« Radio Club » c’est la véritable histoire d’un club mythique de Los Angeles du début des années 1980, racontée par Alex Jordanov, l’un de ses créateurs… Une épopée à lire en musique.

Journaliste et écrivain, Alex Jordanov a longtemps conservé cette histoire pour lui. Qui aurait pu croire qu’un gamin de moins de 20 ans, sans expérience, ait pu, dans un pays étranger, contribuer à l’émergence du rap en travaillant avec les premiers rappeurs et en croisant, incidemment, Madonna et Prince, Michael Jackson et les Red Hot Chili Peppers ? Or, tout ceci est vrai. Cet album a reçu la validation d’Ice-T en personne !
Après deux années de prépa scientifique, Alex Jordanov rejoint son père qui enseigne à Bekerley, à Los Angeles. Nous sommes en 1982. Inscrit à la fac locale, il s’ennuie ferme et découvre le rap. Né sur la côte est des USA, le hip hop n’a pas encore percé en Californie. AJ a une idée. Seulement, pour la tester, il lui faut un artiste. Il se saisit d’un disque de rap, identifie sur la pochette le nom du producteur, l’appelle et obtient les coordonnées d’un rappeur inconnu. Ice-T va accepter de l’accompagner dans sa folie. Avec quelques potes, des bouts de ficelles et des combines, il loue un vieux théâtre, le retape et ouvre une boite de nuit. Ce sera le Radio club. La première soirée est un succès. Sur le tas, AJ apprend le métier de tenancier. À lui désormais de gérer les exigences des artistes, les provocations de la police, la drogue, les viols et les tentations de l’argent facile.
La patte graphique de Ké Clero est nerveuse et relâchée. Bien que légèrement déstructuré, son trait est précis et vif. Il capte aussi bien le mouvement, que les regards en biais et les tensions. Sa nuit est fiévreuse, violente et musicale.
Dans une ville aussi dangereuse, la réussite attire les convoitises. En multipliant les ellipses et les surprises, les anecdotes sidérantes et les extraits de chanson, le scénario nous immerge dans un milieu en effervescence. Fatigué, AJ pare au plus pressé. S’il côtoie, sans le savoir, de futures légendes, c’est à lui de passer le balai et de réparer la sono. La nuit sera longue
De son côté, Ice-T a un plan. Ce visionnaire entend conquérir sa place dans le « game ». Il veut être riche, très riche. Il veut une belle villa sur le haut de la colline. Dans une société qui ne tolère pas le succès des noirs américains, il veut conquérir son indépendance. De fait, il ouvrira la porte aux autres… les stars du gangster rap, dont vous connaissez tous les noms.
L’aventure du Radio club aura duré 2 ans. À sa mort, la Californie avait changé.

Stéphane de Boysson
Radio Club – A West Coast True Story of Hip Hop
Scénario : Alex Jordanov
Dessin : Ké Clero
Éditeur : Glénat
144 pages – 25 €
Parution : 11 février 2026
Radio Club — Extrait :

