Efterklang – Magic chairs

D’habitude Efterklang chez Benzine on appelle ça « de la musique pour Benoît ». Si si. Soit un fond hyper mélodique, nourrissant des mélodies suffisamment mélancoliques. Du coup, et il me faut le reconnaître, je suis passé jusqu’ici à côté d’une œuvre déjà riche de deux albums depuis 2004 et la naissance discographique du groupe, qui me semblait jusqu’ici un peu trop indé, et trop lénifiant pour mes goûts préalablement et inexorablement pop.

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efterklang.jpgD’habitude Efterklang chez Benzine on appelle ça « de la musique pour Benoît ». Si si. Soit un fond hyper mélodique, nourrissant des mélodies suffisamment mélancoliques. Du coup, et il me faut le reconnaître, je suis passé jusqu’ici à côté d’une œuvre déjà riche de deux albums depuis 2004 et la naissance discographique du groupe, qui me semblait jusqu’ici un peu trop indé, et trop lénifiant pour mes goûts préalablement et inexorablement pop.

C’est donc avec une virginité auriculaire toute particulière que je me suis plongé et ai fondu pour l’album d’ Efterklang sorti récemment chez 4AD nouvelle écurie du groupe. Et j’y ai découvert  l’album idéal – le matin quand on a pas envie de travailler encore, mais pas non plus envie de prolonger la nuit entre les deux écouteurs du baladeur – qui n’en finit pas de revenir hanter la mémoire du mobile qui me sert de compagnon d’écoute.

Ce qui frappe chez Efterklang c’est une certaine classe un peu bouseuse, un peu terrienne qui prend l’emphase musicale comme une manière d’élargir un horizon grisâtre, une ligne d’horizon ou de fuite, plutôt qu’un moyen de se faire mousser. On est donc moins ici sur le territoire d’un Coldplay ou d’un Aaron que des disques techno d’Orbital et de certains artifices du post rock à tendance folk de  Jackie O  Motherfucker jusqu’aux pastorales américaines des frères Nourallah etc.

Le chanteur d’Efterklang pose des mélodies de complainte, mais pas une seule de complaisance. Les titres sont construits tout comme j’aime : de bonnes trouvailles mélodiques pour favoriser le côté mnémotechnique et des titres qui se déroulent en cercles excentriques, spiralés depuis un centre quasi muet jusqu’à des final où l’électronique dispute la première place aux cuivres, où le morceau a parfois gagné en puissance, mais toujours dans un album où le mid tempo est roi et ou la mélopée langoureuse du chanteur devient un cri de douleur comme on croyait que seul Sigur Ros en tenait la clé.

Le tout dans un format standard de titre qui n’excède que rarement les 5 minutes radiophoniques. Le tout avec un classicisme formel qui ailleurs sera taxé de fainéantise, ici confine sinon au génie au moins avec un très très grand plaisir adulte d’une écoute au casque.

Il y a des morceaux qui commencent d’une façon, breakent en cours de route et continuent d’une autre.  Il  y a des ballades folk sans aucun des gimmicks country, un peu comme si Adam Green chantait avec la voix de Chris Martin. Et moi de me rendre compte que le liant des plages est souvent la construction rythmique de la batterie  mi synthétique mi naturelle et porté par les prémices de mélodies balancées par le chanteur et d’une quasi folk ne négligeant ni instruments ni électronique.

On voyage immobile avec Efterklang, pas qu’on parcoure de grands espaces ou des rêves farfelus non. Musicalement on est comme désemparé, les bras ballants ; condamné, assis sur notre banc à voir le monde défiler  sous nos yeux sans être capable de se lever.

Des fois on aimerait prendre ces trains qui passent devant nos yeux, discuter avec la jeune inconnue qui passe en coup de vent, jamais on en a la force ni le courage. Alors on se laisse balader  par ces bancs tout de même mus par de subtils tapis roulants qui nous entraînent. Et on se laisse glisser comme ça, hagards, un vague sourire énigmatique aux lèvres, vers un ailleurs en demi teinte, pas fondamentalement réjouissant, où nous guide le flux d’Efterklang.


Je sais désormais comment étaient les deux premiers albums de la formation danoise emmenée par Mads Brauer, Casper Clausen, Thomas Husmer et Rasmus Stolberg… mais celui-ci meme pris individuelement et hors de toute comparaison interne me laisse pantois.

Enfin non, assis sur mon banc mû.

Denis Verloes

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Tracklist

01. Modern Drift (free MP3)
02. Alike
03. I Was Playing Drums
04. Raincoats
05. Harmonics
06. Full Moon
07. The Soft Beating
08. Scandinavian Love
09. Mirror Mirror
10. Natural Tune

Date de sortie : 27/02/2010
Label : 4AD/Beggars/Naïve

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la Chronique de parades sur benzinemag

Regarder le clip de Modern drift via Vimeo

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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