Rencontre avec Guts, Degiheugi et Bruno ”Patchworks” Hovart (2e partie)

Suite de notre entretien en deux parties avec trois producteurs et musiciens français originaux, généreux et enthousiastes que sont Degiheugi, Guts et Bruno ”Patchworks” Hovart.

rencontre avec Guts, Degiheugi et Bruno ''Patchworks'' Hovart

BENZINE : Comment trouvez-vous un équilibre entre faire de la musique dans l’ère du temps tout en continuant  à faire votre ‘’truc’’ pour creuser un sillon musical singulier qui vous est propre et bien sûr conserver une certaine fraicheur créative pour être toujours en alerte.

BH : Je me fous pas mal de l’air du temps. Tout ce qui est tendance a vocation à ne plus l’être. J’aime bien être en décalage par rapport à la musique du moment. J’ai sorti Uptown Funk Empire en 2009, la pire année pour le disco, et parce que j’étais le seul, j’ai réussi à être “repéré”. Résultat : le disque est encore écouté et jouer plus de dix ans après. Je ne crois pas en la mode, au suivisme. Il y a plus d’influences intéressantes dans les cinquante dernières années que dans les six derniers mois ; cela paraît évident, mais je crois qu’il est toujours bon de se le rappeler !

Degiheugi : Je ne crois pas faire de la musique dans l’ère du temps. Je fais mon truc. Voila. Je n’ai justement pas forcément envie de faire un truc marqué dans le temps, mais plutôt de faire de la musique que tu pourras réécouter dans 10 ou 20 ans.

Guts : La curiosité obsédante, la passion dévorante et la remise en question permanente.

 

BENZINE : A ce moment de votre carrière, la reconnaissance du public et de vos pairs est-elle un moteur pour continuer a avancer dans des nouveaux projets ou avez-vous passé le cap, l’expérience aidant à ce niveau ?

BH : J’ai eu besoin de cela comme moteur, et il est vrai que je m’en cogne de plus en plus. Comme mentionné plus haut, la question de reconnaissance du public dans un monde d’image et de réseaux sociaux est vraiment dangereuse. Je me préserve de tout ça. Cela ne m’empêche pas d’apprécier des feedbacks de type “j’ai été touché par ton morceau”, alors que “c’est super balaise ce que tu fais” a plutôt tendance à m’agacer. Nous, les musiciens ne sommes pas là pour impressionner, mais pour émouvoir.

Degiheugi : Évidemment c’est un moteur ou disons que c’est l’huile dans le moteur, le jour où la reconnaissance du public ou de tes pairs ne te provoque aucune émotion, je pense qu’il faut arrêter. Par contre, ne plus l’avoir ne m’empêchera de faire de la musique, car je ne peux pas vivre sans musique mais peut-être que ce jour-là, j’en ferais juste pour moi, sans la diffuser.

Guts : Même si je reconnais que la reconnaissance du public et de mes pairs sont gratifiantes, le moteur, c’est ce qui donne un sens à ma vie et c’est mon monde intérieur, le besoin de m’exprimer, exprimer mes fantasmes, mes illusions, mes fragilités, mes vulnérabilités, mes sentiments, mes émotions,  mon amour et mes douleurs… Je n’ai jamais cherché à toucher le plus grand monde, je cherche à me toucher moi et si ça touche l’autre, tant mieux… J’ai cette chance de pouvoir toucher un certain nombre de personnes. Je préfère émouvoir une personne qu’ennuyer 1000 personnes.

 

BENZINE : Vos plus belles émotions en tant qu’artiste solo ou dans un groupe ?

BH : Jouer pour la clôture de la fête de l’Huma, alors que vingt ans plus tôt, dans la foule cela m’aurait paru impensable. Apprendre que Moodymann a joué un de mes titres la veille, alors que le titre en question était un hommage à sa musique. En gros, lorsque ma démarche est validée par des gens dont j’admire le travail (tels que Archie Shepp), et bien, je suis touché!

