Nos albums « coup de coeur » de 2014 à  mi-parcours

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On profite de l’accalmie estivale dans le flot des sorties d’albums pour faire le tour de la rédaction et demander quels sont les disques de chevet de chacun depuis le début de l’année 2014.
Les coups de coeur, les chouchous, les favoris, les trésors cachés, on vous dit tout !

– Franck Rousselot

Damien Jurado 2014

Damien Jurado – Brothers And Sisters Of The Eternal Son (Secretly Canadian / PIAS)
Vrai coup de coeur pour le dernier album de Damien Jurado. Aussi lumineux que mystérieux, un voyage folk rock psychédélique intemporel en terre américaine qui s’impose avec toute la singularité d’un OVNI magnétique. Chapeau l’artiste. deezer

Oddfellow.’s Casino – The Water Between Us (Microcultures)
Très belle réussite que le quatrième album des trop méconnus Oddfellow.’s Casino, romanesque et méditative plongée dans une Angleterre subaquatique rêvée. Le songwriter David Bramwell atteint même ici sa recherche du Graal pop. Plaisir immanquable. deezer

The NotwistClose To The Glass (City Slang / PIAS)
Retour attendu et plus que gagnant du gang de Markus Acher. Nos brillants allemands confirment haut la main la maîtrise de leur art électro pop. Une réjouissante galette entre krautrock robotique, power pop revitalisée et mélancolie synthétique. deezer

Gruff RhysAmerican Interior (Turnstile / Caroline Records / Polydor)
Et la palme du zinzin génial est attribué à  Gruff Rhys, ! Avec American Interior, le gallois chantant nous embarque pour un périple aussi dynamique que carrément fêlé. Amérindiens, gallois, soft rock seventies et électro pop azimutée, le voyage offert par l’hurluberlu est de ceux dont on se souviendra. deezer

Owen Pallett – In Conflict (Domino / Secret City Records)
Tissé entre électro et symphonique, le nouvel album d’Owen Pallett hisse le violoniste canadien sur les hauteurs de sommets pop éclairés d’une belle luminosité et pertinence mélodique. Ne passez pas à  côté de son meilleur disque à  ce jour. deezer

The Antlers Familiars (Transgressive Records / Pias Cooperative)
Moment de beauté radieuse avec ce cinquième album de The Antlers. La bande de Peter Silberman accueille l’auditeur pour une balade au climat ouaté et aux fenêtres larges ouvertes, bercée de slowcore langoureux et pop apaisée. Somptueux. deezer

The Go Find Brand New Love (Morr Music)
Bonheur secret de la saison, le Brand New Love du discret groupe belge résonne déjà  comme un futur classique indie. Rêverie trempée d’électro pop néo eighties, un délicat recueil entre ivresse des night-clubs fanés et sensibilité romantique au charme persistant. deezer

Eels The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett (E Works / PIAS Cooperative Music)
Mister Eels nous est revenu plus neurasthénique que jamais et c’est un vrai plaisir. Sur cet album aux airs de journal intime introspectif, Mark Everett soigne ses failles et ses manques par la grâce d’arrangements classiques stylés. Mélancolie et douceur qui soignent l’âme, : un des plus beaux disques du grand escogriffe américain. deezer

Wild Beasts. Present Tense (Domino Records)
La bande de Hayden Thorpe a eu raison de se replonger dans le bain synth pop eighties et renouveler l’inspiration de leur musique. Ce Present Tense tonifie avec bonheur la production des jeunes fauves anglais tout en confirmant la grâce de leur indie pop stylée et l’expressivité plus brute de leur deuxième chanteur Tom Fleming. Galop intense. deezer

Dominique DalcanHirundo (PIAS Le Label)
Retour inespéré de l’ami Dalcan, modèle d’artiste pop français, ce beau printemps japonais célèbre la renaissance de l’auteur de Cannibale. La lumineuse déclaration de vie d’un artiste revenu à  la vie, écrin électro pop entre euphorie et fêlures pudiquement évoquées. Une traversée des sentiments, aux hymnes pop solaires, reçue comme un vibrant appel à  la vie. deezer

