des fripiers à  Bruxelles. Je suis jeune. Les trois quarts de mon argent de poche passent à  acheter des albums. Epoque britpop oblige, à  côté des,  désormais standards, je me fends de mon écot pour acheter des albums que le monde a depuis oublié. Space, Northern uproar, Dodgy, Boo Radleys, Longpigs, Mansun, Denim et K par Kula Shaker donc. Ecouté l’après-midi avant la beuverie rituelle, avec l’étrange sentiment de tenir trios bon singles et énormément,  de vent. Mais une paire de bons singles qui envoient façon hippies et Grateful Dead mélangés. Et comme je suis trop jeune pour connaître mes classiques, je me moque complètement de savoir s’ils n’ont pas un peu trop tout repiqué aux Grateful Dead justement »..

Je suis saoul et cette carcasse de troisième ligne dont je m’accomoderai quinze ans plus tard, sautille d’un pied à  l’autre, raide, sur une musique anglaise, repiquée aux sixties et à  des morts reconnaissants.
Quinze ans plus tard, chez Kula Shaker, rien n’a changé, malgré quelques albums un peu fadasses au compteur. C.’est même à  se demander si l’album n’était pas déjà  dans les cartons du groupe à  lépoque de son opus inaugural et avant de se fourvoyer, de s’amuir. Retour à  la veine, au filon britpop. Toujours le chant charmeur. Toujours les flûtes fauchées à  Jethro, l’herbe dans les locaux de Rock & Folk, les riffs des Grateful Dead et l’imagerie aux Beatles de retour de Katmandou.

Et comme quinze ans avant, c’est une triplette de singles qu’on a envie de se repasser en boucle, avec un mélange de nostalgie et de plaisir immédiat, au milieu d’un album très bien sous tous rapports mais globalement un peu creux, et encore plus dans un monde qui aligne les bonnes formations comme d’autres siècles les perles aux colliers. Mieux que les deux opus précédents, mais pas indispensable non plus.

Peter Pan R.I.P reçoit mon blanc seing avec ses violoncelles, son chant inspiré et ses tambourins. J.’ai réussi à  me le passer en boucle quinze fois de suite (bon ok, en chantant à  tue tête pour ne pas m’endormir, de nuit dans le scénic en retour de fête de la musique). A côté de l’étendard de l’album, on citera aussi Modern Blues, qu’on croirait face B de Govinda justement : comme si on avait oublié les quinze années qui séparent 2010 de la britpop et qui me donne une furieuse envie de bière. On évoquera enfin Only love qui fait vraiment penser à  une chanson de George Harrisson ou un chant de hippie à  l’arrière de la camionette Volkswagen.

Bien sûr trois singles ne sont pas suffisant pour sauver tout un album. Bien sûr le reste est sympathique sans plus et ne vaut que si on a une quelconque sympathie pour la formation ou le retour de la Britpop. Kula Shaker était un second couteau à  l’époque, et s’est fourvoyé ensuite. Il retrouverait sa place de second canif 2010 si le monde n’avait pas depuis, revisité les sixties et la pop californienne solaire avec des MGMT, des Empire of the sun, des chorales complètes façon rock opéra etc.

Aujourd’hui Kula Shaker fait figure d’anachronisme ou de madeleine pour les trentenaires qui ont fait leurs classes musicales au milieu des nineties. Ce n’est pas la moindre qualité de ce pilgrim’s progress.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Peter Pan R.I.P
02. Barbara Ella
03. Modern Blues
04. Sweet Sympathy
05. Cavalry
06. Will my true love wait?
07. Ophelia
08. For a few Yen more
09. Figure it out
10. Only Love
11. Winter.’s Call

Label: Ryko / Naîve
Date de sortie: 20 juillet 2010

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4 thoughts on “Kula Shaker – Pilgrim s progress

  1. N’en déplaise à Monsieur Verloes, je trouve l’album excellent dont j’apprécie toutes les chansons sauf peut-être calvalry et le ennio morricone.

  2. Hello Klak,

    Merci de votre réponse, quand on critique ca fait plaisir de confronter. Je viens de réécouter l’album et je dois effectivement reconnaître que la production a changé. Pourtant je maintiens que je ne vois pas à ce point de changement de style malgré un son beaucoup plus clair. je maintiens donc ma chronique. Quand à l’album précédent. Il n’apportait rien au schmilblik et l’ai donc passé sous silence (y’avait que le single qui m’avait accroché l’oreille… aucune autre mélodie). Mais comme on dit, tous les goûts sont dans la nature

  3. Hello Klak,

    Merci de votre réponse, quand on critique ca fait plaisir de confronter. Je viens de réécouter l’album et je dois effectivement reconnaître que la production a changé. Pourtant je maintiens que je ne vois pas à ce point de changement de style malgré un son beaucoup plus clair. je maintiens donc ma chronique. Quand à l’album précédent. Il n’apportait rien au schmilblik et l’ai donc passé sous silence (y’avait que le single qui m’avait accroché l’oreille… aucune autre mélodie). Mais comme on dit, tous les goûts sont dans la nature…

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