The Tallest Man On Earth – Dark Bird Is Home

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Il y a un truc que j’ai appris avec les années: je suis insensible à la folk contemporaine. Plus un truc ressemble à un type avec un voix rocailleuse penchée sur la nudité courbe de sa guitare acoustique, et plus je me sens branque.

the tallest man on earth - dark bird is homeImpossible de repérer au delà de la tristesse de l’ambiance, la différence, le supplément d’âme, qui va aller me titiller les neurones et m’en aller voir du côté des double scotch, si la vie est plus vivable.

En fait, pour qu’un folkeux me touche, il faut qu’il s’apparente plus à de la pop qu’à de la folk originelle. Beaucoup tentent ce mélange de guitares et d’arrangements plus riches qui parent leur art d’ornements plus travaillés. Rares sont ceux qui le font avec autant de goût que Kristian Mattson l’homme derrière le patronyme de The Tallest man on earth. Pour son quatrième album, le folk singer qui ne m’avait jamais vraiment retourné le bide décide d’explorer les ornements qui peuvent donner plus d’ampleur à des titres chantés en you (mais on lit « I » tout le temps) sur un quatrième album plus ouvert à tout un tas d’influences. Mattson raconte de petites histoires et des rêves sombres, auxquels on ne comprend pas grand chose en fait, barrière de la langue oblige, mais portés par une voix et une guitare qui étrangement me parlent, laissent une atmosphère une ambiance dans mes oreilles.

Sa voix -moins déglinguée que par le passé – raconte, sa guitare emporte, mais l’homme pare ses mélodies assez bluffantes d’arrangements divers qui rendent l’ensemble encore plus beau, encore plus onirique, un peu plus barré, un peu plus riche. Je songe parfois à Dylan, parfois au Velvet, -ça va comme références –  parfois aussi au Baby Bird anglais des années 90 Clarinette, cuivres, cordes, piano, viennent seconder, parfois secouer, les petites histoires racontées par l’homme au passé folk. Ces instruments agissent comme autant de personnages de second plan dans un tableau impressionniste, comme des intrigues à eux tout seuls. Et les morceaux se déroulent comme autant de petites nouvelles de guingois, contées par le barde suédois.

J’en redemande. Je retrouve la ligne directrice de ses premiers albums qui ne m’avaient pas farouchement transportés, la même méthode de composition, et quelque part on avance en terre connue. Mais, il a la bonne idée de sortir du dogme guitare + voix grasse de la folk des origines pour enrichir son propos de multiples petits seconds couteaux sonores, qui m’enthousiasment redoutablement en ce qu’ils concourent à donner une couleur mélancolique, chimérique, vachement cinématographique à l’ensemble. Presque poétique serais-je tenté d’écrire.

Définitivement en 2015 Dark bird is home est l’album folk à offrir à ceux qui n’aiment pas la folk.

Denis Verloes

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The Tallest man on earth – Dead bird is home
label : Dead Ocean / Havitation
Sortie : mai 2015

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