Fang Island – Fang island

Groupe new yorkais, école de design, bouche à oreille sur le net… Je te vois venir camarade. Tu penses que voilà encore un de ces groupes de saison dont on peinera à se rappeler le patronyme dans 6 mois, juste célèbre parce qu’il habite Brooklyn et ne pratique pas du rock simple ou de la pop tranquille, mais de l’expérimentation mêlant différents styles de musique pour une intelligentsia arty transatlantique.

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fangisland.jpgJason Bartell, Chris Georges, Michaël Jacober, Nicholas Andrew Sadler et Marc Saint Sauveur sont les Fang Island, à la base réunis – dans un line up un peu différent qui n’a conservé que Chris Georges– comme un projet au sein de l’école de Design de Providence à Rhode Island. Il sont – comme tout le monde semble-t-il- désormais basés à Brooklyn. Ils ont joué à l’édition 2010 du SXSW d’Austin Texas, où ils ont été épinglés comme le groupe dont la notoriété a le plus crû via les réseaux sociaux pendant la période du festival.

Groupe new yorkais, école de design, bouche à oreille sur le net… Je te vois venir camarade. Tu penses que voilà encore un de ces groupes de saison dont on peinera à se rappeler le patronyme dans 6 mois, juste célèbre parce qu’il habite Brooklyn et ne pratique pas du rock simple ou de la pop tranquille, mais de l’expérimentation mêlant différents styles de musique pour une intelligentsia arty transatlantique. Et en fait euh… ben oui quand même un peu. Sauf peut-être pour la partie « disparu dans six mois » ; parce qu’on a envie de voir le groupe se développer et faire mûrir ce qui est esquissé ici pour aller plus loin encore, en mettant un peu plus d’équilibre entre ses composantes.

Mais sache, ami lecteur, que si tu es –déjà- un peu en manque du post rock en voie de disparition, sache que si tu ne dénigres pas une petite formation déstructurante façon Grizzly Bear que tu apprécies les envolées de Ratatat et qu’un de tes meilleurs amis t’as un jour fait découvrir les vétérans d’Hawkwind…. Alors ce disque est sûrement fait pour toi. Comme il est d’ailleurs fait pour moi.

Et si tu supportes par-dessus la dé-construction thématiques et les longues phases de joute musicale une très très très trop (?) grosse dose de rifs qui font passer Satriani pour un cousin proche alors tu porteras sans doute Fang island au pinacle, tandis que je suis quant à moi soulagé de voir le disque se terminer juste avant de commencer à provoquer ma résistance.

Fang Island ce sont des constructions spiraliques de post rock, posées et reprises sur une construction centrifuge. Une structure où le chant est un instrument qui se dispute la vedette avec les solos de guitare qui se mettent à chanter eux même tout en assurant le gros de la vague sonique. le Slash de Use you illusion n’est jamais loin. La guitare solo est ici le capitaine d’un nuage sonore qui se concentre derrière ce chef sabre au clair. Les morceaux sont avares de paroles mais ne jouent pas la boulimie de chronomètre. Tout est compacté. Ca démarre serré, ça finit ample et électrisé porté par un solo de guitare et une vague de distorsion.

L’ensemble revêt le vêtement du rock progressif servi dans un écrin post rock et un format resserré façon pop. J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de l’ensemble et la force des mélodies déployées. Les rifs me poussent pourtant dans mes derniers retranchements sur la toute fin du disque, mais une galette qui a le bon goût de s’arrêter pile à l’instant où commencerait à poindre de l lassitude, est le seul bémol que je mets à mon plaisir d’écoute de cet album éponyme. J’aime le côté un peu « uchronie » de l’ensemble qui donne à voir ce qu’aurait pu donner le rock progressif s’il avait évolué jusque 2010 et la puissance rock qui se dégage de l’album. J’aime bien Fang Island parce que c’est efficace. Ca donne envie de prendre les problèmes qui se présentent à chacun à bras le corps, se sentant galvanisé par l’énorme envergure, la puissance de la musique de Fang Island.

J’aime aussi imaginer que le groupe n’en est qu’au début de son histoire et qu’ils s’efforceront ensuite de brouiller les pistes, canaliseront les solos de guitares et rendront encore plus immédiates les chansons de leur opéra néo rock. En attendant je me contente de noter le disque sur 5. Avec l’espoir de les recroiser bientôt pour un album plus maîtrisé encore, mais pas plus factice, tel qu’il envoie le bois et ne se perde pas trop en esthétique au profit du sentiment direct. C’est déjà la limite de cette livraison. Espérons que ça ne plante pas l’avenir à moyen terme.

Denis Verloes

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Tracklist

01 Dreams of Dreams
02 Careful Crossers
03 Daisy
04 Life Coach
05 Sideswiper
06 The Illinois
07 Treeton
08 Davey Crockett
09 Welcome Wagon
10 Dorian

Label: Sargent House / Differ-ant
Date de sortie: Février 2010

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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