Anna Ternheim – The Night Visitor

Étrange comme The Night Visitor, titre du nouvel album d’Anna Terneim, semble faire écho avec celui du film de Jerzy Skolimoswski,,  Quatre nuits avec Anna, qui narrait les nuits étranges d’un solitaire épiant dans son intimité la jeune femme dont il était épris. Ce qui correspond assez bien à  la situation dans laquelle l’auditeur découvre ici la craquante chanteuse, artiste discrète pourtant fort estimée en Scandinavie depuis ses premiers albums. Car si la blonde suédoise a toujours mêlé le folk dans ses compositions sensibles, ses productions précédentes affichaient une indéniable identité pop culminant en 2009 sur le très accompli Leaving On A Mayday aux arrangements somptueux signés Björn Yttling de Peter Björn And John.

Mais, surprise, ce Night Visitor façonné avec de solides artisans de Nashville dont Dave Ferguson affiche une couleur country-folk d’un dépouillement classique qui sonne, sinon comme à  la maison, du moins comme un opus de chambre à  l’intimisme acoustique.,  Une mue pas décevante du tout malgré son aspect classique car ce qu’on perd en habillage baroque, on le gagne en douceur intimiste. Une manière de se tenir au plus proche de son inspiration, ses complaintes douces-amères et surtout de sa voix claire et lumineuse.

Racé, élégant, radieux, le timbre d’Anna Ternheim en fait une des plus sensibles vocalistes et mélodistes de l’école pop du nord, à  l’instar de ses consoeurs, Ane Brun, Emiliana Torrini ou la trop rare Stina Nordenstam.

Par chance, The Night Visitor, malgré ses allures country roots dépouillées, n’a pas transformé l’envoûtante interprètee de, Black Sunday Afternoon en quelconque gratouilleuse redneck ou homologue suédoise d’Alelia Diane. Juste permis de rendre plus touchant, entre six-cordes et violon, son art de la demi-teinte, plus délicats ses arpèges de guitares sculptés sur sa Gibson. Comme si la douce Anna susurrait rien que pour nous ses ballades désenchantées aux mélodies attachantes.

Un disque-cocon, cosy et accueillant, sans doute un peu sage, mais idéal en cette période pour nous consoler de la morsure agressive d’un hiver carrément sibérien. De quoi attendre au chaud le printemps en une si douce compagnie musicale en se félicitant de l’heureux jour où l’on a croisée.

Franck Rousselot

Anna TernheimThe Night Visitor
Label : Universal Music
Date de sortie : 30 janvier

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