Shabazz Palaces – Black Up

C’est devenu rare. Soulignons-le c’est d’abord le digipack de cet album, tout de velours noir vêtu – à moins que ce ne soit du nubuck – qui m’a alerté l’œil dans la quantité phénoménale d’albums à écouter récemment. Une pochette noire et un hiéroglyphe digne du bon vieux temps de KLF ou d’Aphex Twin, mettons.

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C’est devenu rare. Soulignons-le c’est d’abord le digipack de cet album, tout de velours noir vêtu – à moins que ce ne soit du nubuck – qui m’a alerté l’œil dans la quantité phénoménale d’albums à écouter récemment. Une pochette noire et un hiéroglyphe digne du bon vieux temps de KLF ou d’Aphex Twin, mettons.

Black up paru chez Sub pop / pias est la troisième livraison du groupe prête nom à Ishmael Butler, un américain qui a élevé son hip hop barré sur le bitume. Et quand je dis barré, il ne faut pas y voir une ènième fioriture de phrase dont j’ai le secret. Non. Vraiment. Butler joue avec les samples pour vraiment créer une ambiance angoissante, éberluée, dingue.

Exit ici les ambiances funk et tous les dj Abdel à l’ancienne de la terre. Shabazz Palaces sample du jazz, du rock, du Sony Rollins, mais de tels petits morceaux qu’on dirait si on les accélérait, que ses collages 2 steps sont foireux ou que son disque est rayé.

Pourtant, à force d’en faire une habitude, la méthode devient une sorte de signature. Une espèce de froideur industrielle qui diffuserait au milieu de la musique traditionnellement conceptualisée, le jazz, comme venant du cœur. Shabazz Palaces c’est un peu le Nine Inch Nails du rap, ou l’Aphex Twin sus mentionné du hip hop. Je pense aux compilations Ninja Tune et Warp de ma jeunesse, mais dont on aurait systématiquement enlevé des sons pour syncoper l’ensemble, le rendre plus urbain que juste rebirth of cool.

Je ne suis pas du tout, loin s’en faut, expert en hip hop, mais je dois reconnaitre que la démarche du bonhomme parle à mon ciboulot. L’ensemble est froid, industriel, urbain. Et le flow atone travaillé à l’effet est du même tonneau, coomme une version désabusée et moins enfumée des Fun Lovin Criminals.

Les titres de Black up s’enchaînent comme on parcourrait une ville la nuit, calfeutré dans la voiture du tueur samouraï du Ghost Dog Forest Whitaker. D’ailleurs, on songe parfois à une version moins chaleureuse de RZA à l’écoute de Black up, qui s’avère une belle réussite macadamisée sous sa pochette en nubuck.

J’y reviens souvent. Belle découverte hip hop pour 2011. Et qu’importe si je n’entrave pas le moindre mot de sa voix sous les effets, je me laisse porter par le flow urbain, claustrophobe, mais tellement classe.

Denis Verloes

Tracklist
01. Free Press and Curl
02. An echo from the Hosts that Profess Infinitum
03. Are You… Can You… Were You? (Felt)
04. A Treatease Dedicated to The Avian Airess from North East Nubis (1000 questions, 1 Answer)
05. Youlogy
06. Endeavors for Never (The Last Time We Spoke You Said You Were Not Here. I Saw You Though.)
07. Recollections of the Wraith
08. The King’s New Clothes Were Made by His Own Hands
09. Yeah You
10. Swerve…the Reeping of All That Is Worthwhile (Noir Not Withstanding)

Label: Sub pop / Pias
Date de sortie: 4 juillet 2011

Plus+
Le site officiel
L’album en stream via Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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