Chad VanGaalenShrink Dust (Sub Pop Records)
Bien sûr le grand canadien dégingandé n’en est pas à  ses premiers pas. Mais avouons que ce cinquième album, brinquebalant et tombé du ciel, s’affirme comme l’occasion rêvée de plonger dans l’imaginaire biscornu du bonhomme, entre gentil monstre Tim Burtonien et spationaute folk lo-fi égaré. Étrange et séduisant livre d’images d’un outsider attachant pour pimenter votre été. deezer

Florent Marchet Bambi Galaxy (PIAS Le Label)
« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis »: on est donc soulagé, après une première écoute dubitative, d’avoir changé le nôtre à  propos du nouveau Florent Marchet. Son trip rétro-futuriste Bambi Galaxy gagne en punch et en séduction au fil des mois. Mélancolie spatiale, ironie inquiète, nostalgie seventies et introspection intimiste magnifiées par une production électro pop réussie confirment la place grandissante de Marchet sur la scène française. deezer

 

– Christophe Ciccoli

swans to be kind

Swans : to be kind
On saurait gré à  Michael Gira d’être aussi sympa quant à  la qualité des disques qu’il propose avec son groupe. Non seulement the seer était impressionnant mais là , avec to be kind, il propose juste un monument, absolument inattaquable. Album de l’année pour le moment.

Eliane Radigue : opus 17
la fausse nouveauté de l’année : compositions créées en 1970 pour un festival mais jamais éditées jusque là . C’est le label italien Alba marghen qui se décide à  les sortir en vinyle. Drone de 90 mns, épuré à  l’extrême, exigeant, opus 17 fascine et envoûte pour qui fera l’effort de rentrer dedans.

Michel Cloup Duo : minuit dans tes bras
Retour de l’ex-Diabologum au meilleur de sa forme avec un album, pardon un journal intime, simple, tendu, impressionnant de maîtrise et au final assez bouleversant.

Current 93 : I am the las t of all the field that fell
Tu aimes les poèmes épiques déclamés de façon théâtrale et joués avec sobriété au piano ??? Pour les amateurs, il faut savoir que David Tibet renoue avec la beauté et la profondeur d’un soft black stars, les autres passeront leur chemin.

Carla Bozulich : boy
Vous n’en pouvez plus d’attendre un nouvel album de Nick Cave à  la hauteur d’un tender prey ? Le rock vous emmerde et l’experimental ne vous fait pas peur ? Boy comblera toutes vos attentes et même au-delà  avec un adult-rock casse-gueule, inconfortable, fortement experimental et passionnant de bout en bout.

Birds Of Passage : this kindly slumber
Le nouvel album de la Néo-Zélandaise est, dans un style ambient/drone/dream pop, un incontournable de cette année. Délicat, fragile et fascinant il n’est pas sur que, dans ce genre, vous trouviez meilleur.

Kriegsmaschine : enemy of man
Dans son style, black metal, probablement un des meilleurs disque de l’année. Brutal, intense, noir dissonant et mélodique, même capable de subtilités, le groupe Polonais parvient à  malmener son auditoire pendant ,¾ d’heure sans être rébarbatif, pesant ou chiant et avec un crescendo final grandiose. Impressionnant.

Borhen & der Club Of Gore : piano nights
Le nouvel album des Allemands n’est probablement pas leur meilleur ( on n’atteint pas le niveau de  » black earth « ) mais il est suffisamment ample, consistant, lent et sombre pour faire partie des sommets de leur discographie.

The Soundcarriers : entropicalia
C’est gentil, frais, déjà  entendu ailleurs, ça ne mange pas de pain mais dans un style psyché/pop/60’s/flower power un tantinet pervers, c’est clairement du niveau d’un Broadcast ou Stereolab. Auquel s’ajoute un zest de Velvet Underground et de Can. A la réflexion, album bien plus consistant qu’il ne le laisse paraître.

