Ariel Pink’s haunted graffiti – Mature themes

Je me souviens il y a quelques années quand par hasard j’étais tombé sur the doldrums d‘Ariel Pink, on avait eu un échange avec Benoît, le seigneur et maitre de ce webzine. Je me souviens qu’il m’avait dit » c’est chelou ton truc on dirait une cassette magnétique qu’on a laissé au soleil sous le pare-brise de sa caisse ». à‡a m’est resté en tête. Même quand le groupe s’est assagi, même quand son précédent before today est arrivé a mes oreilles précédé du buzz désormais habituel du landerneau des popeux indés.

De l’enregistrement un peu étrange de ce qui était alors le second album, il ne restait plus grand chose sur before today 8e album du bonhomme enfin pourvu d’une diffusion française à  sa mesure (4AD/Beggars), et encore moins assurément sur mature themes.

Pourtant, si le groupe d’Ariel Marcus Rosenberg semble avoir réussi à  canaliser chaque fois plus son »hebris » créative, si le groupe a réussi à  synthétiser en mode pop l’énergie créative qui prévaut a l’ensemble de ses créations musicales, il reste quelque chose dans la démarche qui tient de la folie, sinon de l’auto sabotage fendard. Quelque chose en fait, de la »dégoulinade de bandes magnétiques » de the doldrums que oui, si en apparence mature themes évoque un opéra rock à  la Tommy de Who planqué sous la dégaine de pop songs façon début des années 70, et si de surcroît la bande se pique de réussir un nombre incalculables de mini tubes de poche intemporels… Il y a toujours un moment où Ariel Pink dérape.

Soniquement d’abord, quand les arrangements façon early seventies convoquent le psychédélisme modasse et choral. Ou quand le groupe mélange les sombres pensées de la new wave avec la dance à  synthé, minimaliste, comme ça sans avoir l’air d’y toucher. Tranquilou poupouille en grand écart entre les décennies et les genres sans que l’auditeur ne songe une seule fois à  trouver cela bizarre. Tout porté qu’il est l’auditeur, par ces arrangements étranges bruités a la bouche ou pour lesquels on a l’impression que le disque patine sévèrement… A moins que les choristes soient juste bourrés comme des coings.

Et que dire, quand le chanteur met toute sa candeur feinte, à  nous débiter l’histoire d’une nymphomane en sortie dans une discothèque ou nous narre sur un ton très rock une passion quotidienne dévorante pour le schnitzel.

La grande réussite de cette musique de bandes fondues orchestrée par un groupe de type fondus, amoureux des opéras rock et de la pop musique, est d’arriver à  faire converger cet ensemble gentiment barré, vers un disque pop maîtrisé, construit, en »drift contrôlé » comme dirait sans doute Sebastien Loeb s’il critiquait des albums rock. Mature themes s’avale d’une traite, se consomme sans modération un petit sourire coquin au coin des lèvres. Un des grands disques pop de la fin de 2012… Que je regrette de l’avoir critiqué si tardivement: vous l’auriez mis sous le sapin à  Noël, et dégusté entre la dinde et le LSD.

A découvrir absolument, si ce n’est déjà  fait.

Denis Verloes

Tracklist

Label: 4AD / Beggars/ Pias
Date de sortie: 27/08/2012

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La critique de The doldrums
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