Chroniques Express 82

TELETEXTILE / TRANSGUNNER / HUCK / BAJRAM BILI / EREVAN TUSK /ANDRES GARCIA & THE GHOST / LONAH / KWOON / CORTE REAL / LONG / MELISSMELL / CLOUD CONTROL

 

 

TELETEXTILE – Glass

Formé autour de sa chanteuse Pamela Martinez, Teletextile, tel une sirène enchanteresse, nous ramène au milieu des années 90. La période vit le déferlement d’artistes mélant voix féminine charmeuse, électronique enrobante,  et instruments acoustiques. L’avènement d’une, nouvelle forme de pop en vérité avec comme plus fameuses ambassadrices, Bjork et Lamb. Teletextile n’est pas de ce niveau (moins troublant, moins innovant), et évoquerait plutôt des seconds couteaux comme, les oubliés Esthero ou la toujours présente Emiliana Torrini., , La faute aussi à  Pamela Martinez aussi, à  la fois plus bel atout et plus large motif de reproche que l’on peut faire à  Glass :, dotée d’une voix parfaite pour l’exercice et d’une qualité de chanteuse indéniable, l’Américaine a parfois tendance à  se lâcher oubliant toute notion de sobriété et épanchant un certain sentimentalisme toute gorge déployée. Il faut dire que les récentes This is the Kit, et Hanne Hukkelberg, plus mesurée dans leur interprétation, ont quelque peu ringardisé ce lyrisme un peu forcé. Il n’empêche, il convient de pas trop jouer les ronchons et de ne pas trop bouder son plaisir. L’alchimie proposée par Teletextile reste séduisante avec ses ambiances en apnée (proche du Cure de Disintegration sur What if you),, , ses choeurs célestes, cet équilibre,  entre sonorité acoustique légère (glockenspiel, harpe, guitare acoustique, violoncelle, claquement de mains…) et sons profonds de claviers et de guitare électrique. (I don’t know how, rafraichaissant comme la rosée du matin). (3.0) Denis Zorgniotti
Lili is Pi / Mosaic / Octobre 2011

TRANSGUNNER – Très classe

Les groupes Français semblent avoir trouvé la formule magique pour balancer de bons titres de power pop. Après notamment Kissinmas, voici Transgunner. Les Lyonnais, n’ont rien inventé mais retranscrivent , parfaitement la fièvre brit-pop de Blur, Rakes et Klaxons (pour sa version »avec clavier). En plus,, le trio, totalement décomplexé,, a, , le même genre, d’arrogance que leurs homologues britanniques, celle-là  même qui, leur permet d’affirmer que l’avenir leur appartient : »we fucked the 80’s , we fucked the 60’s » claironnent-ils. Avec Transgunner, c’est aujourd’hui et maintenant !, Quelques titres un peu lourdauds (dommage), un majorité catchy et efficaces, mais surtout un Cocksucker Disco qui pourrait devenir le single of the week du NME, si Transgunner était anglais. Ce n’est pas le cas mais c’est tout comme…Ah j’oubliais, chant impeccable. (3.5) Denis Zorgniotti
Lamastrock / Socadisc / Octobre 2011


HUCK – Faire parler la foudre

Autant Transgunner (voir plus haut) choisissait l’anglais, autant Huck reste fidèle au français pour envoyer son rock et faire parler la foudre. Le groupe est méritant et s’inscrit dans le mouvement d’un rock français qui allie désormais immédiateté de la mélodie et arrangements de guitares plus chiadés. Mis à  part sur le rugueux La Foudre, Huck n’emboîte pas le pas de Noir Désir, ce qui a été le cas pendant des années pour les groupes hexagonaux dès qu’il faisait du rock en français. Pensez plutôt à  Radiosofa, Kaolin ou Mobil Session Team. Huck marque donc des points avec des morceaux enlevés, simples dans leur impact mais jamais simplistes (Impossible, La déglingue, Ne cache pas ta joie, Fils de rien). Plutôt que montre ce que pourrait donner Miossec en plus nerveux. Le groupe est moins convaincant quand il essaye d’être plus doux et fait dans la ballade poussive (Si tu y mets du tien, les étincelles). En tout cas, le groupe a pour lui une envie énorme et dès lors, hautement , communicative., (3.0) Denis Zorgniotti
Volvox music / Octobre 2011, 

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A Benzine mag, on parle souvent des artistes d’ Another Record mais que voulez-vous ce micro label de Tours a le chic pour dénicher des perles musicales au nom souvent improbables. Après notamment, Odran Trummel, Luc et, The Finkielkrauts, voici Adrien Gachet alias Bajram Bili. Autant branché par l’indie rock que la musique électronique, Gachet modernise souvent le shoegazing de, Pale Saints, par une forte écoute de, Boards of Canada, (Villex Suburb, apartment for a young ghost). Les programmations électronica apparaissent et un écrin de claviers analogiques remplacent une partie des guitares. Comme les Anglais en leur temps, le Français fait naître une musique , pouvant, combiner ainsi les quatre éléments : l’air, l’eau, le feu, la terre. A vous dés lors de préférer l’aqueux instrumental, Tipi ou le bicéphale Best friend, not twin, entre début en apesanteur et fin à  guitares incendiaires. On attend la suite avec impatience., (4.5) Denis Zorgniotti
Another Record / Septembre 2011

