The Pastels – Slow Summits

Il en va des vieux amis musicaux comme des vraies relations dans la vie, on se perd vite de vue. Et les retrouvailles, pour peu qu’elles aient lieu trop tard, n’ont pas toujours l’aspect escompté.

Ainsi, au fil des ces derniers mois, on a assisté aux retours inattendus de vieilles connaissances de nos jeunes années pour au mieux, des retours honorables (OMD, The House Of Love), moins fringants (Edwyn Collins, Suede) ou carrément inespérés mais franchement pas essentiels (My Bloody Valentine).

Impression toute différente avec la réapparition surprise de The Pastels. Compagnons d’une ère révolue, celle de l’indie pop anglaise naissante au charme noisy adolescent, le couple Stephen McRobbieKatrina Mitchell,,  pourtant pas fréquenté depuis des lustres, n’a en fait jamais quitté notre inconscient musical tant les bases de leur pop de grands timides s’est diffusée naturellement dans l’ADN de tant de formations, des héroîques Jesus & Mary Chain ou Pale Saints à  Belle & Sebastian ou Tenniscoats.

Historique artisans de l’ombre et célèbres méconnus au parcours nonchalant à  éclipses (un album de remixes en 1998, une BO de film en 2003 ou Two Sunsets, disque en commun, avec Tenniscoats), on retrouve les écossais pour un véritable album comme si on les avait quittés hier, presque, seize ans depuis Illumination. Pour une radieuse balade, toute de quiétude et d’harmonie apaisée, respirant l’innocence et la candeur typique des vertes années. Un credo romantique autant que nostalgique offert par des artistes d’âge mûr, qui a le mérite de ne jamais tomber dans le gâtisme pour autant.

Offertes dans un écrin peaufiné par le talentueux John McEntire, déjà  croisé sur l’album de remixes Illuminati, les neuf morceaux (dix en comptant le bonus Illuminum song) de Slow Summits composent le plus élégiaque et épanoui des parcours, ensoleillé comme un paysage écossais après la pluie.

Secondé par une équipe de fidèles (cordes de Craig Armstrong, flûtes néo-hippies vespérales de Tom Crossley ou les japonais amis de Tenniscoats pas loin), The Pastels distillent de leur deux voix mêlées, avec l’humilité qui a toujours été leur signature, bouffées de grâce (Secret Music), pop songs aériennes (Check My Heart) ou évidents futurs classiques (Night Time Made Us, Summer Rain, Kicking Leaves) au tempi nonchalants entre bossa du nord ou easy listening alternatif.

Un art de la vignette paysagiste – couleur pastel évidemment – nourrie par une vraie fraîcheur,  d’inspiration qui renoue avec les grandes heures de l’indie pop, celle-là  même qui préside à  la musique de groupes fragiles mais essentiels comme The Fied Mice, The Wake ou Young Marble Giants.

Le mieux étant, qu’avec la vraie innocence sans mièvrerie qui les caractérise, nos deux vieux adolescents paraissent plus frais et spontanés que la cohorte de leurs jeunes suiveurs plus roués, The Pains Of Being Pure At Heart, Still Corners et consorts.

Ne jamais tirer un trait sur les vieux amis qu’on croyait perdus de vue et qui, réussissent à , être redécouverts sous un nouveau jour tout en restant eux-mêmes, : voilà  la morale de cette ballade écossaise inattendue. Et qui devrait charmer les oreilles de tout mélomane sensible, quel que soit son âge. Doux sommets, oui.

Franck Rousselot

The Pastels – Slow Summits
Label : Domino Recordings / Sony Music
Date de sortie : 27 mai 2013

The Pastels sur Domino Records
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