Clara Engel – Ashes & Tangerine

clara-engel-ashesJolie découverte que cette Canadienne qui rappellera vocalement Patti Smith et qui, dans une écriture »classique »,  arrive à  être séductrice et troublante à  la fois.

Clara Engel est une artiste confidentielle certes, mais la jeune femme s’est créée une oeuvre bien à  elle, sortant des albums depuis des années et bénéficiant du concours de nombreux musiciens. Ils sont six- plus quatre choristes – pour Ashes and Tangerines et ont enregistré dans les conditions du live en une journée et demi. En ouverture, je citais la figure de Patti Smith et c’est vrai, que par moments, on l’imaginerait reprendre Because the night.,  C’est particulièrement frappant sur Heaven and Hell malgré un tempo ralenti et un arrangement ayant plus à ,  voir avec de la musique de chambre que du rock.,  Ailleurs, dans la nudité, Clara Engel exprime pleinement le pouvoir de sa voix, son lyrisme et sa sensibilité, dans une expression exacerbée entre Marc Almond et une chanteuse,  à  la ferveur gospel (Harvest). Avec son spectre finalement étendue, la chanteuse passe facilement d’un univers à  l’autre, passant du profane au sacré (Decomposition). Mais dans cet exercice de haute voltige qui fait une place prépondérante à  la voix et à  la sensibilité, la Canadienne arrive à  trouver une voie particulièrement intéressante, un petit trou de souris dans lequel elle se faufile, non sans une certaine grâce.

La musique d’Ashes & Tangerine est orchestrale mais cela tient plus de la fanfare, avec cor et clarinette, que de tout autre chose et dans des accords légèrement dissonants, cette instrumentation trouve la bonne distance face à  la voix de Clara Engel : les instruments couvent et font à  peine frémir l’horizon, tout en en changeant définitivement la ligne. De même, les mélodies, avec ses sonorités de guitare Gretsch, évoqueraient facilement les années 60 d’une Nancy Sinatra (King Temperance). Mais dans ce rythme amorphe, troublé par une dissonance latente, ce monde d’évidence se retrouve légèrement mais imperturbablement vicié, comme dans un film de David Lynch (Tangerines). La séductrice devient troublante, voire effrayante (X-Ray). La beauté est là , mais empreinte d’un goût amer (Rivers on the Moon). Sur le bluesy Marrow Bone, sa voix est pervertie par des choeurs difformes – climat tordu garantie. Avec Clara Engel, la vérité se situe toujours derrière les apparences.

Denis Zorgniotti

Date de sortie : 6 décembre 2013
Label : Voxhuman records

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