[Live Report] Howard et No Money Kids en soirée Take Me (A)out

Alors que la pandémie se poursuit sans faiblir, et que tous les concerts encore prévus pour le dernier trimestre de cette triste année 2020 sont annulés les uns après les autres, comment ne pas être infiniment reconnaissants vis-à-vis des équipes du Supersonic et du Trabendo qui jouent les prolongations en septembre ? Et nous permettent de découvrir un groupe aussi généreux que Howard ?

Howard (Terrasse du Trabendo le 09/09/2020) - Photo : Robert Gil
Howard (Terrasse du Trabendo le 09/09/2020) – Photo : Robert Gil

Voilà peut-être les dernières occasions que nous ayons, avant ce long hiver musical qui s’annonce, de vibrer dans un concert debout de taille moyenne… Ce soir, nous sommes venus voir et écouter No Money Kids, duo blues rock à l’excellente réputation, mais – et c’est là la beauté du live – nous repartirons plutôt convaincus par la prestation de Howard, en première partie…

Howard Terrasse du TrabendoLa même fougue et la même foi que dans les années 70…

20h30 : Howard est donc un trio parisien qui déclare faire du Fuzz Rock – quoi que ce soit que cela signifie, si ce n’est leur usage immodéré (et on aime ça !) de la distorsion et du fuzz -, que l’on trouve sur MusicBrainz.org étiqueté comme groupe stoner, et qui, à notre humble avis, joue surtout du Rock 70’s avec la même fougue et la même foi que les meilleurs groupes de cette époque (…qu’on a tendance à trouver de plus en plus “bénie”, par rapport à la nôtre…).

Howard attaque son set avec une puissance dévastatrice – et là, le qualificatif est parfaitement approprié – et avec Quicklime, morceau étendard de leur dernier album, “Obstacle”, sorti deux jours avant le confinement (« on a eu le nez creux », plaisante JM, mi-figue, mi-raisin). Le son est, comme toujours sur la Terrasse du Trabendo, excellent mais surtout très fort, bien comme il faut. Vient ensuite Make Up Your Mind, avec sa mélodie évidente et sa rythmique irrésistible. Un très beau début de concert…

Bien entendu, la présence scénique de l’impressionnant JM et son chant lyrique frappent d’emblée, mais, sans vouloir vexer les deux autres membres du groupe, c’est rapidement vers Raphaël, responsable des claviers, que notre attention s’oriente… Raphaël est aux commandes de divers instruments, du plus classique – le bon vieil orgue, comme au temps de Doors – au plus original – le thérémine, que Raphaël manie (et c’est là le bon terme, puisque le contrôle de cette “scie musicale” électronique se fait par le mouvement des mains dans l’air) avec une habileté peu commune. Et disons-le tout net, cette prépondérance des claviers dans la musique fait la singularité de Howard, et ajoute une belle excitation par rapport aux riffs de guitare agressifs et aux roulements d’une batterie que l’on qualifiera, sans crainte des clichés, de tellurique.

Vigueur et force émotionnelle

Durant le confinement, de nouvelles chansons sont nées, que le groupe interprète donc pour la première fois en public, et il peut en être fier, puisque ces nouvelles compositions impressionnent d’emblée. Nous nous souviendrons d’un déluge épique (et assourdissant !) déchaîné par les claviers, nous vrillant littéralement le cerveau, sur l’un de ces nouveaux morceaux.

Le chant de JM impressionne par sa vigueur, mais aussi par sa force émotionnelle, qui ravive justement ces doux souvenirs du Rock des seventies, beaucoup plus intense, et sans doute plus innocent que la majorité de la musique actuelle (à un moment, difficile de ne pas penser à Steppenwolf, par exemple, c’est dire à quel niveau joue Howard !). Le set se termine au bout de 45 courtes minutes, par Evil, un classique extrait de leur premier EP, qui a en effet quelques connotations stoner bien plaisantes.

Encore un excellent groupe français à suivre !

 

No Money Kids (Terrasse du Trabendo _ 09/09/2020) - Photo : Robert Gil
No Money Kids (Terrasse du Trabendo _ 09/09/2020) – Photo : Robert Gil

Le coup de la panne…

21h45 : Après le long exercice de l’installation du matériel, conséquent, de No Money Kids – y compris un néon rose du plus bel effet au fond de la scène -, Félix et JM attaquent leur set. La première chanson, très accrocheuse, rappelle immédiatement le style, et même le son de guitare des Black Keys… ce qui n’est pas une mauvaise référence, loin de là, mais gêne quand même un peu. Heureusement, l’idée, assez magistrale des No Money Kids, est de mêler ce blues (indie) rock à des sonorités électro plus contemporaines : assez rapidement, le duo nous offre des montées en tension vraiment intéressantes, qui laissent bien présager de la suite. De plus, Félix chante particulièrement bien, avec la voix légèrement soul qu’il faut pour animer cette musique un tantinet…mécanique.

No Money Kids (Terrasse du Trabendo _ 09/09/2020) - Photo : Robert GilMalheureusement, au bout de 15 minutes, gros problème technique, la batterie préenregistrée rendant l’âme. Il faudra de longues minutes pour réparer, et, indiscutablement, le set ne s’en relèvera pas. Quelque chose s’est décroché, et le public danse gentiment sur les rythmiques blues-soul, sans que l’excitation ne monte vraiment. Et puis, peut-être que la générosité, l’enthousiasme de Howard nous ont trop convaincus pour que la musique, qui semble en comparaison plus calculée, plus policée de No Mone Kids nous enthousiasme ce soir.

Malgré deux rappels qui concluront un set d’une heure finalement assez longuet, malgré une paire de mélodies accrocheuses parmi les chansons finales, il n’y aura pas de vraie rencontre ce soir entre No Money Kids et son public… Nous quitterons la Terrasse du Trabendo un peu déçus… et préférant plutôt nous souvenir de la prestation prometteuse de Howard.

Texte : Eric Debarnot
Photos : Robert Gil

Les musiciens de Howard sur scène :
JM – chant, guitare
Tom – batterie
Raphaël – claviers, thérémine

La setlist du concert de Howard :
Quicklime (Obstacle – 2020)
Make Up Your Mind (Obstacle – 2020)
Gone (Obstacle – 2020)
I Hear a Sound
Telescope
Seeds of Love
The Path (Obstacle – 2020)
Evil (Howard I EP – 2018)

Les musiciens de No Money Kids sur scène :
Félix Kazablanca : chant, guitare
JM Pelatan : claviers, samples, basse

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