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EREVAN TUSK – Sheen (EP)

Après un premier EP remarqué des initiés, revoici Erevan Tusk, avec Sheen, un nouveau 4 titres. Le quintette fait peu mais bien. Formé notamment de Julien Cortes (Querencia), de Pacôme (Rrose Tacet) et de Mij chanteur de Starboard Silent Side, Erevan Tusk laisse sans voix par sa maîtrise qui fait de chacun de ses quatre titres un classique de l’indie rock US. A placer aux côtés de REM, Modest Mouse,, et de Bright Eyes, Sheen distille un charme évident avec ses mélodies irrésistibles et ses arrangements ciselées. La voix de Mij, toujours orné de choeurs, fait des miracles et la mandoline n’a pas trouvé meilleur écho depuis Peter Buck. La guitare électrique est utilisée en bonne intelligence insufflant la force nécessaire sans dénaturer la joliesse de l’ensemble. Sur In your Shadow, Erevan Tusk se révèle même inventif avec un saxophone soprano rejoignant le flot de choeurs sacrées. Il n’y a rien à  dire et à  redire, c’est sacrément bon en effet. (4.5) Denis Zorgniotti
Mayam Productions / Novembre 2011


ANDRES GARCIA & THE GHOST – Haunted Love

Avec ce producteur suisse, on a l’impression quelques années en arrière à  l’époque de St Germain (le groupe pas le quartier) dans une électronique entre lounge et dancefloor mêlant funk, soul, jazz (Deep down et son harmonica que l’on jurerait tenu par Toots Thielemans). Pas désagréable même si l’auditeur a parfois le sentiment de se retrouver dans une compilation de l’Hotel Costes, l’album est à  la fois assez cohérent et disparate pour ça. L’album est juste agréable alors qu’il témoigne d’une grande technicité musicale et rythmique. Bizarre…Dans Haunted love, les morceaux les plus down tempo sont les plus séduisants : Believe avec ses programmations minimales d’où émerge une mélodie impressionniste et sensible ; Wavelenghts Passions à  la pop aérienne comme chez l’Islandais, Bang Gang. (2.5) Denis Zorgniotti
Poor records / Octobre 2011

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LONAH – Entre chien et loup

Lonah ne croit pas si bien dire, cette chronique sera entre chien (gentil) et loup (très méchant). Il faut dire que le groupe suit un chemin hautement risqué, celui de faire une dream pop voulant créer des ambiances fortes et magiques. Musique profondément artificielle, ourlée dans des habillages électroniques avec voix féminine enchanteresse et guitare envoutante. Un pari risqué, le décor ainsi dépeint pourra devenir charmeur ou toc. Dès lors, Lonah sonnera comme Blonde Redhead, Cocteau Twins ou Within Temptation (brrr) ou , Mylène Farmer (aîe). Le groupe composé de musiciens brillants, avertis à  quelques atours du jazz (le piano, la rythmique) commettra un irréparable Je te connais beau masque à  l’esprit proche du groupe de caf’conc tendance jazz rock progressif ringard…ouf n’en jetez plus !, Pourtant, tout serait si simple si tout était raté dans cet album. Ce n’est pas le cas et certains titres remplissent le contrat de départ, celui, de créer une musique intrigante et prompte à  une rêverie peuplée de quelques créatures chimériques (Take your spoon and run et un Chevaliers, proche d’un remix électronique de A Forest de Cure). Lonah, un groupe entre chien et loup, entre le pire et non pas le meilleur mais l’excellent. (2.5) Denis Zorgniotti
Forget me not / Quemaprod / Socadisc / Novembre 2011

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KWOON – The Guillotine Show (EP)

On avait découvert Kwoon sur les rivages d’un post-rock éthéré sur les traces de Sigur Ros. Après 3 ans de concert (en France, Allemagne, Suisse, Grèce…) à  affuter de nouveaux morceaux, revoici les Parisiens plus rock que jamais avec un EP profond, riche et mordant. Kwoon évoque désormais Radiohead, , ou ce qu’il y avait de bon dans la musique progressive des années 70. Les morceaux de The Guillotine show ne sont pourtant pas si longs ; mêlant habilement guitares et claviers,, ils sont néanmoins porteurs d’émotions complexes et changeantes allant de la mélancolie diaphane à  la puissance d’un torrent en fusion. Muse peut aller se rhabiller, Kwoon a de quoi retourner un stade sans faire pourtant dans le pompier grandiloquent : les Français savent être héroîques, juste ce qu’il faut. L’EP se termine par une version acoustique (guitare et violoncelle) de I Lived on the moon, précédent hit underground du quatuor, de quoi ravir tout le monde. (4.0). Denis Zorgniotti
Autoproduit (!) / Novembre 2011

