Oh, que ce troisième trimestre 2026 a été riche en parutions excitantes et de qualité ! Résultat : un consensus impossible parmi l’équipe Benzine, où chacun a âprement défendu ses « poulains »,… et au final un Top 10 excessivement frustrant, quand on pense à toutes les merveilles qui n’y figurent pas. Mais au moins, il y a là une belle variété de genres musicaux !

Voici la sélection proposée par la rédaction BENZINE des albums qui nous ont marqués ces trois derniers mois (sélection toujours garantie sans musique générée par IA, à moins que nous nous soyons laissés abuser !).
Nos 10 albums de Rock, Pop, Folk, etc. favoris sortis entre le 1er juillet et le 30 septembre 2026 :
Les albums sont classés par ordre alphabétique du nom des artistes ou des groupes.
Phoebe Bridgers – Lost Weekend
Six ans après Punisher – six années durant lesquelles elle n’a pourtant guère disparu –, Phoebe Bridgers revient enfin en solo avec Lost Weekend. Plus silencieux, étrange et expérimental qu’on aurait pu l’imaginer, ce troisième album parle de deuil, d’amour, de ruptures et de cette curieuse sensation de se regarder vivre de l’extérieur. On y retrouve intact ce qui rend Bridgers si précieuse : une écriture intime capable de transformer des blessures minuscules en émotions universelles. Chronique complète
Interpol – This Mirror Weighs a Ton
Sans renier cette tension nocturne immédiatement reconnaissable, Interpol enrichit sur This Mirror Weighs a Ton son vocabulaire de synthétiseurs, de cordes, de guitares acoustiques et de nouvelles textures. Il ne s’agit pas d’une révolution mais d’un déplacement subtil, mais suffisamment important pour éviter la répétition. Interpol reste Interpol, mais regarde cette fois son reflet sous un angle légèrement différent – et toujours aussi fascinant. Chronique complète
Girls In Hawaii – Eldorado
Avec Eldorado, Girls in Hawaii renouent avec cet indie rock mélancolique et délicatement mélodique qui avait fait leur singularité au début des années 2000, sans chercher pour autant à reproduire leurs anciens disques. Il y a toujours chez eux cette manière très particulière de faire cohabiter douceur et inquiétude, lumière et tristesse, mais aussi désormais une forme d’apaisement. Un retour élégant et profondément humain… Chronique complète
Man/Woman/Chainsaw – Cannonball
Ne cherchez surtout pas à coller une étiquette sur Man/Woman/Chainsaw : sur ce formidable premier album, le sextet londonien mélange pop, punk, noise, piano, violon et envolées presque soul avec une liberté qui évoque parfois le premier Black Country, New Road, tout en affirmant déjà une identité très personnelle. Cannonball est un disque euphorisant, porté par six jeunes musiciens qui semblent avoir décidé que toutes les règles pouvaient être réinventées. Chronique complète
Emma Ruth Rundle – These Killing Times
Après l’introspection douloureuse d’Engine of Hell, Emma Ruth Rundle choisit de regarder vers l’extérieur. Attention : These Killing Times n’est certainement pas devenu pour autant un disque joyeux. Mais la colère, la résistance et même une certaine forme d’espoir collectif viennent désormais répondre à la noirceur et à l’isolement. Un album traversé par une rage profondément féminine, mais surtout par cette question essentielle : que pouvons-nous encore construire ensemble lorsque tout semble nous pousser au désespoir ? Chronique complète
Shearwater – The New World
Quatre années de travail auront été nécessaires à Jonathan Meiburg pour construire ce New World, disque ample, aventureux et superbement orchestré. Entouré d’un ensemble de musiciens particulièrement riche, Meiburg retrouve cette manière unique de transformer les inquiétudes du monde contemporain en chansons qui semblent ouvrir de gigantesques paysages devant nous. Shearwater continue courageusement d’explorer des territoires nouveaux. Chronique complète
Syd Matters – A Gospel Of Some Sort
Il aura fallu attendre quinze années pour entendre enfin un nouvel album de Syd Matters, et A Gospel Of Some Sort justifie largement cette interminable patience. Jonathan Morali retrouve ses obsessions – le temps, la mélancolie, la perte, la difficulté de savoir exactement où l’on se trouve dans l’existence –, mais avec la profondeur supplémentaire que donnent forcément les années. Résultat : l’un des plus beaux albums de Syd Matters. Chronique complète
Tricky – Different When It’s Silent
Premier véritable album solo depuis Fall to Pieces en 2020, Different When It’s Silent le voit sortir lentement du deuil sans chercher à retrouver son passé. Rock alternatif, électronique, grime, blues lo-fi : tout se mélange dans cette musique nocturne, sensuelle et inquiétante. Un disque qui rappelle que Tricky reste un créateur impossible à enfermer dans le « trip-hop », dont il fut pourtant l’une des figures tutélaires. Critique complète
Westside Cowboy – It Goes On
Après deux EP qui avaient fait de Westside Cowboy l’un des secrets les moins bien gardés de la nouvelle scène britannique, It Goes On confirme tout le bien que l’on pensait des quatre Mancuniens. Onze chansons et à peine trente-six minutes pour un premier album qui regarde curieusement davantage vers le rock indépendant américain que vers Manchester. Westside Cowboy possède surtout cette qualité rare qui consiste à sembler familier tout en ne ressemblant vraiment à personne. Chronique complète
Yard Act – You’re Gonna Need A Little Music
Troisième album et nouvelle mue pour Yard Act, qui refuse décidément de se laisser enfermer dans le post-punk de ses débuts. Écrit cette fois collectivement en studio, You’re Gonna Need A Little Music respire la liberté et le plaisir de jouer ensemble : funk, pop, rock, spoken word et bizarreries diverses viennent nourrir les observations toujours aussi drôles et acérées de James Smith. L’imprévisibilité est devenue une méthode ! Chronique complète
