Cerrone, Disco et plus minimal que jamais sur son dernier album DNA

Toujours préoccupé par l’avenir de notre Planète, Marc Cerrone revient avec un album à la fois ample et minimaliste où il explore comme jamais les sonorités electro techno d’hier et d’aujourd’hui. Brillant !

Marc Cerrone
© Thierry Le Gouès

Après avoir connu son heure de gloire au milieu des années 70, en pleine période disco, durant laquelle il fut l’un de nos plus valeureux représentants Made in France avec son tube interplanétaire Supernature, Marc Cerrone est retombé ensuite dans un certain anonymat, sans pour autant arrêter de sortir des albums ou des BO de films aux sonorités électroniques de son époque, avec souvent quelques collaborations par-ci par-là jamais inintéressantes. Au début des années 2000, il connait une forme de retour grâce avec l’avènement de la scène House French Touch, dont certains représentants le citent comme une influence importante. Bob Sinclar travaillera même avec lui sur l’album Cerrone by Sinclar en 2000, offrant ainsi un nouvel éclairage sur son travail à la jeune génération.

cerrone dnaSon dernier album en date, Red Lips, paru en 2016 était plutôt orienté disco funk soul avec beaucoup de featurings et avec notamment la participation de Aloe Blacc sur le titre C’est bon. Quatre ans plus tard, le voilà de retour avec une production très différentes, intitulée DNA, assez orientée techno, minimale, électro.
Un changement de registre pas si étonnant que cela au regard de la discographie du pape la Disco française qui, à chaque nouvel album, a souvent pris le contre-pied du précédent. C’est donc encore le cas ici avec DNA. Un album rétro-futuriste dans lequel on pourra entendre un fragment du discours de la primatologue et ethnologue Jane Goodall sur The Impact : « Chaque jour nous impactons la Terre. Nous n’avons pas hérité cette planète de nos ancêtres, nous l’avons empruntée à nos enfants. Si nous nous y mettons tous ensemble, alors nous pourrons commencer à guérir certaines des cicatrices que nous avons infligées ».

Côté musique, les sonorités et les mélodies évoqueront autant Jean-Michel Jarre que Kraftwerk et autres pionniers allemands années 70 (DNA, I’ve Got a rocket), mais également celles des figures de l’électro des années 2000 que sont par exemple Vitalic ou Miss Kittin & The Hacker
On pensera aussi à  John Carpenter dans ses dernières productions, quand les guitares électriques se mélangent aux claviers (Resolution, Prediction), apportant ainsi à la musique de Cerrone une dimension cinématographique ‘dark » très réussie.

Avec toujours en fil rouge cette touche Space Disco si caractéristique, Cerrone délivre avec ce DNA un disque à la fois moderne et vintage, ample et minimaliste, et en tout cas terriblement accrocheur.
Nul doute que du haut de ses 68 ans, le producteur culte n’a pas encore dit son dernier mot et que son prochain album devrait encore nous surprendre.

Benoit RICHARD

Cerrone – DNA
Malligator préférence / because Music
Date de sortie  : 7 février 2020

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