The Phoenix Foundation – Fandango

Encensé avec Buffalo, The Phoenix Foundation renaît de ses cendres pour un double album synonyme de double dose de plaisir. Une oeuvre,  grand public et pourtant ambitieuse.

Pour tout dire, il ne sera pas question de Fandango, cette danse popularisée par Bernard Herrmann sur la BO de »La Mort aux trousses ». Le film s’appelait en anglais »North by Northwest », The Phoenix Foundation est plutôt à  aller chercher à  l’opposé du coté du sud sud-est. De sacrés Neo-Zélandais qui, dans la guerre mondiale que se livrent tous les tenants pour une pop psychédélique, d’aujourd’hui, sont peut-être en train de gagner une bataille décisive avec Fandango. Pour la peine, le septet de Wellington triche un peu, sonnant comme jamais,  années 80. Inside me dead pourrait presque rappeler Cocteau Twins et une production de Robin Guthrie, c’est dire.

Profitant du succès engrangé par Buffalo, leur album précédent qui leur a permis de les faire connaître en dehors de leur île lontaine, The Phoenix Foundation s’attaque à  un projet plus ambiteux : un double album dont la durée hors norme – 1h20 – renvoie plus à  l’idée que l’on se faisait de l’oeuvre musicale dans les années 70. Années 80, années 70 ; , faire du neuf avec du vieux, l’art consommé du recyclage dans lequel excellent les Néo-Zélandais. Tout comme Elbow ou Piano Magic. Avec eux, la new wave s’allège, grâce à  des, bouffées d’hélium, psychédéliques et cela fait reudement du bien.

Fandango est un album de prime abord familier. Il est, entrainant, par des mélodies qui pourraient être signés par les, voisins de The Church. Ce n’est pas la fête à  neu neu, c’est quand même très mainstream pour qui est familier de ces harmonies pop new wave. Pourtant, la longueur même de l’album, , ne manquera pas de brouiller un peu la perception que l’on en a. Une pop song de 3′, d’accord, mais qu’en est-il si elle dure 6 ou 7′ ? ou 17′, , ? ou si elle devient instrumentale ? Est-ce toujours, à  proprement parlé, une pop song ?

Reconnaissons à  Fandango quelques titres plus courts, à  commencer par The Captain, single plus qu’anecdotique de l’album avec son esprit soft wave un peu trop prononcé. Le titre est léger, , sans doute un peu trop, et rappellerait presque le TOP 50. Il y a aussi Evolution did, nettement plus fréquentable, rythmé à  souhait,, dont le charme opère, immédiatement. Mais le reste du disque, a tendance à  prendre, ses aises avec le temps, non sans avoir préalablement caler, gentiment dans vos oreilles un air séducteur et installer agréablement dans votre espace sonore une jolie ambiance. Les claviers arrondissent les angles et offrent une atmosphère confortable, et ouatée à  l’auditeur. Les effets utilisés à  outrance donnent un caractère spatial à  des musiques ne demandant pas mieux que de prendre de la hauteur. Les guitares ne sont pas en reste, tissant de jolis canevas, – ici acoustique (Modern rock, ou corale, formidable exemple d’acid folk, particulièrement prenant), là  électrique (Thames soup) – sur des harmonies déjà  irradiantes de beauté. Et miracle, Fandango apparait en permanence,  planant, même quand le morceau est rythmé (Sideways Glance, ou même, Black Mould bati sur une rythmique motorik).

Libéré de tout carcan, de tout impératif (le contrat est rempli : Fandango contient son lot de morceaux fédérateurs et de moments privilégiés), The Phoenix Foundation peut donc s’attaquer à  Everest à  lui, un Friendly Society de 17′ où les mélodies du groupe semblent être définitivement passé au stade gazeux, pour mieux se reformer ensuite dans un trip obsessionnel compulsif. Preuve s’il en est, que le spectre proposé par les Néo-Zélandais est très large, entre une pop mainstream et un musique autrement plus expérimentale. Le tout avec un goût toujours sür.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 29 avril 2013
Label / Distributeur : Memphis Industries / Pias

PLus
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Deezer

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