Current 93 – Baalstorm, Sing Omega

Début juin 2010 : Current 93 sort son nouvel album Baalstorm, Sing Omega, un an presque jour pour jour après son chef d’oeuvre terrifiant Aleph at Hallucinatory Mountain. Les chroniques commencent à  tomber. Elles ne sont pas positives : elles sont dithyrambiques. Mais rien n’y fait : je repousse et repousse l’écoute de cet album. Par peur d’être déçu.

Début décembre 2010 : Je me jette enfin à  l’eau. Et après avoir écouté les 50 minutes qui composent Baalstorm, Sing Omega, j’en ressors tout abasourdi, transi que je suis d’avoir écouté une oeuvre majeure, aussi bien de l’année 2010 que de la discographie de Current 93.
Un an après avoir écrit la bande originale de la fin du monde avec Aleph at Hallucinatory Mountain, le furieux David Tibet prouve qu’il a toujours plus d’une composition à  son arc cachées dans son esprit torturé.

Baalstorm, Sing Omega est l’exact opposé de son prédécesseur. Sa face claire. Positive. Son yang en quelque sorte. Car bien que toujours porté par la voix hallucinée de David Tibet, cet album est lumineux, entre psyché-folk, psyché-pop et un piano même pas débraillé comme centre du monde. Un album qui sonne finalement comme résolument optimiste, bien qu’en équilibre très précaire et instable tout du long.

Mais plus qu’une suite, ce nouvel album des Current 93 est surtout le prequel d’Aleph at Hallucinatory Mountain. La genèse de l’histoire. Quand tout allait bien, que la vie se déroulait normalement, pleine de cris d’enfants et de soleil à  travers les persiennes, quelques minutes avant la désolation et la destruction.

Baalstorm, Sing Omega est un album sublime, surprenant, moins exigeant et plus facile d’accès que son (et ses) prédécesseur, mais toujours aussi fascinant. Un disque qui montre à  quel point Current 93 reste encore aujourd’hui un groupe majeur, tête de proue en 2010 d’une bande de « vieux » responsables de retours fracassants (Swans, The Ex, ce genre de choses).

C.’est Dance The Narcotic qui clôt cet album. Une chanson qui fait le lien entre les deux albums : l’ambiance se plombe, l’orage gronde, les corbeaux croassent au rythme d’un orgue brinqueballant. Et la suite cachée tout au bout en fin de piste accentue encore le propos. La noirceur envahit l’environnement. Le soleil se voile. Le vent se met à  souffler. Tout est irrémédiable. Et après ça, le déluge.

5.gif

Olivier Combes

Tracklisting:
01. I Dreamt I Was ?on
02. With Flowers In The Garden Of Fires
03. December 1971
04. Baalstorm! Baalstorm!
05. Passenger Aleph In Name
06. Tanks Of Flies
07. The Nudes Lift Shields For War
08. Night! Death! Storm! Omega!
09. I Dance Narcoleptic

Sortie: 28 mai 2010
Label: Coptic Cat

Plus+
Myspace
Retrouvez cette chronique ainsi que 2 titres en écoute en cliquant ici

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *