« Jakob » : Satu Rämö poursuit avec brio sa saga policière

Après Hildur et Rosa & Björk, Satu Rämö nous fait voyager entre Islande et Norvège pour découvrir le passé de Jakob. Même si les mêmes recettes que dans les deux précédents opus sont utilisées dans la construction du roman, navigant entre passé et présent, le troisième volet de la saga reste tout aussi addictif.

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© Bjorgvin Hilmarsson

Comme pour la lecture du deuxième tome, Rosa & Björk, il vous est vivement conseillé de lire la série dans l’ordre. Si vous ne voulez pas découvrir avant l’heure certains rebondissements, ne lisez pas ce qui va suivre… Il devient compliqué de parler de Jakob sans en dévoiler un peu.

JakobHildur a retrouvé sa sœur Björk dans le deuxième tome. Rosa semble avoir disparu. Jakob se prépare quant à lui à vivre un procès compliqué en Norvège pour obtenir enfin la garde de son fils. Et c’est sans compter la duplicité de son ex-femme qui va tout mettre en œuvre pour le terrasser.

Avant qu’il ne s’envole pour la Norvège, Jakob accompagne Hildur sur la scène d’un crime. Un homme est retrouvé noyé, hameçonné à un crochet dans une ferme de pisciculture dans un fjord de l’ouest de l’Islande. D’abord prise pour un trafiquant de drogue, la victime s’avère être un palefrenier travaillant dans un élevage équestre. Satu Rämö nous fait alors découvrir des pratiques de maltraitance animale en Islande.

Bien que dénoncées par bon nombre d’associations de protection animale et contraires aux dispositions sanitaires européennes dans lesquelles l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein sont engagés, des « fermes à sang » continuent leurs activités en Islande. Les éleveurs prélèvent le sang de juments en gestation en grandes quantités pour en extraire une hormone produite par le placenta de l’animal. Cette substance est ensuite commercialisée par l’industrie vétopharmaceutique. Elle améliore le taux de reproduction des élevages intensifs, que ce soient les vaches, les truies ou les brebis.

La souffrance animale et l’enrichissement des laboratoires sont au cœur de l’intrigue de Jakob. Comme dans les deux précédents romans, l’image d’Epinal de l’Islande est écornée.

En parlant d’image d’Epinal, Jakob continue à tricoter avec frénésie des pulls islandais au maillage de plus en complexe et avec une laine difficile à dompter. Mais cette obsession traduit un mal-être que le lecteur aura l’occasion de découvrir dans ce tome. Loin du Viking un peu taciturne mais doux comme un agneau que Satu Rämö nous avait fait connaitre, le policier se dévoile sous un nouveau jour, qui le rend encore plus attachant.

Bien entendu, au fil des pages, les intrigues vont s’entrelacer jusqu’au dénouement final. N’en dévoilons pas plus. Les deux tomes précédents, Hildur et Rosa & Björk, sont déjà disponibles en format poche.

Satu Rämö, la plus Islandaise des Finlandaises, aime son pays d’adoption et tente au travers de ses romans de faire bouger les lignes. On reconnait là le style des polars nordiques qui ont très souvent une approche sociétale.

Encore une fois, vivement la suite !

Caroline Martin

Jakob
Roman de Satu Rämö
Traduction du finnois par Aleksi Moine
Editeur : Seuil
464 pages, 22,90 euros
Date de parution : 11 septembre 2026

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