– Roland Torres

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Lee Bannon – Alternate / Endings (Ninja Tune)
Lee Bannon rend un hommage férocement jouissif au genre, avec ses ambiances sombres et profondes où les basses pulsent avec frénésie sur le plexus appuyées par des gimmicks synthétiques accrocheurs…

Nochexxx – Thrusters (RAMP)
Nochexxx invite l’electronica et le glitch à  flirter avec l’acid version core, tutoyant les cimes de la perfection avec ses mélodies zébrées et déviantes…

Gesloten Cirkel – Submit X (Murder Capital)
Une musique sale et rugueuse, technologique et animale, en forme de BO pour dancefloor dévasté.

The Soft Pink Truth – Why Do The Heaten Rage? (Thrill Jockey)
Un album où le black metal se vêtit de queer…

Copeland – Because I.’m Worth It (Self-released)
Il y a du Leslie Winer chez Inga Copeland, de par l’utilisation de sonorités dub et par son approche nocturne de bout du monde, matiné de virages viscéraux à  la Actress…

Sd Laika – That.’s Harakiri (Tri Angle)
Un croisement d’experimental glitch core et de réminiscences dubstep lointaines, créant des structures métalliques écorchées et hantées, déformées à  coups de rythmiques torsadées et complexes.

Wen – Signals (Keysound Recordings)
Bande-son idéale pour images post-apocalyptiques.

Lucy – Churches Schools And Guns (Stroboscopic Artefacts)
Un opus aux nuances grises que l’on écoutera de l’autre coté du miroir, requiem à  la vie, ode à  la mort.

East India Youth – Total Strife Forever (Stolen Recordings / Pias)
East India Youth possède une faculté d’adaptation formidable, combinant à  volonté l’histoire de la musique comme bon lui semble.

Kerridge – A Fallen Empire (Downwards)
Un album de fin du monde où l’espoir n’est pas permis.


– Stéphane Monnot

aquaserge2014

Aquaserge – A l’Amitié
Inventivité, créativité et sacrée réussite.
Surtout n’aie pas peur du côté expérimental d’Aquaserge, les gaillardes et gaillards sont suffisamment habiles et intelligents, pour faire en sorte de te ramener à  eux dès qu’ils sentent que tu lâches prise. Tu flirtes avec le danger mais tu ne couches pas avec »tu frissonnes quoi !

Chevalrex – Catapulte
Premier album 100% home-made ou comment faire du grand avec les moyens du bord.
Beaucoup de bricolage, une belle écriture, des constructions en strates façon jardins suspendus de Babylone et au final une pop sombre, émouvante, gentiment grandiloquente. La classe !

Micah P. Hinson – Micah P. Hinson And The Nothing
Le cow-boy inc(l)assable !
Micah P. Hinson est un merveilleux songwriter, capable de te promener d’un registre à  l’autre en gardant son A.D.N. vierge de toute souillure. Il reste cet Icare des temps modernes dans sa quête du Sublime dont les ailes, d’un matériau bien plus résistant qu’autrefois, tiennent toujours le coup.

Owl – Two
Mélodiquement dissonant ou dissoniquement mélodique « rare.
Owls hulule, décrit des cercles concentriques au-dessus de ta tête de petit mulot et BING »jaillit, t.’agrippe toutes serres dehors. Owls c’est chouette !

Gontard ! – Rivoluzionari
Le secret le mieux gardé de la chanson française sort de sa cave pleine de machines et file au Garage !
Telecaster + Twinreverb, ou combo approchant, formule complète électrique, batterie tribale, écriture taillée dans le rock de plus en plus précise, alliance du gros-oeuvre et de la joaillerie, cinq morceaux de colère et d’émotion dont l’hallucinant  » Rivoluzionari « .


