[Live Review] Courtney Marie Andrews et Bobbie à la Boule Noire (Paris) : notre dose (vitale) d’amour…

Pas encore assez connue chez nous en dépit de son talent, Courtney Marie Andrews a encore une fois enchanté une de nos soirées. Et cette fois, inutile de dire que nous avions vraiment, vraiment besoin de telles émotions.

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Courtney Marie Andrews à la Boule Noire – Photo : ED

« Les temps sont tellement durs en ce moment, que j’ai voulu consacrer ce concert à l’Amour, et pas à toute cette merde » (« garbage » est le mot plus poli que Courtney Marie Andrews a utilisé). Pour que vous le partagiez ensuite avec votre famille, vos amis… ». Voilà, au cas où l’on se demande pourquoi on est là, ce lundi soir à la Boule Noire, plutôt qu’à Pleyel pour Divine Comedy, c’est dit. Et, le plus beau, c’est que c’est parfaitement vrai. Car Courtney nous a offert une heure et trente-cinq minutes de beauté, d’amour et d’émotion. Le genre de soirée dont on a bien besoin alors que Trump et sa bande de psychopathes viennent de mettre le feu au Moyen Orient, juste pour faire oublier aux électeurs US l’affaire Epstein. Allez, on rembobine, on revient à…

2026 03 02 Bobbie Boule Noire (3)… 20 heures, quand Bobbie, une folksinger française qui se rêve en Nashville star, monte sur scène, devant un parterre bien rempli. Et rempli, qui plus est, de passionnés d’Americana et de folk, ce qui garantit une soirée pleine de respect, d’attention et… d’amour partagé, justement. Bobbie, qui a une voix divine, parfaite pour la musique qu’elle joue et chante, s’amuse en nous prévenant qu’elle le va pas nous remonter le moral, puisqu’elle est la « spécialiste des chansons d’amour triste ». Et d’ailleurs pour la dernière chanson de son set solo acoustique de 35 minutes, Losing You (chanson d’ouverture de son unique album, datant de 2024, The Sacred in the Ordinary), elle explique qu’à une lettre près, ça aurait pu être une chanson d’amour gai… Bon, Bobbie a un joli talent, évident, mais sa musique est peut-être un tantinet trop classique, et gagnera sans doute à être interprétée avec un groupe, comme sur l’album. Une excellente introduction à la soirée, de toute manière.

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Il reste encore sept ou huit minutes avant que ce ne soit 21h, mais Courtney Marie Andrews a l’air impatiente de jouer pour nous, ce qui nous va bien, sans parler du fait que le couvre-feu à 22h30 sera un peu moins un problème. La scène est décorée de ballons en forme de cœurs, et les pieds de micro portent des petits oiseaux blancs et rouges : clairement, avec un nouvel album sous le coude intitulé Valentine – en référence à la Saint Valentin, mais également enregistré dans le studio de ce nom à L.A. –, l’Amour reste la grande affaire d’une artiste dont les concerts à Paris sont attendus comme des cadeaux par ceux qui la connaissent. Courtney est habituellement classée dans le genre « Americana », mais ce nouvel album la voit élargir son registre, vers une pop-folk californienne beaucoup plus « riche », sans doute plus ouverte sur le monde, et susceptible de lui faire gagner encore plus de fans. Et elle est accompagnée sur scène d’un trio qui offrira une ampleur – rock, parfois – à sa musique qui a tout pour nous plaire, à nous qui ne sommes pas des puristes.

2026 03 02 Courtney Marie Andrews Boule Noire (9)Ce soir, nous sommes gâtés, car Courtney va nous offrir l’intégralité – et dans l’ordre – de son magnifique Valentine, avant un « second set » consacré à quelques extraits de ses disques antérieurs. En tout, ce seront huit titres qui seront joués en plus des dix de l’album, en comptant deux en rappel (« on request ») ! Le premier moment de pure magie sera sur Little Picture of a Butterfly, un titre planant qui n’a, lui, pas grand-chose d’Americana, avant un Outsider qui touche au sublime. La guitare de Jerry Bernhardt, co-producteur de l’album, est tour à tour enchantée et hantée, et contribue idéalement à l’atmosphère très chargée émotionnellement du concert. A propos de guitare, Courtney s’emparera à un moment de l’instrument de Jerry pour nous livrer un solo noisy et puissant, assez surprenant (sur Everyone Wants To Feel Like You Do, nous semble-t-il…). Mais la totalité de l’interprétation des titres de Valentine sera assez différente des versions de l’album : plus puissantes, plus « emportées » par la passion, sans pour autant perdre de la sensibilité, elles marquent parfaitement la différence idéale entre un enregistrement studio et une re-visite « live » des chansons. Et les deux derniers titres, Best Friend – encore une superbe mélodie – et surtout Hangman, dans une impressionnante version longue et avec un solo de guitare terrible de Jerry, constitueront le sommet de la soirée.

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La seconde partie du concert débutera par une interprétation solo d’Irene (quand un spectateur fera remarquer qu’Irene est le nom de sa fille, Courtney lui rétorquera que c’est justement pour elle que la chanson a été écrite !). Cette partie sera plus classiquement Americana, mais contiendra assez de perles pour que chaque spectateur y trouve son compte. Même si, évidemment, la frustration de ne pas avoir entendu son titre préféré taraudera chaque personne présente.

2026 03 02 Courtney Marie Andrews Boule Noire (12)Le set se termine par la lecture par Courtney d’un poème, avec une traduction simultanée en français, sans que cela n’ait absolument rien de prétentieux. Au contraire, on a eu le sentiment que l’urgence actuelle est de laisser l’Art – sous toutes ces formes – exprimer le meilleur de nous. Et que, comme l’a également raconté Courtney, cette journée ensoleillée improbable (« Nous avons même pris des coups de soleil ! ») passée à se promener dans Paris est le genre de choses plus importantes que jamais dans la vie.

Nous ne pouvons pas parler pour les autres, seulement pour nous-mêmes et nos amis avec lesquels nous avons discuté ensuite, sans aucune envie de quitter le havre chaleureux de la Boule Noire, mais les émotions puissantes que ce concert a dégagées nous ont… fait du bien. Un concert précieux.

Bobbie :
Courtney Marie Andrews :

Eric Debarnot

Courtney Marie Andrews et Bobbie à la Boule Noire (Paris)
Production : Öctöpus
Date : le lundi 2 mars 2026

Leurs derniers albums :

2026 03 02 Courtney Marie Andrews Boule Noire AlbumCourtney Marie AndrewsValentine
Label : Loose Future
Date de parution : 16 janvier 2026

 

 

 

 

 

2026 03 02 Bobbie Boule Noire AlbumBobbieThe Sacred in the Ordinary
Label : Tg8 Records
Date de parution : 29 mars 2024

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