Chroniques express 70

denims.jpg Alexandre Navarro/ Daedelus / Kyrie Kristmanson / Saycet / Blood Red Shoes /Double U / David Bazan / JJ / 69 / Raymonde Howard / Miike Snow / KingQ4 / Clara Moto / Ewan Pearson /

Retrouvez toutes ces chroniques sur Pop Revue Express avec des titres en écoute


Alexandre Navarro – Black Bird
Entre deux albums, Alexandre Navarro, par ailleurs responsable du label SEM, s’est offert une »récréation guitaristique » avec »Black Bird Ep » sur lequel il propose trois titres ambient guitar dans lesquels notre garçon s’amuse avec les effets (larsen, reverb ») que peut produire son instrument électrique, un peu comme pouvait le faire, à  son époque, Jimi Hendrix (toute comparaison mise à  part) à  la fin de ses fameux morceaux d’anthologie, Si l’exercice est classique, il n’en est pas moins intéressant, avec une quinzaine de minutes en apesanteur durant lesquelles on se surprend à  imaginer des images post-apocalyptiques. Un disque qui aurait très bien pu servir de bande son pour l’adaptation du roman »The Road » au cinéma. [3.0] Benoit Richard
SEM – 2010

10420_sta.jpgDaedelus – Righteous Fists Of Harmony

Ceux qui suivent les productions discographiques du californien Daedelus depuis le début savent que ce pseudo a souvent été synonyme d’expériences musicales en tout genre, ou comment, avec un sampler et des tas d’idées, cet habitué des labels Ninja Tune (pour lequel il signe son meilleur album, »Exquisite Corpse » en 2005) Mush et Plug reasearch, exilé cette fois sur Brainfeeder, a toujours su allier influences, musiques du monde et hip hop dans des créations audacieuses et souvent foutraques. Pour ce nouvel album, Daedelus poursuit dans cette même veine, en puisant pour l’occasion dans le répertoire bossa nova et dans la musique de vieux films histoire de donner une saveur exotique et une rondeur toute particulière et très agréable à  cet album. Mission réussie donc avec ce »Righteous Fists Of Harmony » un album aux saveurs douces et épicées à  la fois, qui montre que malgré ses activités incessantes, notre ami Daedelus est loin d’être à  cours d’idée. [3.5] Benoit Richard
Brainfeeder – mars 2010

10420_sta.jpgKyrie Kristmanson – Origin of stars

Très belle découverte que ce premier album de la canadienne Kyrie Kristmanson, dans lequel on trouve tout un tas d’influences et de styles mêlés : jazz, soul, folk ». Mais Kyrie Kristmanson c’est d’abord cette voix, teintée de réverb.’, qui épate, qui charme dès les premières secondes. Changeante, folle ou sage, elle nous promène durant tout l’album, sur des sentiers cabossés, notamment dans la première partie qui se révèle aussi la plus réussie. à‡a débute avec le bariolé »Song X » qui rappelle étrangement le fameux »Fever » de Peggy Lee, et ça continue avec des folk songs jamais sages ni prévisibles qui font de chaque titre une réelle surprise. Et même si le disque ne tient pas le rythme d' »une chanson = une merveille » jusqu’au bout, avec des titres plus convenus sur la seconde partie, il n’en reste pas moins que »Origin of stars » est une petite gourmandise d’à  peine 30 minutes, dont il serait dommage de se priver ! [4.0] Benoit Richard
No Format – mars 2010

10420_sta.jpgSaycet – Through The Window

Après »One Day At Home » un premier album appliqué et attachant, dans la lignée des productions electronica Morr Music de la fin des années 90 (B. fleischmann, isan, Mùm »), Saycet revient quatre ans après, à  peu près dans les mêmes dispositions, pour continuer de nous bercer avec ses compositions éthérées aux sonorités cristallines dans lesquelles il insuffle un côté pop nettement plus prononcé que par le passé, dû en partie à  la présence récurrente de la chanteuse Phoene Somsavath. Malheureusement, ce qu’on avait apprécié sur le précédent album aurait tendance cette fois à  nous plonger dans un ennui poli, avec une enfilade de titres certes, très bien produits, bien arrangés, très mignons, mais un ensemble assez uniforme et duquel on a bien du mal à  ressortir quelque chose de réellement convaincant. Trop ripoliné, trop linéaire, l’album, malgré les écoutes répétées, laisse toujours cette impression de machine bien huilée mais qui tourne à  vide et ne dégage pas la moindre émotion. Dommage. [2.0] Benoit Richard
Electron’y Pop – mars 2010

