[Live Report] Baby Shakes au Supersonic : back to the CBGB in 1976, baby !

Un coup de nostalgie du CBGB de 1976, quand Blondie inventait le Power Pop pendant que les Ramones testaient leur fameuse formule qui allait exploser à la face du monde ? Mardi soir au Supersonic, on vous aura consolé de ne pas y avoir été, ou peut-être d’être trop jeune pour y avoir été… avec les Baby Shakes, un quatuor de punk rock (majoritairement) féminin et new yorkais, qui opère parfaitement dans les règles de l’art…

Quand j’arrive au Super Sonic, The Shazzams, groupe littéralement international vu les nationalités diverses des musiciens, a déjà commencé son set… ce qui est ma foi fort dommage pour moi, car sa musique me semble immédiatement accrocheuse !

Un chanteur – Justin Houser – aux allures de prédicateur de cinéma, un groupe pas tout jeune non plus, et qui joue une sorte de psychobilly – comme on disait à l’époque – sec, nerveux, près de l’os, avec des morceaux qui ont une vraie allure, des morceaux variés et même mélodiques quand il le faut… C’est là du bon rock, intelligent et honnête. Il manque peut-être un zeste d’agressivité ou de folie pour que The Shazzams passe au niveau supérieur, mais voilà en tout cas un très beau début de soirée. Justin nous souhaite bon courage avec la chaleur avant de quitter la scène, mais honnêtement avec la clim du Supersonic et une bière à la main, on est un peu au paradis ici…

21h30 : Allie Wilson, c’est un duo français guitare-batterie qui enchaîne des morceaux frénétiques, très courts, dépassant rarement les 2 minutes, dans un esprit un peu punk hardcore pour le moins sympathique. Le batteur est déchaîné et fait le spectacle à lui tout seul, tandis que le guitariste chante d’une voix fluette qui se pose joliment sur le tapis de notes émises par la guitare saturée… une voix qui manque quand même d’intérêt à la longue (enfin si j’ose dire…). Bon, les morceaux très, très courts, c’est à la fois sympa – pas le temps de se lasser – mais c’est aussi dur du coup de s’immerger dans la musique : on a un vague sentiment de superficialité, on ressent une bonne dose de frustration… mis à part lors du dernier morceau, le plus énervé et le plus consistant à la fois. 25 minutes plaisantes quand on aime – comme nous – le bruit et la vitesse, mais qu’on risque d’oublier très vite…

22h15 : Ce n’est pas être sexiste ni affreusement machiste, j’espère, que de constater que les trois Baby Shakes sont bien jolies dans leurs tenues pur Rock’n’Roll : chemisiers, jupes courtes, bas résilles et chaussures à talon. Frais, et classe. Derrière, le batteur gagne toute ma sympathie en arborant un t-shirt Undertones tout ce qu’il y a de vintage. Ce soir, nous sommes entre gens de bon goût.

Ça démarre fort avec Do What you Want, le genre de chanson dont on est capable de chanter le refrain même si c’est la première fois qu’on l’entend : les deux guitares claquent et cisaillent, la basse swingue élégamment, et le batteur fait un travail de mineur de fond assez démentiel, il faut bien le dire. La voix est malheureusement un peu sous-mixée, ce qui nous prive partiellement du joli timbre acidulé de Mary, la souriante chanteuse. Certes, il n’y a aucune véritable surprise à attendre ce set intense, succession de chansons rapides, illuminées juste comme il faut de chœurs sucrés – soit une référence bien venue aux girls bands des sixties, encore une preuve d’excellent goût ! -, respectant donc à la lettre les canons du genre. La petite foule de spectatrices et spectateurs est conquise, très enthousiaste et « supportive », même si on aurait attendu un peu plus de mouvement, sur scène et dans la salle, pour accompagner une musique aussi gaie et efficace.

Dernière ligne droite impeccable au bout d’une demi-heure, avec un Nowhere Fast mémorable et un Stuck on Blue excellentissime pour conclure 40 minutes d’un set littéralement impeccable. Les filles prennent la pose pour le final à fond la caisse, même si les lumières chiches du Supersonic gâchent un peu l’immortalisation du concert. Un dernier grand sourire de Mary, et c’est fini.

Allez, une belle soirée rafraîchissante au cœur de la canicule parisienne. Nous avons pu rêver que nous étions dans le froid de l’hiver new yorkais, à l’époque où notre musique était encore tellement jeune et pleine d’enthousiasme…

Texte et photos : Eric Debarnot

Les musiciens de Baby Shakes sur scène :
Mary Blount – lead vocals, rhythm guitar
Judy Lindsay – lead guitar, vocals
Claudia Gonzalez – bass, vocals
Ryan McHale – drums

La setlist du concert de Baby Shakes :
Do What You Want (Turn It Up – 2017)
All the Pretty Things (Starry Eyes – 2015)
Baby Blue (Turn It Up – 2017)
Tearin’ Me Apart
Another Place (Turn It Up – 2017)
Cause a Scene
Just Another (The First One – 2008)
Heart of the City (Nick Lowe cover)
Summer Sun (Starry Eyes – 2015)
Angels
Modern Girl Renegade
Nowhere Fast
Turn it Up (Turn It Up – 2017)
Last Night (Turn It Up – 2017)
Stuck on Blue (Single – 2006)

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