Maïa Vidal – God is my Bike

Impossible de résister au charme qui émane de God is My Bike. Maîa Vidal y témoigne d’une fraîcheur mélodique incomparable. Une future grande bientôt indispensable.

Les biographes ont de quoi se régaler : Maîa Vidal est née aux Etats-Unis de parents franco-espagnol et germano-japonais. Elle a étudié à  Montréal, vient de passer deux ans à  Barcelone et partage désormais son temps entre New York et Paris. Cette jeune pourrait être ambassadrice de l’ONU ! En attendant, elle chante et compose de la musique. Elle change surtout le plomb en or, ayant eu l’idée de saugrenue – un vrai défi – de monter Your Kid Sister,, un cover band de Rancid, groupe punk , rimant avec fétide. Maîa y proposait des versions orchestrales de poche incluant toy piano, glockenspiel, violon, accordéon, trompette…

Toute l’instrumentation aujourd’hui présent dans God is my Bike avec les propres compositions de la jeune femme. Cet attirail fait de bric et de broc, d’instruments légers et respirant bon l’artisanat musical, rapprochera Maîa Vidal de Yann Tiersen (surtout sur l’inaugural The Waltz of the Tick Tock fo time), de, This is the Kit, pour des mélodies évidentes de pureté., On pourra voir en elle une, Emilie Simon, débranchée, sans électronique, mais faisant preuve d’autant d’inventivité. Comme Camille, elle aime les choeurs et les rythmes que l’on peut faire avec juste un claquement de doigt et de mains (Follow Me). On pensera aussi penser à  Lonely Drifter Karen, compagne de label, propageant une même fraîcheur dans une musique de traverse. Détail amusant, cette dernière a non seulement , vécu à  Barcelone, mais elle est aussi connue pour être une autre fan de vélo. Tiens, tiens…

Ce fameux vélo n’est peut-être pas qu’un détail anecdotique et il est possible de faire un parallèle entre la petite reine et la musique de Maîa, petite princesse de l’harmonie créant des mélodies avec peu, une musique garantie sans technologie, désuète (le tango de la femme abandonnée, la valse, la jaula dorada), un album qui semble parfois été enregistré en plein air.

La musique de Maîa Vidal est en phase avec son physique : un joli minois, un physique gracile, pas agressif pour deux sous, un air de jeune romantique doux et séduisant. Ne cherchez pas dans ce disque une once de violence, un début de tension et de crise mais plutôt l’expression d’une harmonie de chaque instant qui pourra plaire aux plus grands nombres – ce qui en soit ne pose aucun problème. Sur Love song, une guitare électrique sourde vient légèrement pimenter la joliesse de l’ensemble. Le Tango de la femme abandonnée a quelques accents un peu rudes. Sur Je suis tranquille, Maîa Vidal met un petit coup de folie à  un titre qui ressemblerait sinon à  Pink Martini.

God is My Bike est sans doute un album parfois un peu sage, n’empêche, l’auditeur se retrouve fréquemment retourné par les mélodies de la jeune femme. Comme une évidence. Avec le morceau-titre qui donne son nom à  l’album , on n’est définitivement plus dans le joli, le mignon, mais dans une vraie beauté, un vrai bloc d’émotion qui touche au plus profond, dans la partie insondable de l’individu qui affleure le sacré, dans un mysticisme panthéiste et charnel que l’on peut trouver épisodiquement chez Kate Bush ou dans des traditionnels irlandais. On peut aller très loin avec un vélo, on peut même tâter du divin.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 31 octobre 2011
Label : Crammed Discs

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