Des filles en noir

Des_filles_en_noir.jpgLorsque le cinéma parle d’une jeunesse révoltée, c’est souvent dans une quête d’optimisme et de progrès humain à  travers laquelle se battent des jeunes avec ou sans repères, mais toujours soutenus par des idéaux. Rares sont les films qui, au contraire, montrent une révolte inaboutie et dont la seule issue possible est le suicide.

, Dans la peau de deux jeunes lycéennes à  tendance black metal, le spectateur semble obligé, par compassion, de partager les mêmes pulsions dangereuses. Car Jean-Paul Civeyrac admire cette chute libre, cette perte mentale de deux amies inséparables mais dont le fil ténu ne suffit pas à  les maintenir en vie.

On ne sait comment Civeyrac a réussi à  ne pas rendre intéressante cette relation entre l’effort pour la survie et les influences réciproques pour un glissement vers la mort. En analyste évacuant toute réflexion, le réalisateur de »Fantômes » filme le glauque à  chaque dialogue, à  chaque regard perdu de ses jeunes actrices, accentuant la morbidité des situations sur des gros plans d’objets gothiques qui sont censés être déterminants pour la psychologie des personnages. Tout sonne faux ici, des moments de liberté (tagguer la voiture de la directrice du lycée) aux abandons (le cours de flûte, comique), et jusque dans l’absence de séduction, qui logiquement aurait du opérer entre les deux filles. Qu’elles semblent si proches sans même se regarder ni être convaincues ou attirées l’une par l’autre rend le film encore plus creux qu’il ne l’est déjà  par ses lourdeurs psychologiques embarassantes.

Pour tout dire, »Des filles en noir » se veut formidablement empathique voire émouvant, mais ses connaissances dans le domaine des ados gothiques déprimés sont limitées à  la caricature bête et grossière. La preuve, aucune des deux comédiennes ne semble avoir envie de mourir! Plutôt que de se fasciner salement pour les désirs glauques de ses protagonistes, c’est les domaines sexuels que le film aurait du étudier, palliant ainsi tout ennui à  la relation dénuée de sens qu’entretiennent les deux adolescentes. Civeyrac les fantasme mortes dans une atmosphère sordide de film d’auteur fauché et pleurnichard, nous plutôt amoureuses dans une fine étude sociologico-sexuelle qui au moins aurait les capacités de nous expliquer de façon sensée (ou sensorielle) le mal de vivre de ces victimes.

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Jean-Baptiste Doulcet

Des filles en noir
Film français de Jean-Paul Civeyrac
Genre : Drame
Durée : 1h25min
Avec : Léa Tissier, Elise Lhomeau, Elise Caron
Date de sortie cinéma : 3 Novembre 2010

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