“Lettres perdues” : un univers loufoque où s’entremêlent émotion et aventure

Jim Bishop enchante et émeut avec cette « fresque marine » délicate ne manquant pas d’humour. Alors plongez à la rencontre d’Iode et de Frangine dans leur course poursuite effrénée à la recherche d’une mystérieuse lettre.

LETTRES PERDUES DE JIM BISHOP
© 2021 Glénat

Iode, jeune garçon attend impatiemment de recevoir une lettre de sa mère, partie pour un long voyage. Malheureusement pour lui, il semblerait que son courrier se soit perdu dans les méandres d’une gestion postale, proche de l’absurde. Toujours positif, il fonce en ville pour en savoir plus. Sur le chemin, il y fait la rencontre d’une auto stoppeuse au nom peu banal de « Frangine ». Cette dernière peu encline à la discussion saute sur la première occasion pour laisser en plan Iode face à sa quête postale. Il faut dire qu’elle a mieux à faire. Frangine travaille, en effet, comme agent infiltré pour une mission ultra secrète et doit rentrer justement en contact avec le chef des mafieux. Démasquée et acculée par ce dernier, Frangine se verra secourue in extrémis par Iode, inquiet par sa disparition. Dès lors, ils formeront une équipe de choc prêt à tout pour stopper l’activité de la mafia et surtout retrouver la lettre perdue.

LETTRES PERDUES DE JIM BISHOPLettres perdues de Jim Bishop est une BD aux couleurs pops avec des dessins frôlant le style manga. Le scénario, digne d’un film policier, va de rebondissements en rebondissements. La thématique de l’enquête est abordée avec beaucoup de fantaisie rendant le moment de lecture relativement léger et dynamique. Cette légèreté est d’ailleurs portée par un univers original improbable où hommes et poissons vivent en harmonie sur la terre ferme. En effet dans cette fiction (pas si loin de la réalité sur ce point), l’Homme a bien trop pollué les océans rendant la vie aquatique périlleuse. Grâce à des inventions rocambolesques, le monde marin fut sauvé, leur permettant ainsi de vivre « hors de l’eau ». Ne vous étonnez pas alors de voir des poissons clowns livrer le courrier ou qu’une pieuvre soit à la tête d’un important réseau de contrebande. Grâce à cette spécificité fictive, l’auteur introduit, en plus du duo Iode-Frangine, de nombreux personnages secondaires étoffant ainsi l’intrigue. On peut citer à ce titre, le poisson rouge du nom de Cycy, policier plus que médiocre qui tentera le tout pour le tout afin d’aider les deux personnages principaux dans leurs quêtes respectives.

Autre point intéressant dans cette BD est le changement de ton au fur et à mesure de la lecture. On alternera entre des aspects fantaisistes et des passages plus émouvants attrait à la famille, la solitude ainsi qu’au deuil. L’insouciance de départ n’est donc qu’un leurre permettant aux personnages au cours de l’histoire d’accepter la dure réalité les entourant. Cette imbrication de genres fait donc de Lettres perdues une agréable réussite.

Clara Nouaille

Lettres perdues
Scénario et dessin : Jim Bishop
Editeur : Glénat
200 pages – 22 €
Parution : 15 septembre 2021

Lettres perdues — Extrait :

LETTRES PERDUES DE JIM BISHOP
© 2021 Glénat