Degiheugi : Je pense au concert que j’ai fait au Foin de la rue où le festival m’avait donnée carte blanche sur la programmation de la soirée sur la seconde scène. J’ai invité les artistes avec qui j’ai grandi musicalement et que je respecte, on a clôturé la soirée en faisant un concert tous ensemble. Ça a été pour moi la soirée la plus stressante pour l’organisation mais aussi la soirée la plus chargé en émotions positives lors de chaque concert… Le public était là, les artistes aussi, soudés, ensemble. Les images resteront à jamais en mémoire.

Guts : Même si le succès en solo peut paraître plus salutaire et même si j’aurais tendance à me cacher au sein d’un groupe, mes plus belles émotions ont été en groupe, unir nos énergies, communier nos créativités, nos forces, construire et grandir ensemble et toucher nos cœurs et nos rêves m’ont procuré mes plus belles émotions.

BENZINE : Vous semblez tous de sacres diggers de vinyles. Les vinyles sont-ils encore une passion quand tout est pratiquement disponible en un seul clic sur n’importe quelle plateforme de streaming? 

BH : C’est encore une question de temporalité. Je suis assez peu fétichiste, mais je constate que les formats numériques me font trop zapper. Le format vinyle me permet de conserver longtemps quelque chose que j’ai aimé, et j’aime ça. Après, je ne suis pas vraiment un digger et je préfère consacrer temps et argent à améliorer le studio (achat d’instruments et de micros).

Degiheugi.: J’achète des vinyles depuis que j’ai 15 ou 16 ans. J’aime l’objet, j’aime me poser dans un fauteuil et ne rien faire d’autre que d’écouter un album du début à la fin, en prenant le temps de scruter la pochette, de tourner les faces… Je ne te cache pas que j’aime la facilité des plateformes de streaming pour découvrir des choses, mais quand je découvre quelque chose qui me plait, que ce soit pour sampler ou non, je vais rapidement voir si je peux trouver le vinyle.

Guts : Eh bien figure toi, si on prend tous la production analogique (vinyle) depuis ses débuts, on est encore très loin de pouvoir tout retrouver sur les plateformes de streaming. Donc les vinyles restent chez moi une passion, voire même une addiction. De plus, le son analogique est totalement différent de celui des plateformes de streaming qui est totalement aseptisé, ultra compressé avec très peu de dynamique, de relief, de vie et d’air.

BENZINE : Sur des albums comme ‘’Hip Hop After All ‘’(Guts), ‘’Vertigo’’, ‘’Bagatelle’’ et ‘’Endless Smile’’ (Degheugi) et les albums éponymes ‘’Da Break’’ et ‘’Let it shine’’, on retrouve du vrai hip hop à base de samples, de mélodies, des super instrus, des références au jazz, au cinéma, des bons flows et des featurings originaux. Continuez-vous à utiliser des samples de vinyles que vous diggez quand le clearing s’avère malheureusement de plus en plus compliqué ?

BH : Et bien, je pratique principalement l’auto-sampling, ce qui ne pose aucun problème de clearing !  Si je veux pomper un plan sur un disque, je rejoue tous les instruments, et en général, je dévie pendant l’exercice, et par conséquent, ce n’est plus du sampling.

 

Degiheugi : Malheureusement comme tu dis, le clearing est de plus en plus compliqué. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi depuis 30 ou 40 ans que cette pratique existe, les majors et éditeurs n’ont pas trouvé des moyens pour simplifier ça. Tout le monde y serait gagnant. Je pense que chacun des beatmakers que je connais serait ravi de pouvoir faire ça dans les règles de manière simple. Mais c’est un parcours du combattant. Même de gros labels sont réticents à l’idée de se lancer dans cette aventure de clearance. Moi je ne sais composer qu’à partir de samples. Je ne sais pas lire une partition, et je ne sais jouer pratiquement d’aucun instrument. Peut-être un jour aurais-je la maturité musicale pour faire ce que fait actuellement Guts, faire des castings parfaits et savoir diriger les musiciens pour arriver au résultat que je souhaite, je suis assez admiratif de ça, de cette barrière qu’il a su franchir.

Guts : Oui, je continue à utiliser des samples de vinyles, c’est la base de ma créativité et de mon inspiration. Le ” Clearing ” n’est pas forcément plus compliqué aujourd’hui, on trouve les ayants droits grâce aux réseaux sociaux, c’est juste que les moyens contractuels et financiers des labels sont moins importants qu’avant et que les ayants droits sont de plus en plus gourmands.

BENZINE : Que pensez-vous de la nouvelle scène jazz-afro grooves anglaise (notamment Ezra collective, Nubya Garcia, Moses Boyd, Matthew Halsall, Greg Foat, etc…) devenue depuis quelques années très inspirante et excitante avec des albums vraiment originaux en mode crossover de styles, d’influences et de musiciens ?

BH : Cela dépend vraiment de la qualité de l’enregistrement. Parfois cela manque de chaleur, et cela m’ennuie. Parfois, j’y trouve vraiment mon compte. Sur scène, c’est souvent un grand plaisir de les écouter ! J’ai par exemple adoré Joe-Armon Jones, le pianiste de Nubya Garcia.

 

Degiheugi : Je pense que c’est ça aussi la richesse de la musique. Pouvoir mélanger des styles, des influences différentes, pour donner un patchwork original et souvent surprenant. C’est tellement rassurant de voir qu’il reste beaucoup de groupes qui sortent du moule des standards actuels pour proposer quelque chose d’autre, et surtout de qualité. Je trouve ça rassurant.

Guts : Oui je te confirme, je suis aussi très captivé par cette nouvelle scène UK, elle est puissante, fleurissante et inspirante. L’album de STR4TA (Gilles Peterson et Jean Paul Maunick en mode Brit-Funk) est excellent, Kokoroko est d’une élégance absolue, j’aime beaucoup aussi le monde de Shabaka Hutchings avec les projets Sons Of Kemet, The Comet Is Coming ou encore Shabaka & The Ancestors. J’aime beaucoup aussi le pianiste Alfa Mist, le chanteur Tom Misch et le batteur Yussef Dayes

STR4TA – Aspects : le son Brit-Funk revisité par Gilles Peterson et Bluey

BENZINE : A quand de belles collaborations franco-british ? La France n’étant pas en reste, les productions de vos labels Favorite Recording, Hevently Sweetness favorisent et participent au renouveau de la scène jazz-funk-afro-groove en France (dans 80’s, les pionniers s’appelaient Black White & Co avec SidneyDee NastyMarco Prince (FFF), Juan Rozoff, Human Spirit Band et  la Malka Family).

BH : Je collabore avec ces deux labels, mais je trouve en France beaucoup d’artistes passionnants. Je n’ai pas le réflexe d’aller chercher en Angleterre, même si je n’ai rien contre cette idée !

Guts : Belle  rétrospective 80’s des acteurs principaux de cette époque en matière de groove ! Eh bien figure-toi que j’ai déjà un pied dans le game UK puisque je réalise actuellement l’album de K.O.G , un artiste anglais originaire du Ghana signé sur mon label Heavenly Sweetness, un album composé par Tom Excell, le cerveau du groupe Nubiyan Twist. Et je te rappelle que sur mon label, nous avons l’artiste Anthony Joseph, un artiste anglais originaire de Trinidad (nouvel album: The rich are only defeated when running for their lives).

BENZINE : On trouve sur chacun de vos albums des collaborations très réussies, parfois prestigieuses et très souvent originales. Dites-nous en un peu plus sur le choix de vos collaborations lorsque vous commencer la conception d’un nouveau projet ? 

BH : Les featurings ou collaborations ne sont jamais choisis pour leur notoriété. Généralement, ce sont des gens de passage à Lyon, ou des amis du quartier. C’est toujours très fluide et spontané. Je ne suis pas un grand stratège et je n’ai pas du tout envie de le devenir.

