L’année où mes parents sont partis en vacances

La trêve des confiseurs touchant à  sa fin, c’est encore le moment de jeter un oeil sur un film honnête et poignant, venu tout droit du Brésil. Nous sommes en 1970 et les parents de Mauro, 12 ans, décident soudain de »partir en vacances » et de le confier à  son grand-père à  Sao Paulo. En fait de »vacances » il s’agit pour eux de fuir le régime militaire mis en place par le maréchal Branco qui persécute les communistes.

Mort quelques heures plus tôt dans son salon de coiffure, le grand-père à  la ponctualité proverbiale n’est pas au rendez-vous. Mauro est recueilli par la communauté solidaire et colorée du quartier juif de la ville. En pleine Coupe du Monde – qui verra la victoire du Brésil contre l’Italie – l’été du petit Mauro sera celui de tous les dangers et de tous les bonheurs. Celui de l’apprentissage et des découvertes.

Bien sûr, les films centrés autour d’un enfant et d’une histoire qui mélange habilement comédie et tragédie sont rarement ratés et entraînent l’adhésion du public. Celui de Cao Hamburger ne fait pas exception à  la règle. Il séduit par son refus du pathos et un traitement elliptique des moments épineux : un téléphone qui sonne dans l’ancienne demeure de Mauro mise à  sac suffit à  nous faire percevoir les difficultés des parents. Il séduit encore par la juxtaposition heureuse des instants tendres et drôles – les gamins dans l’arrière-boutique épiant les déshabillages des clientes – et des passages plus durs. Le film est baigné d’un humanisme qui fait cohabiter différentes communautés : juifs, italiens et noirs, tous galvanisés par les exploits de l’équipe nationale.

C’est donc le parcours haut en couleurs et en péripéties d’un garçon dépassé par les événements qui l’entourent, qui se console et se reconstruit au sein d’un groupe social dont il pressent intuitivement son appartenance.
Rythmé, bien construit avec une recherche esthétique évidente, L’année où mes parents sont partis en vacances vaut aussi pour la qualité de son interprétation. Situé à  regard d’enfant, avec son lot de répliques et de cocasseries, le film survole néanmoins les terribles repères historiques qui accompagnent son récit. La primeur à  la suggestion et la pudeur rend ainsi le film accessible à  tous publics, avec peut-être d’abord les petits garçons amateurs de foot.

Patrick Braganti

3.gif

L’année où mes parents sont partis en vacances
Film brésilien de Cao Hamburger
Genre : Drame
Durée : 1h45
Sortie : 26 Décembre 2007
Avec Michel Joelsas, Daniela Piepszyk, Germano Haiut

La bande-annnonce :

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *