La physique des catastrophes, de Marisha Pessl

9782070361311FS.gif« La physique des catastrophes » premier roman de Marisha Pessl, est alléchant dès la quatrième de couverture de l’édition poche, chez Folio. Ouvrage qualifié tour à  tour de roman d’apprentissage, de thriller, de jeu, de critique de société, de roman noir, drôle, poignant, étourdissant de verve, le lecteur peut se demander comment l’auteur a réussi à  condenser tout cela dans 816 pages. Et pourtant, après lecture, on ne peut qu’approuver : Marisha Pessl possède bel et bien le talent d’une conteuse-née.

Marisha Pessl nous raconte l’histoire de Bleue Van Meer, fille d’un professeur d’université qui la traîne de ville en ville au fil des différents postes qu’il occupe dans diverses écoles. La mère de Bleue, passionnée de papillons, est morte lorsque sa fille était enfant, dans un accident de voiture. La jeune fille, âgée de seize ans au moment du récit, et son père sont fusionnels, et partagent une passion pour la littérature, la poésie, les beaux mots, la politique (surtout lui, qui est docteur en sciences politiques). Au fil de leur road-trip, ils finissent par s’installent dans la ville de Stockton, en Caroline du Nord, pour la dernière année de lycée de Bleue. C.’est là  qu’elle va commencer à  interagir réellement avec d’autres personnes que son père. Qu.’elle va fréquenter le Sang Bleu, cette bande de jeunes qui se prennent pour on ne sait qui alors qu’ils ne sont personne. Qu.’elle va rencontrer Hannah Schneider, professeur de cinéma, dont la mort brutale est le fil conducteur premier du roman. Qu.’elle va tomber amoureuse, aussi. Et qu’elle va tomber de haut.

« La physique des catastrophes » c’est aussi plein d’humour, d’ironie, et de sarcasme sur la société américaine, et les jeunes qu’elle façonne. C.’est également le regard critique d’une jeune fille très intelligente sur son environnement et sur son père, qu’elle vénère mais qu’elle remet tout doucement en question, notamment pour le choix de ses relations amoureuses, qu’elle qualifie de  » Sauterelles  » ou sur la manière dont elle gère sa propre vie.

La découpe du roman est très originale, chaque chapitre portant le nom d’un chef-d’oeuvre de la littérature (selon la base d’un schéma de table des matières intitulé  » lectures obligatoires « ). Le tout est entrecoupé de citations diverses, de références de tout acabit, et même d’illustrations, ou plutôt, de †œsupports visuels†, comme les appelle l’héroîne. La dernière centaine de pages possède un ton différent, une atmosphère plus lourde, mais qui ne change en rien l’ardeur à  laquelle on les dévore, que du contraire. Peu à  peu, on voit toutes les pièces du puzzle se mettre en place, et la vue d’ensemble est renversante.

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Caroline Perin

La physique des catastrophes, de Marisha Pessl
Folio/Gallimard
816 pages – 9.60€¬
Date de parution : 15 janvier 2009 (pour la version poche)

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