Vesuvio Solo – Don’t Leave Me In The Dark

Le label Atelier Ciseaux poursuit son travail de défrichage pop en publiant Don’t leave me in the dark, le nouvel album du duo montréalais Vesuvio Solo, qui revisite avec bonheur la funk-pop des eighties, de Prefab Sprout à Duran Duran.

Vesuvio Solo Atelier Ciseaux

Vous souvenez-vous de la vague néo-romantique qui déferla au début des années 80 sur le vieux continent, croisant sans complexe rock et disco-funk pour donner naissance à une pop hybride, aguicheuse et fière de l’être. Autant décriée et raillée par la presse spécialisée (à juste titre quand on se souvient de la soul fadasse des oubliés Wet Wet Wet) qu’adorée par une jeunesse friande de pop mélodique, cette vague donna pourtant naissance à des titres que beaucoup fredonnent encore aujourd’hui et pas seulement par nostalgie; de Girls on Film de Duran Duran à Cars and Girls de Prefab Sprout ou encore Don’t You Want Me de Human League.

Vesuvio SoloParu fin 2014, l’album Favor de Vesuvio Solo en appelait à nos (bons) souvenirs et redonnait vie à ce phénomène éphémère de la pop culture avec des tubes taillés pour le succès comme Don’t ask, don’t tell et Avion, évoquant avec légèreté l’insouciance de cette époque. Sans rompre avec cet esprit-là, Don’t Leave Me In The Dark, leur nouvel album, publié conjointement chez Atelier Ciseaux et Banko Gotiti, a davantage de souffle et fait montre d’une personnalité qui s’affirme. Enregistré au mythique studio Hotel2Tango, endroit cher aux mélomanes montréalais et repaire sonore où le célèbre Funeral d’Arcade Fire fut conçu, Don’t Leave Me In The Dark s’affranchit des conventions et des sentiers balisés, et sonne l’heure de l’indépendance pour le duo Montréalais.

Au menu, neuf titres qui regardent certes dans le rétroviseur mais qui donnent étrangement un coup de fraîcheur à la pop moderne, jouant avec les codes musicaux d’antan (à l’image du saxophone Careless Whisperien que l’on entend sur l’envoûtant Night Drive), pour mieux les transformer et les débarrasser de leurs oripeaux. La pop composée par Thom Gillies (ex-TOPS) et Cameron MacLean est le fruit d’une franche camaraderie (les deux compères se connaissent depuis leur tendre enfance et composent ensemble depuis leur adolescence) et cela s’entend. Don’t Leave Me In The Darkness est un album joyeux, euphorique et euphorisant, qui a définitivement le coeur à la fête, en témoigne Guardian, ballade sautillante qui avance au rythme entraînant des accords d’un piano ou encore Mirror Held To The Flower, chanson légère et caressante, qu’on croirait sortie d’un disque des Bee Gees.

Le groove n’est jamais très loin, à peine esquissé derrière une basse ronde ou quelques arpèges de guitare seventies, le groupe se permettant même de conclure l’album par un instrumental au charme sensuel et sirupeux, intitulé Nimbus, où l’on assiste, médusés, à une parade amoureuse à l’issue certaine, entre un saxophone de plus en plus fiévreux et des synthés caressants. Le résultat est imparable.

Julien Adans

Don’t leave me in the dark
Label: Atelier Ciseaux / Banko Gotiti
Sortie: 27 Septembre 2016

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