Le jeune homme qui voulait ralentir la vie – Max Genève

impurs 1 seuleC.’est un roman rafraîchissant, plaisant que nous livre en cette occasion Max Genève. Son livre, intitulé  » Le jeune homme qui voulait ralentir la vie  » débute simplement : c’est le sort d’un jeune magasinier dans une quincaillerie, Benoît. Il vit dans la rue des Pyrénées dans le vingtième arrondissement de Paris, ce qui jusque-là  est très ordinaire .Il éprouve cependant une aspiration particulière : ralentir le temps, réaménager la vie. Pour ce faire, il fonde un mouvement, le MPL, Mouvement pour la Promotion de la Lenteur en compagnie de M. Belon, inspecteur de police à  la retraite.

Ses employeurs de la quincaillerie lui demandent d’accompagner Pauline et une amie en Espagne pour les vacances d’été. A Bilbao, ils rencontrent un bien curieux personnage : le marquis Heitor Carjaval de Benito Sousa. Et c’est là  que le roman bascule,  :tout d’abord dans le fantastique, puis dans l’onirique car ce marquis fait visiter par son imaginaire , très dense, des contrées inconnues à  ses visiteurs .Ces terres sont lointaines ; elle se situent dans les mers australes mais ce n’est pas l’exotisme qui nous habite , mais une véritable réflexion sur le temps et les rapports que notre civilisation de l’éphémère et de la vitesse entretient avec lui.

Ainsi, un des personnages, une amie du marquis, hasarde-t-il une description de ce que serait la jouissance sexuelle dans un monde marquée par le culte de la lenteur :  » Et en amour, quelle merveille ! Au lieu d’assouvissements précipités, de frénésies impatientes, on repousserait sans cesse à  force de caresses étalées, le moment de la résolution harmonique.  » Une professeure de philosophie, qui veut parfaire les connaissances de Benoît en cette matière, lui suggère qu’un éventuel changement de la place de la vitesse et de la lenteur rappellerait aux humains que la vie et la mort sont des apories : des questions non solubles par la logique pure.

Autre observation significative : les caractéristiques du temps. l’un des personnages que Benoît rencontre en Espagne durant ses voyages imaginaires lui pose une devinette :  » Qui est à  la fois implacable, impassible, imperturbable et insaisissable ? -Le temps, oui. Un drôle de lascar, n’est-ce pas, il nous tient dans sa main et ne se laisse jamais posséder.  »
Il y a dans le récit de Max Genève composé de tableaux successifs des passages plus acerbes, en particulier à  l’égard des pratiques du monde politique, des medias, tellement obsédés par le culte du raccourci, du résumé squelettique ; institutions qui ne militent pas pour un ralentissement du temps »Qu.’importe, on est charmé par ce récit qui rappelle aussi les contes de Voltaire et atteint son but : nous divertir et nous faire toucher du doigt des questions sensibles par l’ironie, l’humour et une touche de gravité.

Stéphane Bret

Le jeune homme qui voulait ralentir la vie
Roman français de Max Genève
217 pages -14,50€¬
Editeur : Serge Safran Editeur
Parution : 2 mai 2014

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *