Demdike Stare – Symbiosis

demdike_stare_cover.jpgCélébrant la rencontre entre un fer de lance du label Modern Love (Miles Whitaker, officiant sous les pseudos MLZ et Pendle Coven, en solo et duo respectivement) et un ardent collectionneur de vinyls mancunien (Sean Canty, impliqué dans les affaires du label Finders Keepers), Symbiosis marque une légère évolution dans un catalogue jusqu’alors placée sous haute domination de la triplette techno-dub-ambient.
Car à  cet inaltérable triptyque, toujours présent dans ses penchants obscurs, viennent s’ajouter quelques pincées d’exotisme (toute proportion gardée).

D’entrée de jeu, Suspicious drone sonne comme la BO d’un film noir à  gros suspense, aidé en cela par une frêle superposition de nappes arctiques glaçant le dos, de cordes anxiogènes, d’infra-basses ronronnantes et oscillantes, imprimant un esprit dub, d’éléments rythmiques qui pointent le bout de leur nez plutôt que d’assurer un rôle architectural.
Et le climat ne s’éclaircit guère lorsque s’ajoute à  cela des voix spectrales plutôt flippantes (Extwistle hall), des paroles d’androîdes démantibulées, des impacts métalliques distordus et une ligne mélodique dispensée par un célesta angoissant (All Hallows Eve).
Parfois cette formule prend des tournures un peu hallucinogènes. Sur Regressor, une basse piquée invariable offre un contre-poids aussi hypnotique qu’ennuyeux à  une séquence synthétique droguée et volatile, qui n’a de cesse de papillonner. Sur Nothing but the night, des boucles cristallines tournant en circuit fermé et psychotrope nous promènent entre science-fiction et le Silur de Tarwater.

A quelques lieues de là , on trouve un dub old-school (Haxan Dub), nécessairement obscur puisque rattaché au film d’horreur du même nom, mais fermement relié à  ses racines puisque délivrant son lot de break jerky, de voix ragga à  la griffe afro et de cuivres aux échos multiples.
Sur ces mêmes fondations dub viennent se greffer des boucles de percussions dont le déhanché,  trahit l’origine orientale (Jannisary). Mais sûrement est-ce pour mieux s’accoupler avec les samples puisés par Sean Canty dans les patrimoines turcs, iraniens et indiens.
Plus loin, le même constat de dépaysement et de brassage culturel s’impose, d’abord dans une version fragmentée et trop brève (Trapped dervish), puis dans un style polyrythmique qui n’est pas sans rappeler les mésestimés Chronomad (Conjoined).
Toujours dub, mais poussé dans ses retranchements technoîde, Haxan est le genre de track que vous pourriez entendre dans un hangar berlinois accaparé par Pendle Coven.
Ce vaste tour d’horizon effectué, on retourne à  la case départ, avec un Ghostly hardware planté au beau milieu de la Tundra.

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Sébastien Radiguet

Tracklist
01. Suspicious drone
02. Haxan dub
03. Regressor
04. All Hallows Eve (feat. Danny Norbury)
05. Jannisary
06. Haxan
07. Extwistle hall
08. Trapped dervish
09. Nothing but the night
10. Conjoined
11. Ghostly hardware

Durée : 54’45
Sortie : septembre 2009
Label : Modern Love / Boomkat

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