– Denis Zorgniotti

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Breton – war room stories (Cut Tooth / Believe Recordings)
Ils sont partout : de tous les festivals, de tous les habillages télés, preuve que Breton est devenu un groupe qui compte, presque un classique des années 2010. Dans un disque plus pop que le précédent (et donc plus accessible), les Anglais ne bradent pourtant pas l’inventivité et la virtuosité de leur musique. A la croisée des genres, leurs collages musicaux catchy,  savent même se montrer irrésistibles. Et après des mois d’écoute, mon envie d’écouter envy est toujours aussi intense. Deezer

Barzin – To live alone in a long summer (Monotreme record)
Osons l’image pâtissière. Le dernier album du Canadien, c’est un peu comme un Saint Honoré : le chou est parfaitement frais et croquant comme il faut, le caramel équilibré, la crême légère comme jamais et à  peine sucrée. Un dessert généreux qui fait chaud au coeur, parfait dans son genre, que l’on a mangé cent fois que l’on redécouvre avec délice. Rien à  ajouter. On n’est pas dans le dessert inventif mêlant saveur exotique, chocolat et senteur épicé mais on se régale comme jamais devant tant de maîtrise et de chaleur., Vive l’americana, vive Barzin. Deezer

Les Marquises – Pensée magique (ici d’ailleurs / Differ- ant)
Quelque part tout le contraire du précédent, excepté le talent. Prenant la tangente vis à  vis de son premier opus, Jean- Sébastien Nouveau propose un voyage dans des contrées hostiles. Ecouter Pensée magique, c’est comme entrer, tel Aguirre,,  dans une jungle luxuriante où l’on s’émerveille devant les couleurs de plumage d’un oiseau exotique mais où l’on sent la menace d’un jaguar. A moins que l’on ne contracte la fièvre qui rend fou…Grand disque d’explorateur. Deezer

Warpaint – warpaint (Rough Trade / Pias)
Avec son absence de titre, Warpaint semble repartir à  zéro. dans les faits, les Américaines franchissent un nouveau palier vers la grande oeuvre. Mi harpies, mi sirènes, Warpaint est parvenu à  moderniser les embruns cold wave et les vapeurs shoegazes, à  féminiser les voiles gothic dans un album envoutant et passionnant. Deezer

Matthieu Malon – Peut-être un jour (Monopsone / Differ-ant)
Quoi Benzinemag aurait oublié de parler du dernier album de Matthieu Malon ?,  Erreur réparée…Surtout connu sous le pseudo de Laudanum, l’Orléanais trouve en français un souffle nouveau. Et si Matthieu Malon rappelle parfois Bashung ou Gainsbourg, son background rock indé typiquement anglo-saxon (new wave, slowcore, électro, noise…) lui permet de ne pas devenir un ersatz de ces glorieuses références. Un disque riche et profond qui nous permet – grâce au français justement – de,  mieux entendre la voix douce et pourtant déterminée de Malon et de se focaliser sur des textes jamais en reste pour distiller des climats pessimistes mais émouvants. Oubliez Benjamin Biolay, essayez (et succombez à ) Matthieu Malon. Bandcamp

– Benoit Richard

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Charles-Eric Charrier – Petite Soeur (Gizeh Records)
Depuis la fin de Man, Charles-Eric Charrier n’a cessé de multiplier les projets, de composer des musiques plus ou moins expérimentales avec en point d’orgue le splendide Oldman paru en 2011. Trois ans après, Charles-Eric Charrier continue de nous surprendre, de nous régaler avec ses musiques du bout du monde et un nouvel album là  encore passionnant, aux frontières du post-rock, du jazz, de la musique africaine, de la musique contemporaine et du folk. Un disque pas facile, qui se mérite, mais qui vaut vraiment qu’on s’y intéresse.

Remember Remember – Forgetting The Present (Rock Action)
Entre prog-rock et post-rock, Remember Remember ne choisit pas. Pourtant, sans jamais tirer totalement vers l’un ou l’autre de ces deux styles, cette formation écossaise découverte pour ma part en 2011 avec »The Quickening » avance doucement mais sûrement vers un style très personnel, par moment pas très loin du post-rock de Chicago, et réussit avec cet album une belle alchimie avec 8 titres instrumentaux très denses, très riches, un album aux constructions alambiquées, mais juste ce qu’il faut pour nous captiver sans nous ennuyer.

