nicolas beige – Jamais droit : mélancolie hivernale

nicolas beige se promène dans la chanson française pour offrir un premier album mélancolique, porté par une écriture simple et sincère. Une belle découverte… faite, comme un clin d’œil du hasard, en ce fameux « blue monday », présenté comme le jour le plus triste de l’année.

nicolas beige
© tony noel

nicolas beige, auteur/compositeur/interprète lyonnais, apparaît en douceur dans le monde de la chanson française avec son premier album, Jamais droit. Ses neuf titres, composés « au cœur de l’hiver » et teintés de folk, ont de prime abord le calme apaisant d’une après-midi de neige, contemplée derrière une fenêtre, quand crépite un feu de cheminée. La quiétude apparente se dissipe toutefois pour se changer en mélancolie.

Jamais droitNaît alors un frisson délicat, timide certes mais bien réel, à l’idée du temps qui s’écoule trop vite – « Si la machine s’est emballée/ Comment fait-on pour l’arrêter » (Demain) – des amours qui coulent – « Tu n’aimais rien / Ni mes hauts ni mes bas / Mais c’était bien / Ces matins / Sur la plage avec toi » (Rien) – et des regrets qui s’enroulent – « J’aurais voulu aimer / Pour toujours à jamais / Mais c’est si compliqué / D’être celui qu’on est » (Machine arrière). Ces sensations caressantes naissent de mélodies aérées, qui laissent les paroles s’immiscer dans le cerveau de l’auditeur. Se dessinent alors des reliefs montagneux, entre lac, torrent et sérac, comme des reflets aux paysages intérieurs de l’artiste, à ses errances entre passé, présent et futur. Le beige s’ombre alors en nuances de gris – jeu de mot facile, je l’admets.

D’une intro à la Brassens (Jamais droit) à des intonations à la Dominique A (Le vide), l’artiste déploie sa voix douce à la diction précise sur des musiques où dominent piano (le magnifique L’épisode cévenol, que ne renierait sans doute pas Vincent Delerm) et guitares, qui évoquent parfois le Miossec des débuts, comme sur Rien. De-ci, de-là, un saxo ou une trompette (le quasi-guilleret La maison posée) change l’atmosphère, enrichit la palette. Malgré ces ajouts souvent judicieux, l’écriture reste épurée, à l’image de la batterie qui pose des fondations aussi solides que discrètes.

Jamais droit est une carte de visite intime et sincère, aux lettres sobres sur fond beige – jeu de mot facile, bis.

Christophe Grès

nicolas beige – Jamais droit
Label : autoproduction
Date de parution : 15 janvier 2026

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