Degiheugi : Souvent quand je commence un titre, je me dis assez vite “tiens je verrais bien lui dessus”. Il y’a une chose primordiale, c’est que je ne veux jamais faire de featuring sans que l’artiste soit totalement convaincu parce que l’on a fait. Si on a un doute, on ne le sort pas. Je veux aussi qu’humainement le courant passe, même si parfois tout se fait à distance, je veux qu’on soit dans un délire de « on le fait parce que ça nous fait plaisir ». Alors je propose à l’artiste le son, si ça lui plait, on le tente, sinon on se dit « une prochaine fois ». Sur mon nouvel album, j’ai un titre avec Hugo Kant (Final round), ça fait deux ou trois fois qu’on essaye d’en faire un ensemble et cette fois-ci le morceau est génial !

Guts : Mes choix de collaboration ne sont jamais définis avant la composition de l’album. Ce sont les musiques, leurs grooves, leurs couleurs qui me guident et me dirigent vers des idées de collaborations. Quand je fais de la recherche musicale (digging), je cherche à découvrir aussi des artistes obscurs et j’aime l’idée de varier les collaborations entre artistes confirmés et artistes obscurs. J’aime l’idée de collaborer avec des artistes qui n’ont jamais collaboré avec des artistes français et j’aime me surprendre sur des idées improbables comme faire chanter le grand trompettiste new yorkais Leon Thomas sur le titre Man Funk.

BENZINE : Pour se démarquer et faire vivre un album le plus longtemps possible, la pochette d’un album se doit d’être originale visuellement parlant, une pochette d’album est-elle aussi pour vous un lieu d’expression comme un jeu de miroir entre le visuel de la pochette et la musique que l’on va écouter pour peut-être prolonger un peu le mystère d’un album et provoquer un certain questionnement ?

BH : Je me détache de plus en plus de ces questions-là. J’aime bien lorsque les labels me proposent des directions et que je les valide. Parfois, j’ai un flash, comme sur Taggy Matcher, dont la pochette est une photo du dos de la chemise d’un percussionniste (rires).

Degiheugi. : C’est depuis l’album Endless Smile que j’y porte une réelle attention. C’est d’ailleurs Guts qui, une fois, m’avait contacté en me disant « ta musique est cool, par contre tes pochettes sont moches » (rires)… je ne sais même pas s’il s’en souvient. J’ai compris à ce moment-là que mes pochettes devaient plus refléter mon univers. Je me suis donc mis à chercher longuement un artiste dans lequel je me retrouvais. J’ai mis des mois à trouver, en vacances, je suis tombé sur une fresque murale de Dulk, un artiste catalan. Je me suis dit « c’est lui » Je l’ai contacté. Nous sommes maintenant à notre quatrième collaboration. C’est quelqu’un d’adorable mais surtout extrêmement talentueux qui sait capter l’âme de l’album. La pochette du nouvel album est complètement folle.

Guts : Totalement, c’est un jeu d’expression et c’est souvent le premier rapport que nous avons avec un album chez un disquaire par exemple. Je ne te cache pas que j’ai déjà acheté un vinyle juste pour l’attirance que j’avais pour la pochette. Encore pire, j’ai déjà acheté un disque sachant que le contenu n’était pas incroyable mais que la pochette me touchait. Pour revenir à mon univers artistique, la pochette et les visuels en règle générale sont très importants. Je n’aime pas me mettre en lumière ou me mettre en avant, ma musique suffit à elle même mais j’aime raconter une histoire en image. J’ai donc contacté à l’époque l’artiste Mambo pour former un fidèle binôme Musique – Image. Mambo vient du Street Art et ça fait complètement écho et sens à notre culture Hip Hop. Il a donc créé un univers en totale corrélation avec la musique et ma personnalité . Aujourd’hui, je suis très fier et très heureux de la collaboration avec Mambo et du résultat global.

BENZINE : Quelles sont les pochettes d’albums qui vous ont le plus influencées?  

BH : Influencé, vraiment, j’ai du mal à répondre à cette question. J’adore le graphisme, mais je ne crois pas être influencé. Nino and Radiah, de Nico Ferrer, qui très jeune m’a fait “grandir” googlelisez, vous comprendrez…

Degiheugi : Je ne sais pas si elles m’ont influencé, mais en tout cas marquée : The Moody BluesA Question of Balance, Orchestral Manœuvres in the DarkCrush, YesFragile, Anderson PaakMalibu, Pink FloydAnimals. Le premier album Snoop Dogg, IAM L’ecole du micro d’argent. Il y’en a beaucoup… je m’arrête là !

