5+5 = les disques préférés de CHARB-ON

Jouer du Blues Rock quand on est français ne va toujours pas complètement de soi, mais les Bordelais de CHARB-ON nous expliquent avec leur 5+5 d’où ils viennent…

Charb On Point Ephémère N et B
Charb-On au Point Ephémère – Photo : ED

Le Blues est par nature condamné à être une musique d’emprunt pour les Français : soit on fait semblant d’être Américain, soit on passe pas mal de temps Outre-Atlantique pour absorber l’esprit du Blues par osmose (?)… sinon on passera forcément pour un imposteur. Les choses sont néanmoins en train de changer, avec l’intérêt de plus en plus manifeste des musiciens français pour cette forme musicale, en particulier dans sa déclinaison Blues Rock. CHARB-ON, trio bordelais mené par Vinz Pollet-Villard, a choisi d’assumer pleinement ses racines hexagonales, tout en allant enregistrer son premier EP directement à la source, à Austin, au studio d’Adrian Quesada des Black Pumas. Leurs Austin Sessions (novembre 2025), se sont avérées une petite gifle, avec cinq titres bilingues, enregistrés en trois jours sans filet, qui sentent le live, le fuzz, voire quand on a un minimum d’imagination, moiteur du bayou. Avec Florian Royo à la guitare et Alain Baudry à la batterie, le power trio, qui fonctionne sans basse, mais avec des claviers saturés qui compensent largement, délivre une musique crue et sans concession, quelque part entre les Black Keys (incontournables même si on les critique beaucoup aujourd’hui) et Hound Dog Taylor. La question du français, de la nationalité comme de la langue, dans le blues n’est plus une gêne chez CHARB-ON : on frôle la déclaration d’intention. Ce qui n’empêche pas qu’on avait envie de les voir nous expliquer leurs influences, et les musiques dont ils se sentent proches. Voici donc leur 5+5 :

5 disques du moment :

Canyon Lights – Breathe Easy

Trio transfuge de GA-20 où l’on est séduit par les mélodies et les riffs super efficaces de Pat Faherty et les idées rythmiques de Tim Carman. Une relecture du blues dans laquelle on se reconnaît et un groupe avec qui on aimerait vraiment partager la scène.

Hermanos Gutierrez – Sonido Cosmico

Welcome to the desert ! Difficile à croire que le groupe a vu le jour en 2015 à… Zurich ! Une musique instrumentale et cinématique qui transporte directement dans le désert de Sonora ou à la frontière mexicano / texane. Pour triper sans substance illicite.

Jesse Welles – Hells Wells

Découvert grâce aux réseaux sociaux et immédiatement tombé sous le charme de ce protest singer, un Woody Guthrie du 21e siècle à l’écriture ciselée, et qui appuie là où ça fait mal sans en donner l’impression. À écouter (et surtout lire les paroles) War isn’t murder

Viagra Boys – Welfare Jazz

Le morceau d’ouverture annonce la couleur : Ain’t Nice, hymne à la mauvaise foi et à l’irrévérence sur fond de grooves et des riffs implacables . Avec un front man que ne renieraient ni les Pistols ni les Pogues. On adore !

Inspector Clouzo – Less Is More

Tout est dans le titre : cette devise nous anime également, ils vont à l’essentiel. Pas de polish, tout est joué live, l’énergie sur leurs disques est incroyable et leurs shows survoltés. En plus, on est voisins.

5 disques pour toujours :

Queens Of The Stone Age – Songs For The Deaf

Dernier album avec le sulfureux Nick Oliveri à la basse, road trip déjanté entre Los Angeles et The Joshua Tree. L’album à écouter quand tu dois prendre la route la nuit pour un long trajet, plus efficace pour te tenir éveillé que tous les shots d’expresso du monde.

The Sonics – Here Are The Sonics

Rhythm’n’blues sous speed, on est en 1960, et ces gars de Tacoma débarquent avec un son d’une sauvagerie incroyable, un groupe vraiment précurseur dont on ne s’étonne pas qu’il soit cité comme référence par des groupes comme Nirvana. Définitivement une des nôtres…

MC5 – Kick Out The Jams

Detroit nous a donné la Motown, mais elle nous a aussi fait un sacré cadeau avec les Motor City 5. « Kick out the jams motherfuckers » : avec cette phrase, on sent qu’on est à un moment de bascule, on va quitter la naïveté des 60’s pour rentrer dans quelque chose de beaucoup plus trash, plus violent..

The Red Devils – Live at King King

On s’imagine débarquer dans ce club de Los Angeles et prendre en pleine face le rocking blues débridé de ce combo porté par les guitares explosives de Paul Size et l’harmonica tranchant et le chant habité de Lester Butler. La claque !!

The Black Keys – Thickfreakness

On ne mesure probablement pas encore le bien qu’ont fait les Black Keys au blues et à ses musiques tangentes en le projetant, à leur façon, sur les plus grandes scènes du monde entier. On est complètement fans et le fait de les avoir vus en 2003 à Bordeaux dans un club de 200 places chauffé à blanc n’y est sûrement pas pour rien.

Leur dernier disque :

LocoCHARB-ONLoco (Single)
Label : CHARB RECORDS
Date de parution :

 

 

 

 

 

 

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