Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain forment un duo irrésistible dans cette comédie satirique signée Marc Fitoussi. Un film à la fois drôle et tendre, qui nous plonge dans les coulisses du cinéma.

Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain se retrouvent à l’affiche de Ni vue, ni connue. Marc Fitoussi avait déjà dirigé chacune d’elles, respectivement dans Copacabana et Pauline détective. Il les réunit ici dans une comédie pétillante et drôle, non dénuée de mélancolie. À contre-emploi, comme elle sait si bien le faire, Isabelle Huppert est formidable en figurante de cinéma. Corinne Maclou, c’est son nom, enchaîne les tournages et distribue ses CV à tout-va, dans l’espoir d’être enfin reconnue à sa juste valeur. De fil en aiguille, elle sympathise avec Sandrine Kiberlain, qui joue ici son propre rôle, et une complicité naît entre les deux femmes.
Le film joue habilement du contraste entre cette comédienne ratée et aigrie, qui rêve encore, malgré l’âge, de décrocher un premier rôle, et l’actrice germanopratine, caricaturale à souhait, qui vit dans sa bulle, confortablement installée dans son petit confort parisien et toujours aux petits soins pour elle-même. Au contact de Corinne, celle-ci va peu à peu retomber les pieds sur terre et se confronter à la réalité du monde qui l’entoure.
On s’amuse beaucoup pendant les 1h50 du film, à suivre ces deux femmes que tout oppose mais dont la complicité fonctionne à merveille. Les dialogues sont savoureux, les répliques fusent sans cesse dans cette comédie légèrement satirique, qui nous plonge dans l’envers du décor et dans les coulisses d’un tournage. Un thème déjà abordé en 2024 par Cédric Kahn dans Making Of, avec Denis Podalydès et Vincent Lindon, un film qui racontait la vie tumultueuse d’un plateau.
Si Huppert et Kiberlain sont parfaites dans ce film, les seconds rôles ne sont pas en reste. Emmanuelle Bercot est excellente en réalisatrice totalement habitée par son travail, et signe l’une des meilleures scènes du film, vers la fin, lorsque les deux héroïnes se retrouvent dans le désert marocain pour le tournage d’un film en costumes. On retrouve aussi Anne Marivin, révélée en postière dans Bienvenue chez les Ch’tis, qui campe la bonne copine un peu cassante et vient judicieusement s’immiscer entre les personnages de Kiberlain et de Huppert.
Un film drôle, plein de tendresse, mais aussi un peu cruel par moments, qui parle d’hypocrisie, d’égocentrisme et de solitude dans un univers où tout repose sur les apparences.
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Benoit RICHARD