Teleman – Breakfast (Moshi Moshi)
Des intonations dans la voix qui rappellent par moment celles de Franck Black, des mélodies aussi belles et touchantes que celles de Belle & Sebastien »Il ne faudra pas plus de deux écoutes pour succomber à  la beauté des pop-songs simples et merveilleuses de Teleman. Ces anglais de Reading ont vraiment tout pour plaire et leur album est un véritable enchantement, une galette d’indie-pop légère et sucrée comme on en rencontre trop peu dans une année. Un disque facile à  écouter aux sonorités un peu cheap mais plein de charme.

, Jungle – Jungle (XL Recordings)
Si l’album rock de l’été est sans conteste celui des Rival Sons, l’album pop de l’été pourrait bien être celui du combo londonien Jungle. Avec un sens inné du groove, ce duo délivre un album à  la fois festif, sensuel et dansant, tout en étant très soigné et propice à  l’écoute au calme. Mêlant des influences et des sonorités funk, soul modernes (James Blake ») voire carrément 70’s (Bee Gees, Temptations ») à  des rythmes baggy comme on n’en avait plus entendus depuis les Stereo Mc’s et le premier Lp de Massive Attack, »Jungle » est incontestablement la petite perle de la saison.

Tommy Guerrero – No Man’s Land (Grand Palais)
Désormais quasi vétéran de la scène de San Francisco, Tommy Guerrero continue de nous envoyer à  un rythme régulier de ses nouvelles à  travers des albums abstract hip hop pépères mais toujours de belle facture.,  Ce dernier est teinté de soul, de jazz, de musique latino bien épicée qui lui donne des allures de BO de musique de film façon »western mexicain » ou de série type »Breaking Bad » ou »Eastbound & Down » (pour les connaisseurs). Un régal !

Rival Sons – Great Western Valkyrie (Earache Records)
On n’ose même pas imaginer la furie qu’auraient déclenchée ce groupe si cet album était sorti dans les années 70. Mais voilà « Great Western Valkyrie » est bel et bien de 2014 et ne changera en rien l’histoire du rock. Mais il n’empêche que si l’on fait abstraction des références et des gimmciks qui débordent du premier album de ce combo californien, on pourra apprécier la puissance des rocks-songs de Rival Sons et prendre un pied terrible à  l’écoute de la plupart de ces morceaux aux allures de singles imparables.

Sébastien Tellier,  L’Aventura (Record Makers)
D’abord circonspect, voire déçu après deux écoutes sans doute trop rapides, L’aventura s’est finalement,  révélé à  moi comme étant un disque brillant, lumineux, bucolique et charnel renvoyant une multitude d’images, de cartes postales jaunies par le temps, de souvenirs plus ou moins fantasmés mais qui touchent à  chaque fois au coeur.

Franck Monnet – Waimarama (Tôt ou tard)
« Un anorak pour deux »Un anorak pour deux »pas besoin d’utiliser les manches » » Voici le genre de ritournelle que l’on a très vite en tête et que l’on a envie de chanter toute la journée sitôt après l’avoir écoutée. Accompagné de Pauline Croze et de Camélia Jordana ce chanteur exilé en en Nouvelle-Zélande nous réjouit avec cet album drôle, touchant et qui, par ses mélodies, par ses textes, rappelle immédiatement l’univers de l’incomparable Emily Loizeau. Une des plus belles réussites en matière de chanson pour cette année 2014.

Denis Verloes

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Coming soon – Tiger meets lion
Les Français tournent un peu plus encore le dos à  la folk de leurs débuts pour réunir dans un jouissif album pop des influences aussi variées que le rock garage et la Funk FM. Sans doute l’album le plus jouissif et néanmoins mésestimé de ce début d’année. Youtube

Breton – War room Stories
Breton c’était pour moi un sacré groupe impressionniste capable de rapidement planter des atmosphères bruitistes faisant feu de tout bois technologique ou instrumental pour percuter les oreilles et y laisser une trace durable. L’objectif reste le même sur ce second album, plus reserré formellement sur un format pop qui lui convient finalement assez bien.