Blood Red Shoes – Fire Like This

Bien calé dans son époque, le duo Blood Red Shoes : Steven Ansell (voix, batterie) et Laura-Marly Carter (voix, guitare) revient pour un second album nettement plus pop que son prédécesseur »Box of Secrets » (2008),… mais pas sûr qu’on y ait gagné en qualité. Car dès les premières mesures, on se rend compte qu’on a affaire à  un album extrêmement formaté et sans la moindre personnalité, avec un son ultra lisse et des plans mille fois entendus entre 1990 et aujourd’hui (Nirvana, Whites stripes, Placebo »). Bref, pas grand chose à  sauver parmi cette dizaine de chansons, certes, efficaces, énergiques, pêchues et tout ce qu’on voudra, mais des chansons avant tout taillées pour la FM et qui manquent cruellement de caractère pour susciter un réel intérêt. [1.0] Benoit Richard
V2/Cooperative Music – mars 2010

Double U – Pineapple Dream

Après la courte parenthèse Franklin, Franck Rabeyrolles retourne à  son projet d’origine, Double U qu’il conduit depuis bientôt 5 ans. Avec »Pineapple Dream » il continue de creuser un sillon pop qui contraste avec le trip hop des débuts et qui confirme le goût du montpelliérain pour les beaux arrangements et les ambiances éthérées. Comme sur l’album de Franklin, on retrouve ces fameuses pop songs vaporeuses, mais avec, malheureusement encore une fois, les mêmes défauts. Car à  vouloir trop bien faire, à  force de travailler la matière, de rajouter toujours un peu plus de ci et de ça, notre garçon a laissé en route beaucoup de fraîcheur et de simplicité. Deux composantes qui manquent cruellement à  cet album. Côté mélodies, on reste également sur notre faim, cherchant encore les deux ou trois titres que l’on pourra ressortir d’un ensemble certes »sympa » mais un peu trop pépère. Et pour tenter comprendre ce qu’il manque à  l’album de Double U, il suffira de réécouter les albums de Orwell ou de Syd Matters pour avoir sans doute un début de réponse. [2.5] Benoit Richard
Wool recordings – 2010

David Bazan – Curse Your Branches

Longtemps leader du groupe Pedro The lion à  qui l’on doit quelques albums plus sympathiques qu’indispensables entre 1998 et 2004, le toujours jeune David Bazan revient en solo avec »Curse Your Branches » un album qui fait suite à  un Ep paru en 2006. On ne notera pas vraiment de révolution dans le son ni dans le style de David Bazan mais simplement une forme de continuité avec des chansons bien torchées et entraînantes qui permettent de constater que notre homme n’a rien perdu de ses capacités à  composer des Pop/Blues/County/folk songs pleines de mélancolie. Des complaintes très touchantes dans lesquelles il évoque la famille et notamment de son rapport à  la religion et à  l’église. Au total, dix titres assez classiques dans leur forme mais qui collent bien au propos et qui font souvent mouche ! [3.0] Benoit Richard
One Four Seven records/Module – mars 2010

JJ – jj n,°3

Comment après avoir réussi un album de pop baléarique si touchant et si agréable avec »JJ N,°2″ le duo suédois JJ a t il pu louper son passage au second album en ratant à  peu être tout ce qu’ils avaient réussi avec le premier ? De prime abord, plus dépouillé que le précédent, »JJ N,°3″ se veut aussi sans doute moins léger, plus profond, plus mélancolique, avec des sonorités synthétiques cheap qui rappellent par instant les formation dream pop de la fin des années 80, début des années 90, voire les pires ringardises de, l’époque style Mike Oldfield et ses synthés. Bref, si on voudrait être méchant on dirait que cet album sent le renfermé et ne propose rien de bien neuf ni de passionnant ; juste des chansons allégées et de la musique de spot de pub assez fadasse mais inoffensive durant 27 minutes. Dommage quand on sait comment »JJ N,°2″ avait su nous apporter un peu de fraîcheur à  la fin de l’été 2009. [2.0] Benoit Richard
Secretly Canadian/Differ-ant – mars 2010

10420_sta.jpg69 – Novo Rock

Chant, guitare, synthé Moog, boites à  rythmes… le ton est donné, 69 joue du »novo rock »! Ce genre de novo rock, post-punk, qu’on a entendu au début des années 80 avec des groupes comme Devo, Pil ou Kas Product en France. Anciens membre de Sloy (le seul groupe français avec les géniaux Thugs vraiment capable de rivaliser, à  l’époque du grunge, avec les américains), Virginie Peitavi et Armand Gonzalez refont surface avec ce projet pour le moins étonnant où, comme à  la belle époque de Sloy, ils puisent dans leur inspirations pour donner vie à  un rock bariolé et sans limite. Un rock synthétique et bizarre, loin de tout formatage radio et qui n’a sans doute pas d’autre ambition que de proposer une musique pétillante et inventive, sans jamais faire dans la facilité. Un acte presque héroîque qui mérite plus que des encouragements ! [3.5] Benoit Richard
69 records/Idwet – mars 2010

