[France tv] « L’affaire Laura Stern » : l’ombre d’une justicière

L’Affaire Laura Stern explore la lente dérive d’une femme ordinaire confrontée à l’impuissance face aux violences conjugales. Une minisérie tendue et sombre, qui interroge les limites de la justice et les zones grises de la morale.

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Avec un titre comme ça, on pourrait penser à une histoire vraie adaptée en série, mais en réalité, pas du tout. Il s’agit d’une fiction sortie tout droit de l’imagination de Frédéric Krivine et Marie Kremer. L’idée est de raconter, en quatre épisodes, l’histoire d’une pharmacienne très impliquée dans une association d’aide aux femmes victimes de violences. Lorsque l’une de ses protégées est abattue sous ses yeux par son mari, elle décide qu’il est temps d’endosser le costume de justicière afin de protéger toutes ces femmes qui risquent, à leur tour, de devenir les victimes de leur conjoint.

laura-stern-photoEncore une série où l’on ne va pas rigoler et dont on ne sortira pas le cœur en joie. Mais elle raconte, dans le cas présent, le dérèglement psychologique d’une femme, d’une mère de famille sans histoire, qui va peu à peu basculer dans la criminalité, persuadée du bien-fondé et de la nécessité de ses actes.

Récompensée par le prix de la meilleure série dramatique au dernier Festival de la fiction de La Rochelle, L’Affaire Laura Stern raconte de manière clinique l’engrenage criminel dans lequel va s’enfermer cette femme au-dessus de tout soupçon. La série montre aussi combien il est difficile de prévenir les violences conjugales et de protéger les femmes qui vivent sous la coupe, la domination, l’emprise psychologique ou physique de leur mari, et dont les plaintes ou les appels au secours ne sont pas toujours suivis d’effets.

Cette minisérie souligne également à quel point certaines femmes sont enfermées dans un schéma relationnel sclérosé, où l’emprise peut s’installer de manière insidieuse face à des maris toxiques, et où la violence ne s’exprime pas toujours par des coups.

Dans le rôle de Laura Stern, Valérie Bonneton incarne parfaitement cette femme qui perd peu à peu le sens des réalités. À ses côtés, Samir Guesmi joue un policier sympathique, un peu naïf, et surtout très amoureux, apportant une touche de légèreté à une série globalement très noire.

En tout cas, une minisérie qui le mérite d’apporter une réflexion sur une question complexe, épineuse et, malheureusement, plus que jamais au centre de notre société.

Benoit RICHARD

L’affaire Laura Stern
Mini série créée par Frédéric Krivine et Marie Kremer
Avec Valérie Bonneton, Samir Guesmi, Pascal Rénéric, Rym Foglia…
Genre : drame
4 épisodes de 50 minutes environ
Diffusion : HBO et France TV