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LONG – American primitive

Imaginer une collaboration entre Chris Eckman des Walkabouts et Rupert Huber de Tosca, est une hérésie originelle, tant l’univers rock du premier semble peu goûter les bidouillages électroniques du second. C.’est sur le terrain de la folk que ces deux musiciens -qui se sont rencontrés en 2005 et ont accroché suite à  une voix posée sur l’album de Tosca – se retrouvent avec Long. Ici la mélodie à  la guitare est nimbée de bruit blanc, là  les instruments sont poussés dans leurs retranchements électroniques pour créer à  eux seuls un univers à  part entière. Un peu comme si Iron and WIne avait rencontré My Bloody Valentine. Des sessions entières finissent en loop, des enregistrements d’instruments sont poussés à  leur limite par le biais des logiciels pour finir en un magma difficilement identifiable. l’ensemble reste étonnamment organique, malgré le travail de producteur, et il ne manque pas grand-chose pour que Long accroche définitivement l’amateur de folk, de post rock, et même d’expérimentation électronique. Pas grand-chose, mais un je ne sais quoi quand même (3.0) Denis Verloes
Glitterhouse records / Differ-ant, – Avril 2011

CORTE REAL, – Saint Louis

 

Il y a des albums qui déboulent dans mon lecteur sans que je sache trop d’où ils viennent. Corte Real Saint Louis est de ceux là . La formation a du beaucoup écouter Bob Dylan et un paquet de Northern Soul remis ou non au goût du jour par Tim Burgess et ses Charlatans. Et puis on a du souvent dû dire au chanteur qu’il avait la même voix que le Zim après l’accident, tant la ressemblance vocale est patente. Ok une bande de joyeux suiveurs de Dylan te dis-tu. Oui. Avec un clavier à  la Charlatans. Le tout alternant chant en Français et chant en anglais et jouant les funambules au dessus du vide, en équilibre instable. On attend l’avenir pour savoir si : ils chutent dans la ressucée Dylanienne ou Springsteenienne en accentuant les tics vocaux par des tics musicaux évidemment connotés ; si ils accentuent leur composante  » chanson française  » et verse dans un proto Raphaël peu enviable. Ou alors, ou alors ». Le fil instable devient un pont véritable entre la folk américaine et la nouvelle chanson française, pari de Tue-Loup à  l’époque, jamais réellement concrétisé pour une large audience. Wait and see. (3.0) Denis Verloes
autoproduit – 2011

MELISSMELL – Ecoute s’il pleut

 

Voilà  je crois que Melissmell rassemble en un seul album tout ce que je déteste dans la musique française faite par et pour des Français. l’emphase, les chansons  » mais tellement engagées t.’as vu  » et une musique qui en fait des caisses, portée par des mélodies qui n’en sont pas, mais camouflées par des cordes, des cuivres ou des pianos vantards. Melissmell singe jusqu’au phrasé de Bertand Cantat , dont elle a même la voix fêlée et rauque qu’elle provoque dans ses retranchements. Booooooring. Encore ne serait que la voix »Mais comme elle nous met là -dessus une musique grandiloquente, pête plus haut que son cul, avec des choeurs des réverbérations et des arrangements qui se la racontent. Booooooooooring. Le problème en plus quand on n’arrive pas le premier dans ce genre, on se fait comparer »Et c’est le cas. On ne peut s’empêcher de penser à  Noir Désir évidemment, mais aussi à  des formations moins réussies comme les Frères Misère de Mano Solo en son temps, ou plus près de nous l’imbuvable Saez. C.’est triste t.’as vu, elle a souffert Melissmell tu comprends ? aaah Ok. Tu peux pas comprendre mec t.’as trente ans ! aaaah ok Elle écrit avec ses tripes tu vois »aaaaah OK, sinon tu connais Zaz ? (0.0) Denis Verloes
Discograph – 2011

CLOUD CONTROL, – Bliss release

Sur le papier le groupe de Sidney n’a pas grand intérêt si je vous le présente de manière srtictement analytique. Voila des jeunes qui du coin de leur australie natale ont écouté beaucoup de garage rock et pas mal de surf musique hippie, grosse guitare,orgue, doublement des voix et  » pam padap,  » en tête, . Oui mais voilà , même s’il est vrai que je ne m’attends pas – et c’est le meilleur conseil qu’on puisse vous donner avant d’entamer l’écoute – à  ce que Bliss release révolutionne quoi que ce soit à  l’histoire du pop rock contemporain, l’album n’en demeure pas moins un vrai petit plaisir d’écoute pop à  ranger sans la pose pas si éloigné des premiers Dandy Warhols sans le côté factory, des Magic Kids ou de Edward Shape, sans le soleil de Californie, et où la guitare presque fuzz ferait office de signature. Simple. Efficace. Sans doute oublié l’année prochaine, mais totalement inusable parce qu’universel (3,5) Denis Verloes
Infectious records – juillet 2011

 

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