10420_sta.jpgRaymonde Howard – For all the bruises, black eyes and peas

Projet mené par la stéphanoise Laetitia Fournier, Raymonde Howard fleure tout de suite bon le rock à  guitare brut et sans fioriture même si, sur la sur plupart des compos, la disto reste muette, laissant la place à  la reverb.’ et à  des ambiances intimistes plutôt qu’à  la colère et à  des décharges électriques comme c’est souvent le cas dans un genre où PJ Harvey s’est imposée comme une référence incontournable. Composé sur un 4 pistes à  la maison, »For all the bruises, black eyes and peas » fait la part à  des chansons aux allures folk, parfois même Blues, nourries de boucles de guitares, laissant toujours poindre à  l’horizon, un orage, prêt à  éclater. [3.5] Benoit Richard
We Are Unique Records – mars 2010

10420_sta.jpgMiike Snow – Miike Snow

Dans un genre (electro-pop) qui commence sérieusement à  tourner en rond, débarque Miike Snow, un trio formé en 2007 de Andrew Wyatt et des producteurs suédois Pontus Winnberg et Kristian Carlsson (connus sous le pseudo Bloodshy & Avant), avec un premier album dansant et accueillant »à  condition de ne pas s’y éterniser. Avec onze chansons bien calibrées, le trio a su composer un album passe-partout, facile à  écouter, autant à  la maison que sur le dance-floor, mais qui franchement n’apportera rien de plus par rapport à  tout ce qu’on a pu entendre ces derniers mois (Royksopp, Passion Pit, Late Of The Pier, Hot chip, Friendly Fires ») dans un style qui a toujours donné un peu l’impression de ne pas avoir grand chose de consistant à  donner, si ce n’est quelques sucreries joliment emballées pour un plaisir sans lendemain. Vous l’aurez compris, rien de bien franchement folichon dans cet album de Miike Snow, sans doute sincère mais bien trop consensuel pour éveiller une curiosité aiguisée. [2.5] Benoit Richard
Columbia/sony – mars 2010

10420_sta.jpgKingQ4 – LoveBuzz

Rescapé ou revenant de la vague electronica du début des années 2000 (o.lamm, Mils, KG, M83, Hypo »), King Q4 est de retour après 9 ans d’absence (il a participé entre temps à  quelques projets (Encre, The Konki Duet ou Matt Elliott) pour un 4 titres electro pop bien dans l’air du temps dont une reprise sacrément dansante du »Love Buzz » de Shocking Blue, déjà  repris par Nirvana à  l’époque de leur premier album »Bleach ». Nul doute que ces 4 titres prometteurs devraient déboucher très vite sur un album. [4.0] Benoit Richard
Clapping Music/Discograph – mars 2010

10420_sta.jpgClara Moto – Polyamour

Le label de Agoria, Infiné (Rone, Aufgang ») fait mouche une fois encore en sortant l’album de Clara Moto, une productrice, DJ autrichienne, auteure jusqu’alors de quelques maxis remarqués, dont le famuex single »Glove Affair » paru en 2007. Presque trois ans après, sort enfin le très attendu »Polyamour » l’occasion de vérifier que les promesses entrevues dans ces maxis se sont pas révélées vaines. Plein de sensibilité et de douceur, »Polyamour » charme dès les premiers titres par un son minimal house très accueillant, n’hésitant, par moment, pas à  aller voir du côté de la pop ou de l’electronica, ce qui a le don de rendre l’album plus accessible encore. Au final, on peut dire que »Polyamour » est un album bien ficelé, souple, élégant qui devrait ravir autant les clubbers que les amateurs de pop électronique pantouflards comme moi. [3.5] Benoit Richard
Infiné/discograph – mars 2010

Ewan Pearson – We Are Proud Of Our Choices

La techno des producteurs anglais de la fin des années 90 (Underworld, Orbital, Leftfield en tête !) avait l’avantage d’allier puissance et souplesse, ce qui rendait les albums de ces derniers aussi agréables à  écouter en club que chez soi. Si aujourd’hui la »minimal » bien plus cérébrale à  mon goût, a nettement plus le vent en poupe, il est bon de se replonger dans ce son popularisé grâce aussi en partie à  Ewan Pearson. Aujourd’hui c’est son talent de selecter qui nous intéresse plus particulièrement (on se souvent encore de l’excellent »Piece Work » sur K7 en 2007) avec cette fois un mix composé pour l’écurie Kompakt. Un mix tech-house très agréable, presque chill par moment, qui nous plonge dans des morceaux signés A Ldric ou RMNVN (collaboration entre Ivan Smagghe et Roman Flügel), KiNK and Neville Watson ou encore Yosa et son élégant »Margaret ». Le mix se termine par une poignée de titres plus marqués »electro » mais tout aussi passionnants. Au total 18 titres et pas une faute de goût pour une sélection équilibrée, variée, facile à  écouter et qui constitue dans doute ce qu’on a entendu de mieux dans le genre depuis bien longtemps. [4.0] Benoit Richard
Kompakt/Module – févr. 2010

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