PJ Harvey – Let England shake

Ok j’ai tout merdé. J.’ai accumulé un retard incroyable dans les chroniques. Et il y a belle lurette que vous avez déjà  tous acheté l’album de Dame PJ. Comment ça non, ? Bon ok, si cette chronique tardive sert à  vendre au moins un album de plus à  la britannique, j’aurai l’impression d’avoir servi au moins un peu à  quelque chose.

Let england shake dit PJ en liminaire et en gros au fronton de son album. Un disque de révolution pour débuter 2011. J.’imaginais du rauque, du dur, un retour de dirty, de la cyprine et du gras. Non non, plutôt un punk rock avec la classe de feu Joe Strummer. Hein hein.

Que nenni. Mais qu’elle est forte PJ Harvey. En 2007, par là , White Chalk m’avait bluffé. Après un album très (trop, ?) énergique, faisant feu de tout bois, elle s’était transformée en châtelaine vaporeuse »C.’est le fil ténu entre le crédible et le risible que PJ Harvey décide de continuer à  dérouler. Et elle se joue de tous les pièges. White Chalk semble à  côté de Let england shake, comme une ébauche d’un chef d’oeuvre à  venir. La  » gentlewoman,  » farmer mène sa révolution avec les habits d’un chaman antique. Une Minerve à  la fois mère universelle, femme fatale et chef de guerre.

Et de guerre il est beaucoup question dans Let England shake. Des guerres qu’un état mène à  l’autre bout du monde au nom du peuple britannique, des guerres intérieures comme autant de démons personnels et des batailles,  qui font les tiraillements d’une musique que PJ Harvey domine de sa hauteur, toujours quelque part entre le rock originel, et les univers de Kate Bush ou de Lisa Gerrard .

Les révolutions à  la sauce PJ Harvey ce sont des univers évanescents où le jeu de guitare agit comme une litanie électrisée, où le feu fourbit ses armes sous la cendre. , Les différents éléments musicaux sont en place. Polly Jean y dispose les sons comme autant de couleurs d’une palette où les opposés s’attirent. Son chant se pose sur les charbons ardents comme un souffle qui attise ou éteint l’énergie au fil de l’aventure sans faille que nous propose Let England Shake. On imagine PJ composer les morceaux à  une grande table de campagne, guitare électrique sur les genoux, casque sur les oreilles et pédales d’effet au pied, avant d’envoyer les riffs, couplet et lignes de champ à  l’éternel compère John Parish chargé de l’agencement sonore de l’ensemble.

On reste coi devant tant de pertinence. Tout est en place, tout est précis, tout est vindicatif oui, mais surtout maitrisé, abasourdissant. PJ Harvey se connait, sait ce qu’elle veut et où elle va. La maturité, loin de l’assécher la rend musicalement et » fémininement » belle et forte. Et le plus incroyable, c’est qu’une fois passé l’univers de l’album, quand Polly Jean prend pied sur scène, quand la guitare prend les devants, les agencements se remettent en place créant une nouvelle harmonie autour de la guitare qui se fait pourtant plus énergique.

Il ne reste plus qu’à  gouter et gouter encore au modèle musical mis en place par PJ Harvey. Et me satisfaire d’un plaisir musical sans cesse renouvelé. Ils sont rares finalement les moments d’une année où on a la certitude d’.’etre tombé sur un Grand disque. Let England Shake en est assurément un.

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie: 14 février 2011
Label : Island / Universal

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La critique de White Chalk
La vidéo de Let england shake via Youtube

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