Guts : A l’époque, j’ai beaucoup aimé les pochettes de Ernie Barnes, en autre celle de Marvin Gaye – I want you, celle de Curtis MayfieldSomething to Believe in ” et celle de The CrusadersGhetto Blaster ” Puis avec l’arrivée du Hip Hop, la pochette du premier album de De la Soul3 Feet High And Rising est mythique pour moi, celle de A Tribe Called QuestThe Low End Theory est certainement ma préférée, celle de Midnight Marauders est juste superbe et pour finir la pochette du premier album de The Pharcyde Bizarre Ride II The Pharcyde est juste  incroyable.

BENZINE : Quels sont pour vous les nouveaux artistes ou icônes qui incarnent vraiment les combats sociétaux actuels (Black Lives matters, Meetoo, etc) ?

BH : J’aime l’idée de justice et de convergence des luttes, mais je n’ai pas beaucoup de mentors. C’est pourquoi, je me sens concerné par Black Lives matters et par Mee too, dans le cadre bien plus large d’un souhait de justice. J’aime l’approche de feu Bernard Stiegler, de Christiane Taubira. Concernant les questions sociétales, je me tourne plus vers les penseurs que vers les artistes.

Degiheugi : Malheureusement, en France, je trouve que les artistes prennent moins position maintenant qu’à une certaine époque. Et ceux qui le font sont souvent dorénavant sous-exposés. Il est plus simple de parler de réussite, de putes, de bagnoles de luxes ou de drogues. Certains l’évoquent, en parle dans certains titres, mais qui les incarnent vraiment de manière claire et qui médiatiquement ont un certains poids, je ne vois pas. Mais je n’ai pas la prétention d’avoir tout écouté et tout connaitre.

Guts : Je vais sécher sur cette question, non pas que je ne sois pas sensible à ces causes mais on sort de la dimension artistique, tous les artistes sont des activistes à des degrés différents.

BENZINE : Selon vous, sur quoi pourraient danser nos enfants dans dix ou 20 ans ?

BH.: Je n’en sais rien, et je préfère ne pas savoir (rires). Cela étant, je pense que la Cumbia et James Brown seront toujours efficaces dans vingt ans pour faire remuer les fessiers. Peu importe, à vrai dire, “qu’importe le flacon…..”.

Degiheugi : J’en sais rien, des nouveaux styles se créé tellement vite. Surement un truc ou je dirais « ce n’est pas de la musique ça ! » comme nos parents l’ont fait !  J’espère juste qu’ils sauront encore apprécier et danser sur un bon morceau de funk ou d’afrobeat.

Guts : Déjà, j’espère qu’ils auront toute la liberté de pouvoir danser :) sur la musique de leur choix et pas celle des algorithmes et pourquoi pas sur un retour fururistique de Daft Punk ou une ultime compilation de Guts :)

BENZINE : Pour finir, vos cinq albums d’ile déserte afin de profiter comme il se doit de la fin du monde? 

BH : Gil Scott HeronPieces of a man, Cannonball AdderleySomethin’ Else, The BeatlesAbbey Road, Neil YoungAfter the Gold Rush, Erasmo Carlos1972.

Degiheugi : Madvillain, L’école du micro d’argent d’IAM, Songs in the Key Of Life de Stevie Wonder, un best of de Bob Marley, Deadringer de RJD2. Mais 5 c’est chaud… j’ai le droit de prendre une clé usb ? hahaha

Guts : Stevie WonderSongs in the Key Of Life, Bob MarleyExodus, AzimüthAzimüth, The PharcydeLabcabincalifornia, James BrownHell.

VRAIMENT UN GRAND MERCI A TOUS LES TROIS POUR CETTE INTERVIEW.

Interview réalisée par Cyril Clerget entre Avril 2020 et Mai 2021

https://endlesssmile.bandcamp.com/album/degiheugi-endless-smile
https://favoriterecordings.bandcamp.com/
https://heavenlysweetness.bandcamp.com/