Mustang – Tabou

Je ne cherche plus. En 2011 le voilà, mon grand disque pop à moi.  Ils furent Clermontois, il sont désormais parisiens et lancent cet automne ce qui est sans doute le meilleur disque pop français de 2011

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Je ne cherche plus. En 2011 le voilà, mon grand disque pop à moi.  Ils furent Clermontois, ils ont poussé à l’ombre de la salle de concert de la chaîne des puits. Ils ont toujours bénéficié de la plume bienveillante de Christophe Basterra de Magic ! la revue pop moderne. Le père du magazine a d’ailleurs décidé de garder les clés de leur région natale tandis que le groupe est monté à Paris suite au succès d’estime de leur premier album A71, nommé en référence à cette nouvelle méridienne qui joint l’Auvergne à paname.

Le trio a souvent été présenté comme les parangons du rockabilly en France. La faute ou grâce à la banane arborée par Jean Felzine dans toutes les séances photos, et à des références fifties et sixties assumées par le groupe.

Mustang a apparemment un peu de mal avec cette pesante étiquette. Et moi de me rendre compte que c’est sans doute un souci de sécurité qui a empêché mes collègues plumitifs de la musique de sortir de cette dénomination.

Ca tombe bien le nouvel album Tabou enfonce le clou des références du groupes qu’ils creusent encore plus profond que sur leur premier album avec un soin plus fin portés aux arrangements et au rythme global du disque. Un album enregistré à Bruxelles en compagnie de Stéphane « Alf » Briat qui a décidemment compris la mécanique du groupe. Alors chers collègues, il va falloir trancher, il va falloir s’impliquer, oser pour trouver une nouvelle étiquette aux jeunes pousses.

Et si en bons critiques parisiens on essayait le biolayen « Trash yéyé » ? ca décrit pas mal cette nouvelle galette. D’abord parce qu’ils puisent dans  les mêmes références que nos amis Baby rockers (mettons BB Brunes en tête tiens) parisiens : Buddy Holly, Eddie Cochran, les stray cats, les ShadowsElvis mais aussi toute la génération qui de Johnny aux Chaussettes noires a popularisé la « transposition » du style américain en chanson française. Mais en version  trash…

Parce que contrairement à la jeunesse parisienne qui s’est sentie très vite « regardée » et inconfortable avec les références parentales a décidé s’y ajouter une dose de garage , de discours ampoulé Cramps, Suicide, les Strokes et de proto punk avec pose, Mustang continue d’affirmer haut et fort ses racines avec la pointe d’ironie et de je m’en foutisme. Un gros doigt mis aux « cultureux » sans doute amplifié par leur condition d’outsider de province, de région où en tous cas le regard des spectateurs, l’oreille des auditeurs n’est conditionné par aucun « qu’en dira-t-on » autre que celui du plaisir procuré.

Ami critique voici venir Mustang le groupe Trash yéyé.  Et dans le trash de Mustang il y a l’histoire de la variété française, assumée, cautionnée, transcendée. Parce que les bougres ont cherché plutôt à faire parler les mots que la tendance, et on trouvé l’exact cristallisation entre les thèmes de Johnny et les paroles de Dominique A.

Les Anglais sont friands de groupes qui parviennent à séduire le plus grand nombre tout en affolant pas indés. La France ne sait pas trop où les ranger. Plaçons donc ces histoires de destruction de couple, d’explosion de l’âme, d’amants, de rupture menées avec la subtilité thématique et recherche du mot, du son, de la formule pop dans la catégorie Trash Yéyé. Une manière de porter la banane au pento non pas comme un artifice ironique, mais comme une revendication identitaire. Et merde aux cons.

Ou alors, si comme moi vous êtes totalement conquis,  pourquoi ne pas oser une classification encore plus franche et  reprendre à votre compte le constat de Yoram mon voisin de bureau avec qui j’écoutais le disque l’autre jour : « alors voilà, ça y est on a trouvé notre Elvis français ». Mais oui. Oui. Oui. Fuck yeah comme on dit sur Twitter. Mustang c’est ça nom d’un chien. Des Elvis français. Aussi adroits dans le maniement du son de la guitare électrique avec caisse de résonance blues, du tempo staccato, que dans le jeu de jambe pelvien. Aussi beau gosse sur papiers glacés que fortiches de la voix de crooner, aussi adroits de la mélodie que de la récupération historique à son compte.

Le groupe pop définitif pour la France de 2011.
Ca se voit que j’adule ?

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie: 25 octobre 2011
Label: Jive / Sonymusic

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

  • oldphine

    Pfff, je cherchais des « critiques » de Mustang… même toi tu aimes…

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