Fauve – Vieux frères part 1
Suite à  quelques EP bien distillés et un joli buzz savamment orchestré, les Parisiens sont arrivés au statut de groupe événement dès avant la sortie du premier vrai disque. On peut les traiter de peigne-culs parigauds, de petits bourgeois blancs, reste que dans l’écriture et dans la forme mélange de rock et de slam, ils apportent un nouveau genre spoken rock dans l »hexagone comme on en avait plus entendu dans l’hexagone depuis Diabologum, à  qui du coup on les compare un peu exagérément.

Franck Monnet – Waimarama
Jadis »star montante » de la Nouvelle chanson française Monnet, par amour, emmène sa petite famille vivre au pays du Seigneur des anneaux. Ses histoires simples et belles, ses phrases justes, y gagnent une musicalité évidente, et une science de l’arrangement en petites touches qui font de Waimarama un album majeur, en mode mineur.

Florent Marchet – Bambi Galaxy
Album concept pour le natif de Gargilesse qui plonge sa plume et ses références dans tout ce que le cinéma, la musique et la littérature a pu nourrir comme mythes autour des Visiteurs, des voyages spatiaux et de l’immensité de l’univers. Ca aurait pu donner un album un peu tarte. Marchet à  le bon goût de garder une certaine unité sonore qui emprunte beaucoup à  la mode des synthés de la toute fin des 70 et du début des 80″s pour un album »zarbi » riche de son écriture ciselée. youtube

Marc Desse – Nuit Noire
Nouvelle veine musicale pour le »revivalisme » à  la française. Une tranchée creusée quelque part sur la carte entre Daniel Darc, les jeunes gens modernes, et la guitare de Johnny Marr. Nerveux, énergique, et touchant pour les quelques faiblesses que j’y perçois encore. Mais du vrai rock anglais en France, quand même ça fait du bien. youtube

Mogwai – Rave tapes
Depuis 1994 par là , les Ecossais publient régulièrement de leurs nouvelles. Et je ne suis jamais déçu. Parfois juste un poil moins enthousiasmé de leurs évolutions ou de leurs approfondissement d’un même filon. Rave Tapes a ceci de plus qu’il concentre deux histoires personnelles du groupe. Celui du rock de nappes de guitare qui l’a fait connaître et de bidouilles plus électroniques dans lesquelles ils se sont un temps embarqué. La réunion des deux lignes de conduite donne un album qui retrouve la percussion pertinente des débuts… 20 ans plus tard. youtube

The Notwist – Close to the glass
Autre fleuron des nineties qui retrouve le juste mix entre électronique et rock qui l’avait fait connaître. Les Allemands sont de retour avec ce qui aurait pu être leur second album juste après Neon golden. Ce juste équilibre entre l’électronique et le rock, entre l’énergie rock et la pop. Parfait album. Merci. youtube

Mustang – Ecran total
La petite troupe derrière Jean Felzine est toujours à  la recherche d’un succès large et indiscutable. Ecran Total du coup surprend, parce que le groupe essaie de s’affranchir plus encore de l’étiquette »Neo-Rockab' » qui lui colle un peu comme une étiquette de pantalon Zara. Plus sale, plus incisif, plus punk en fait, Ecran total s’installe au bout de plusieurs écoutes puis ne quitte plus le canapé, les chaussures sur la table basse. youtube

Damon Albarn -Everyday robots
L’homme des multi projets sort ce qui est en réalité son second projet en son nom propre depuis Mali Music. Disque intime s’il en est, le quarantenaire revient sur les névroses, les tics et heurts de la vie moderne. Comme un exact contreproint du Great Escape de Blur il y a presque 20 ans. Sa version adulte. Assurément. Youtube

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